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§ 06 · Compétition dakar

La Pajero Evolution routière (1997-1999) — quand le règlement du Dakar façonne un modèle commercial

Mitsubishi Pajero · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Une voiture de route conçue à l'envers, de la piste vers la route

L'histoire de la Pajero Evolution routière renverse le processus habituel de conception automobile : plutôt que de partir d'un modèle commercial pour en dériver ensuite une version course, Mitsubishi part d'une exigence de compétition — rester éligible à la catégorie de production T2 du Dakar face à un règlement de plus en plus strict (voir T1, T2, T3 — comprendre les catégories réglementaires du Dakar à travers le cas du Pajero) — pour en dériver un modèle vendu au public. Présentée en octobre 1997 sous le code interne V55W, elle reprend la base de la deuxième génération du Pajero (voir La deuxième génération (1991-1999) — l'apogée mondiale du Pajero) tout en intégrant des solutions techniques mises au point sur les voitures de course de la fin des années 1990 : moteur V6 3,5 litres MIVEC de 275 chevaux et suspension arrière multi-bras totalement indépendante, deux caractéristiques absentes du reste de la gamme Pajero de série à cette date (voir Le V6 MIVEC de la Pajero Evolution — 275 chevaux au service de l'homologation Dakar pour le détail technique complet du moteur, et Une suspension arrière indépendante née en compétition, dix ans avant ses rivaux pour celui de la suspension).

Une diffusion volontairement confidentielle

Environ 2 693 exemplaires de cette version routière sont produits entre 1997 et 1999 — un volume calculé pour satisfaire aux exigences réglementaires minimales d'homologation plutôt que pour répondre à une demande commerciale de masse. Cette confidentialité assumée, associée à une silhouette immédiatement reconnaissable (ailes très élargies, ailerons arrière doubles, prise d'air de capot, sous-protections apparentes), en a fait plusieurs décennies plus tard un objet de collection recherché par les passionnés de tout-terrain sportif, dans une dynamique de cote comparable à celle que ce corpus documente pour d'autres « spéciales » d'homologation sportive de la même période (voir La cote de la Pajero Evolution — un potentiel de collection freiné par l'image de la marque).

Une voiture de compétition avant d'être une voiture de route

Il importe de ne pas confondre la Pajero Evolution routière elle-même, très largement diffusée à seulement 2 693 exemplaires, avec l'ensemble beaucoup plus vaste des Pajero de compétition ayant couru au Dakar sous ce même nom entre 1997 et 2007 : le tableau des victoires générales de cette période (voir la fiche de référence du dossier mitsubishi-lancer-evo) recense des voitures de course développées en parallèle, dont certaines s'éloignent progressivement de la base routière homologuée à mesure que la réglementation du Dakar évolue elle-même vers davantage de liberté technique après 2002 (voir T1, T2, T3 — comprendre les catégories réglementaires du Dakar à travers le cas du Pajero). La version routière de 1997-1999 marque ainsi un point de bascule précis dans cette histoire technique, plutôt qu'un aboutissement figé dans le temps.

Une continuité technique directe vers la troisième génération de série

L'apport le plus durable de la Pajero Evolution ne se mesure pas à son volume de production, mais à son influence directe sur le reste de la gamme : sa suspension arrière multi-bras indépendante, développée spécifiquement pour elle, devient dès 1999 la base de la suspension généralisée à l'ensemble de la troisième génération du Pajero de série (voir La troisième génération (1999-2006) — la rupture technique du monocoque RISE) — un transfert technologique de la compétition vers la gamme grand public réalisé en l'espace de deux ans à peine, une vitesse d'exécution rare dans l'industrie automobile de cette période.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
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