Naissance du projet NS-X : du mulet Honda City coupé en deux au « diagramme de la Voie lactée »
Un mulet d'essai né d'un centre de recherche sur les motorisations centrales
L'histoire commence en janvier 1984 au centre de R&D de Wakō, où une équipe explore de nouvelles architectures de transmission pour s'affranchir du tout-traction avant qui caractérise alors la gamme Honda. Le mois suivant, les ingénieurs construisent un mulet d'essai en plaçant le moteur d'une Honda City de première génération à l'arrière du châssis, en configuration propulsion. Le comportement de cette City dénaturée surprend et enthousiasme littéralement l'équipe : malgré des limites technologiques qui empêchent d'en tirer un avantage décisif à ce stade, l'expérience laisse une empreinte durable. Selon Shigeru Uehara, alors jeune ingénieur du projet et futur responsable du développement (LPL, Large Project Leader) de la NSX puis de la S2000, « c'est le rêve de tout ingénieur de développement de créer une voiture de sport » — un rêve que les responsables des comités d'évaluation internes se mettent eux aussi à partager après cet essai. Un second prototype, bâti sur base de CR-X en 1983, permet d'affiner la réflexion sur les performances dynamiques recherchées, dans un climat interne porté par le retour très médiatisé de Honda en Formule 1 la même année.
Une commande stratégique venue du sommet de l'entreprise
Le projet prend une tournure officielle à l'automne 1985. Selon Uehara, la direction de Honda souhaitait un modèle capable de « faire le pont entre ses voitures de grande série et ses monoplaces de F1 », une vitrine technologique destinée à devenir le nouveau visage de la marque — une demande renforcée par les sollicitations réitérées de l'équipe alors chargée de préparer le lancement de la division de luxe Acura aux États-Unis. Avant même cette décision, Honda avait fait appel dès 1984 au carrossier italien Pininfarina pour dessiner un concept-car baptisé HP-X (Honda Pininfarina eXperimental), présenté au salon de Turin la même année et animé par un V6 central de 2,0 litres dérivé d'un bloc de Formule 2. La direction de Honda fixe alors un objectif sans ambiguïté aux ingénieurs : la future voiture de sport devra rivaliser avec tout ce qui se fait de mieux en Italie et en Allemagne — une formulation reprise presque mot pour mot par plusieurs sources, désignant implicitement Ferrari et Porsche comme étalons de référence.
Le « diagramme de la Voie lactée » : une méthode plutôt qu'un simple cahier des charges
Pour trancher entre les multiples compromis possibles, l'équipe de développement élabore un outil de travail resté célèbre en interne : un diagramme croisant le rapport poids/puissance (performance pure, en ordonnée) et le rapport empattement/poids (agilité et freinage, en abscisse), sur lequel sont reportées les données de toutes les sportives rivales. La nuée de points ainsi obtenue dessine une traînée évoquant la Voie lactée, d'où son nom. L'objectif affiché consiste à positionner la future NSX hors de cette zone conventionnelle, au plus près des performances d'une monoplace de Formule 1, tout en refusant explicitement qu'un surcroît de performance dynamique se paie d'un habitacle exigu ou d'une conduite proche de l'intolérable pour un usage quotidien — un arbitrage explicitement revendiqué comme la valeur ajoutée propre à Honda face à ses rivaux. C'est sur cette base que le nom de code NS-X est retenu, contraction de « New », « Sportscar » et d'un « monde inconnu » symbolisé par le X mathématique.
Voir aussi
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Honda dispose déjà, depuis le milieu des années 1960, d'une première expérience de voiture de sport à moteur central — la lignée S500/S600/S800 documentée dans le dossier honda-s800/ de ce corpus. Vingt ans séparent toutefois les deux projets, la marque étant passée entre-temps par la crise de la Honda 1300 et le succès mondial de la Civic et de l'Accord ; la NSX naît d'une ambition résolument différente, celle d'un porte-étendard technologique frontalement comparé aux GT européennes plutôt que d'un roadster compact.
- Site source
- global.honda
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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