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§ 03 · Carburation

Le circuit d'essence — du réservoir au carburateur

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

⚠️ Sécurité : intervention sur un circuit d'essence hautement inflammable — travailler avec précaution et un extincteur digne de ce nom à portée.

Diagnostic préalable

  1. Observation visuelle de tout le circuit moteur en marche (circuit en charge) : fuites, suintements.
  2. Inspection olfactive : aucune odeur d'essence douteuse tolérée — indicateur précieux (les pétroliers aromatisent les carburants par sécurité).

1. Le réservoir

  • Contenances : 7A : 39 litres réels (les 45 L de la notice d'origine et de la RTA sont erronés — la graduation de jauge d'époque indique 39 L, précision confirmée par des connaisseurs) → jusqu'à 75 litres sur la 15-Six (plein ≈ 75 kg !).
  • Métallique sur tous les modèles.
  • Corrosion perforante = remplacement (attention aux reproductions : conduits d'évents parfois mal faits/mal débouchés).
  • Corrosion interne modérée : traitement anticorrosion ± résine de nappage interne + peinture externe. Beaucoup de Tractions roulent ainsi avec un filtre supplémentaire dans le circuit.
  • Inspection par la goulotte, le puits de jauge, l'orifice du plongeur ; la trappe de fond de malle est précieuse ; endoscope utile.
  • Astuce de l'aimant : immerger près du plongeur un aimant puissant attaché à un fil de fer fin — les particules de rouille viennent s'y coller.
  • Contrôler : soudures (goulotte, évents, embase de bouchon de vidange), joint du bouchon de remplissage, trou de mise à l'air libre du bouchon, vis/bouchon de vidange, feutre isolant des sangles de fixation (pas de frottement métal/réservoir).

2. Les durites souples

  • > 5 ans ou âge inconnu = changement systématique.
  • Dimension : 7 mm intérieur (et non 8 !) pour bien serrer sur les conduites rigides de 8 mm. Durite toilée = plus rétro ; inscriptions modernes effaçables au diluant sur les lisses.
  • Emplacements selon années :
    • Sortie de plongeur de réservoir (malles bombées post-52 uniquement) : sortie coudée très souvent fendue → pannes sournoises par prise d'air. Refabrications parfois « cuites » en quelques mois.
    • Entre conduite rigide sous l'aile ARG et conduite sous caisse (bout du bas de caisse gauche) : très exposée, surveiller fréquemment.
    • Entre conduite sous caisse et entrée de pompe.
    • Pompe → carburateur (post-52) : ne jamais modifier le trajet qui passe devant le cache-culbuteurs, bridé sur la vis supérieure du corps de pompe à eau → placée dans le flux du ventilateur, elle est refroidie contre le vapor-lock.
  • Colliers : avec de la durite en 7 mm, le serrage suffit souvent sans collier. Sinon éviter les colliers modernes (laids) ; 1–2 tours de ruban adhésif toilé sous le collier protègent le caoutchouc et font une belle finition.
  • ⚠️ Un collier ajouté sur le tube lisse d'entrée du carburateur (Solex 32/33 PBIC) favorise le dessertissage du tube — surveiller, risque d'incendie !
  • Avant-guerre : durites sous gaine tressée métallique type « Titeflex » — refourniture possible pour l'aspect d'époque ; longévité supérieure mais changements réguliers quand même.

3. Les conduites rigides

  • Acier d'origine, 6×8 mm (int./ext.), sous l'arche ARG puis sous caisse (dans le « V » gauche de renfort du plancher ou sur pontets vissés).
  • Souvent « nids à rouille » (surtout celle du V, cachée ; elle ne sort que par l'arrière).
  • Remplacer sans pitié par du cuivre recuit, formé à la main sur le patron des anciennes, peint noir mat/satiné (discrétion).
  • Prévoir une longueur dépassant à l'avant du V pour raccorder la durite vers la pompe.

4. Les filtres (du réservoir au carburateur)

  • a. Filtre du plongeur :
    • Malles plates : simple tamis autour du tube plongeur, solidaire du bouchon de vidange (réf. 587 047).
    • Malles bombées : filtre Zénith à lamelles, très efficace, démontable par la trappe du plancher de malle (dévisser son fond pour nettoyer).
  • b. 15-Six malle plate uniquement : filtre de fond de malle en boîtier métallique à couvercle coulissant — tamis + cuve de décantation (impuretés et eau non mélangée à l'alcool du carburant).
  • c. Filtre de pompe : tamis métallique + cuve de décantation, séparée en amont ou intégrée (chambre interne de la SEV 34). Nettoyage par la cloche en verre.
  • d. Entrée de carburateur : autour de la vis creuse du raccord banjo, ou (Solex PBIC) sous le tube d'alimentation derrière un écrou laiton. + petit filtre en amont de la pompe de reprise.
  • Filtre additionnel recommandé (réservoir un peu oxydé) : filtre universel transparent, caché derrière le jambonneau gauche, AVANT la pompe (protège les clapets — une impureté coincée = panne d'alimentation très difficile à diagnostiquer), monté obliquement (l'angle inférieur sert de décantation).

5. Les joints

  • Joints d'embase de plongeur et de platine de jauge : consommables, comme les durites.
  • Rondelles FIBRE sous les vis de jauge et plongeur des malles bombées (une Traction qui « sent l'essence dans le coffre » = souvent ça).
  • Raccords à joints bicôniques (« olives ») de 8 mm : ne pas s'acharner à resserrer — un resserrage sans effet = les changer. Dépannage : 2 tours de fil à coudre épais imbibé de pâte à joints devant et derrière le bicône.

Images de la source

5 images : schéma du réservoir (réf. 587 047), trajet de la durite pompe→carbu, tableau de bord 7A (jauge graduée 39 L).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
rouler-en-traction-avant.blog4ever.com
Date d'extraction
11 sept. 2026
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