Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

CX Prestige et CX Limousine — les versions à empattement long

Citroën CX · 1974–1991 · 3 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Naissance de la Prestige : une commande présidentielle à l'origine

Fin 1976, à la suite d'une commande spéciale de la Présidence de la République française, la toute première CX Prestige est livrée. Il s'agit d'une berline rallongée construite sur le châssis du break CX (empattement supérieur de 25 cm à celui de la berline), modifiée par le carrossier Heuliez. Les tout premiers exemplaires, réalisés de façon quasi artisanale, se reconnaissent à leur toit recouvert de vinyle — un habillage qui permettait surtout de dissimuler les traces de la modification de carrosserie avec le minimum de finition à reprendre. Le succès commercial est tel que la fabrication passe rapidement à une échelle quasi industrielle, avec un outillage d'emboutissage spécifique.

La Prestige est animée à son lancement par le quatre cylindres 2 347 cm³ à carburateur hérité de la DS 23 (115 ch, 13 CV, 181 km/h), boîte 4 vitesses uniquement. En 1978, elle reçoit le moteur de la GTI (2,4 L à injection) et un pavillon surélevé, généralisé à toute la gamme Prestige à partir du millésime 1978 : quelques exemplaires à toit rehaussé avaient en effet été produits spécialement pour les besoins de l'Élysée, la grande taille du président Valéry Giscard d'Estaing s'accommodant mal de la ligne basse du modèle de série. La condamnation centralisée des portes suit l'année suivante.

La Limousine : la Prestige des taxis

Au-delà de la seule clientèle huppée visée par la Prestige, Citroën estime que l'espace intérieur offert par la carrosserie rallongée pourrait séduire un tout autre marché : celui des taxis. Dévoilée courant 1979, la CX Limousine reprend la caisse de la Prestige mais troque son habillage luxueux contre une présentation simplifiée proche de la finition Athena, et surtout récupère un moteur Diesel — le 2 500 cm³ tout juste dévoilé quelques mois plus tôt (75 ch, capable de mener la berline à 158 km/h, un peu moins pour la Limousine plus lourde). ⚠️ Il ne faut pas confondre cette « Limousine » de 1979, carrosserie à empattement long à trois vitres latérales, avec l'usage du même mot « limousine » lors de la présentation de la CX en 1974, qui désignait alors simplement la berline standard dans la terminologie commerciale Citroën.

Produit de niche sans véritable concurrence directe sur son segment (la Peugeot 604 Limousine, également carrossée par Heuliez, ne connaîtra pas le même destin commercial), la CX Limousine trouve son public et reste reconduite année après année : motorisation Turbo Diesel 120 ch disponible à partir de 1983 (190 km/h), adoption des pare-chocs plastique de la Série 2 en 1985, puis en 1988 une finition rehaussée proche de la Prestige (sièges capitonnés, baguettes extérieures, toit vinyle en option — la climatisation restant, elle, en option). La production s'arrête en 1989 avec le reste des berlines CX, cédant la place à la XM ; contrairement au break, la Limousine ne survit pas jusqu'en 1991.

Voitures officielles et présidentielles

La Prestige, et plus particulièrement ses versions Turbo à partir de 1985-1986, deviennent la voiture de fonction de nombreux dirigeants d'entreprise et responsables gouvernementaux français, appréciée pour son confort de grand routière et son habitabilité arrière exceptionnelle. Jacques Chirac en est un utilisateur emblématique de longue date (voir le détail de son usage personnel et institutionnel du modèle dans Voiture d'État — la CX de Giscard, Chirac, Honecker et du GIGN).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
lautomobileancienne.com (+ recoupements fr.wikipedia.org, citroenet.org.uk, generationcx.chez.com)
Auteur du site
alexrenault (lautomobileancienne.com)
Date d'extraction
11 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci