La Scirocco II face à la presse d'époque — un style qui divise, une voiture qui convainc
Un vrai test d'époque, pas seulement un jugement rétrospectif
Plutôt que de s'appuyer uniquement sur des articles rétrospectifs rédigés des décennies plus tard, cette fiche s'appuie d'abord sur un essai publié en mai 1982 par la revue britannique Motor Sport — soit un an à peine après le lancement européen de la Scirocco II — consacré à la version GTI (1,6 litre, 110 ch). Le testeur, signant sous les initiales P.H.J.W., compare directement la nouvelle génération à la Scirocco I « Storm » (version GLi haut de gamme) qu'il avait lui-même essayée deux ans plus tôt, en 1980.
Le jugement d'époque sur le style : un aveu de recul, pas un rejet
Le testeur de Motor Sport résume en une phrase le changement esthétique opéré : « l'élégance plaisante de la Scirocco d'origine a cédé la place à une silhouette plus massive dans un souci d'efficacité aérodynamique ». Il cible en particulier l'aileron installé au milieu de la lunette arrière, qu'il juge malvenu, car il coupe la vitre arrière en deux parties et gêne la visibilité vers l'arrière. Cette réserve d'époque rejoint presque mot pour mot un jugement porté a posteriori par plusieurs sources francophones : un blog automobile spécialisé évoque une ligne « rentrée dans le rang », regrettant le « manque de personnalité » de la nouvelle génération et la « fadeur » de sa calandre et de son panneau arrière, quand la première génération incarnait selon la même source un style sportif « à la fois masculin et féminin » salué unanimement à sa sortie. Wikipédia en français confirme cette réception mitigée avec une formule proche : la nouvelle ligne, plus ronde et « en vogue à ce moment », « ne fit pas l'unanimité, manquant de personnalité ».
Mais une voiture jugée meilleure à conduire et à vivre au quotidien
Le même essai de 1982 ne s'arrête pas à la carrosserie : sur la route, le testeur qualifie la Scirocco II GTI de « voiture très réussie », saluant un moteur « qui adore être poussé dans les tours », une direction à crémaillère directe et communicative, une tenue de route et un comportement « aussi bons que le moteur », ainsi qu'une consommation raisonnable (plus de 31 mpg de moyenne). Il relève par ailleurs des progrès tangibles côté habitabilité par rapport à la devancière : le coffre gagne nettement en capacité, même si les places arrière restent étroites en longueur de jambes malgré un gain de garde au toit — au point qu'un passager de grande taille assis à l'avant contraint le passager arrière à s'installer en biais sur la banquette, selon l'anecdote personnellement vécue par l'équipe de test. Les sièges avant, plus fermes, sont en revanche jugés mieux adaptés à la conduite sportive.
Deux réserves pratiques identifiées dès 1982
Le testeur relève deux défauts concrets qui n'ont rien à voir avec l'esthétique : l'essuie-glace monobalai, hérité de la première génération, laisse une pellicule d'eau remonter sur la zone déjà essuyée juste après son passage — un désagrément particulièrement sensible sur autoroute par temps de pluie continue ; et la contenance du réservoir, inférieure à 41 litres, limite l'autonomie réelle à environ 400 km en conduite normale et nettement moins en conduite sportive.
Une critique à remettre dans son contexte : un phénomène plus large de l'époque
Plusieurs observateurs, y compris parmi les propriétaires ayant vécu le changement de génération, replacent la réception mitigée du style de la Scirocco II dans une tendance beaucoup plus générale de la période : de nombreux coupés sportifs des années 1970 ont vu leur silhouette s'alourdir et s'arrondir à l'occasion de leur renouvellement, pour des raisons réglementaires, aérodynamiques ou d'habitabilité — un phénomène comparable relevé par des commentateurs américains sur des modèles aussi divers que la Datsun 240Z devenue 280Z ou la Ford Mustang. La Scirocco II ne serait donc, de ce point de vue, qu'un cas particulier d'une évolution stylistique largement partagée par l'industrie automobile de cette période plutôt qu'un échec de style isolé.
Une réussite commerciale malgré tout, nuancée par les archives constructeur
Malgré ce style plus consensuel dans ses intentions (aérodynamique, habitabilité) mais controversé dans sa réception, les archives Volkswagen Classic elles-mêmes reconnaissent que les ventes de la première année de commercialisation de la Scirocco II se sont révélées surprenamment inférieures à celles de la devancière — un aveu rare de la part d'une communication de marque, qui a conduit dès l'automne 1982 au lancement d'une version d'appel plus abordable, la GTS, pour redynamiser la demande (voir Évolution année par année de la Scirocco II (1982-1992)).
Voir aussi
- Site source
- motorsportmagazine.com
- Date d'extraction
- 13 sept. 2026
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