Le six-cylindres à plat avorté — le moteur que la DS n'a jamais eu
Un moteur pensé pour une voiture d'avant-garde
Lorsque le projet VGD prend forme, Citroën ambitionne un moteur à la hauteur du reste de la voiture : un six-cylindres à plat, refroidi par eau, conçu par Walter Becchia (déjà auteur du flat-twin de la 2 CV). Selon citroenet.org.uk, ce moteur affiche une cylindrée de 1 806 cm³ pour une puissance de 63,8 ch à 4 500 tr/min — destiné, comme sur la 2 CV, à être monté à l'avant du véhicule. lautomobileancienne.com évoque, de façon complémentaire, l'assemblage de « divers prototypes » de six-cylindres à plat, refroidis alternativement par eau ou par air, entre 1952 et 1953.
De l'eau à l'air, sans gain de puissance
En 1948, dans la foulée des essais concluants menés sur le refroidissement par air du moteur de la 2 CV, le prototype de six-cylindres est à son tour converti au refroidissement par air — sans que sa puissance, jugée insuffisante, n'en soit améliorée.
L'abandon
Le projet est finalement abandonné, pour un faisceau de raisons documenté par les deux sources :
- manque de puissance persistant malgré les évolutions ;
- consommation excessive ;
- poids important, en dépit d'un usage généralisé de l'aluminium dans sa construction ;
- selon lautomobileancienne.com, un problème industriel s'ajoute tardivement : les bureaux d'études réalisent que ce moteur ne peut être produit dans les usines Citroën existantes sans modifier une bonne partie de l'outillage et sans réserver une chaîne de montage spécifique — un investissement jugé disproportionné au regard de la diffusion attendue du modèle.
⚠️ Divergence de datation : citroenet.org.uk situe l'abandon du projet en 1954 ; l'Automobile Ancienne le situe fin 1953. L'écart, d'à peine quelques mois, pourrait s'expliquer par la distinction entre une décision de principe (fin 1953) et son officialisation ou l'arrêt effectif des essais (courant 1954) — non tranché par les sources consultées, voir sources/verification-croisee.md.
La solution de repli : moderniser le moteur de la Traction
Faute de temps pour développer un moteur entièrement nouveau avant l'échéance du lancement, Citroën demande à Becchia de moderniser le quatre-cylindres en ligne de la Traction Avant : nouvelle culasse hémisphérique en alliage léger à soupapes en V, portant la puissance à 75 ch pour le lancement de 1955. Ce compromis mécanique — la seule concession de la DS à la mécanique des années 1930, sous une carrosserie et un châssis résolument tournés vers l'avenir — est resté l'un des paradoxes les plus commentés de la voiture. Voir Le quatre-cylindres de la DS — de 1 911 à 2 347 cm³, vingt ans d'évolution continue pour la suite de cette lignée moteur, qui équipera la DS jusqu'à son dernier jour de production en 1975.
Voir aussi
- Site source
- citroenet.org.uk, lautomobileancienne.com
- Auteur du site
- Julian Marsh (citroenet.org.uk) ; alexrenault (l'Automobile Ancienne)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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