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§ 01 · Histoire et modèles

La genèse de la Renault Safrane — projet X54, de Nagashima à Le Quément

Renault Safrane · 1992–2000 · 3 min de lecture · extraite le 16 sept. 2026

Un projet lancé dès le milieu des années 1980

La future remplaçante de la Renault 25 est mise en chantier sous le nom de code X54 avant même que la carrière de sa devancière ne soit bien entamée. Les sources divergent sur l'année exacte de lancement du projet : 1983 selon L'Argus, 1984 selon lov4wheels.com, 1985 selon Le Blog Auto — un flou documenté sans arbitrage dans sources/verification-croisee.md, mais qui s'accorde sur un point commun : la réflexion sur l'après-25 démarre dès les tout premiers temps de la commercialisation de celle-ci, tant l'ambition de bousculer la hiérarchie du haut de gamme européen est présente dès l'origine chez Renault.

Le brief : rivaliser avec les Allemandes

L'objectif assigné au projet X54 est net : faire évoluer le vaisseau amiral du losange vers le haut, pour venir concurrencer directement les références allemandes du segment — BMW Série 5, Mercedes-Benz W124 et, plus tard, Audi 100/A6. La qualité de fabrication est érigée en priorité absolue, Renault ayant lourdement pâti durant les années 1980 d'une réputation de rigueur industrielle insuffisante, notamment sur la Supercinq, la 9 et la 11.

Un premier style signé Nagashima, retouché par Le Quément

Le premier modèle de style date de 1984, dû au designer maison Gérard Asensio, qui explore les pistes possibles pour succéder à la R25. C'est cependant une proposition du designer japonais Joji Nagashima — transfuge d'Opel où il avait notamment signé la Calibra, et qui rejoindra ensuite BMW pour y dessiner la Série 5 E39 et le Z3 — qui est retenue par la direction en 1986, après avoir été jugée particulièrement aboutie.

Patrick Le Quément, qui prend la tête du style Renault en 1987, hérite d'un dessin que plusieurs sources qualifient de « déjà achevé à 95 % » à son arrivée. Adepte du bio-design, il retouche principalement l'avant et l'arrière de la proposition de Nagashima sans en bouleverser l'architecture générale — une différence notable avec son travail ultérieur sur la Twingo ou la Vel Satis, où sa patte sera bien plus affirmée. La version définitive du style est figée en juin 1988, soit près de quatre ans avant la présentation du modèle.

Une gestation longue, à rebours des pratiques PSA

Contrairement à PSA, dont plusieurs lancements de l'époque sont jugés précipités, Renault prend le temps de développer et d'éprouver longuement le modèle avant sa présentation. Cette gestation étendue — près d'une décennie entre les premières esquisses et la commercialisation — traduit la volonté du constructeur de ne pas reproduire les déboires de fiabilité qui avaient entaché le lancement de la Renault 25 (voir La crise de fiabilité électronique de la Renault 25 et la prudence technologique de la Renault 21).

Un nom qui n'est pas inédit chez Renault

Le nom Safrane, retenu pour le modèle présenté en 1992, n'est pas une création ex nihilo : il avait déjà été utilisé par Renault en 1978 sur une série spéciale de la Renault 14 réservée à plusieurs marchés européens hors de France — un précédent méconnu détaillé dans L'origine du nom Safrane — de l'épice la plus chère du monde à une série spéciale méconnue de la Renault 14.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
leblogauto.com, lov4wheels.com, largus.fr, driventowrite.com
Date d'extraction
16 sept. 2026
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