Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

1963 — la 300J, première année sous Elwood Engel et plus bas volume de toute la lignée

Chrysler 300 (letter series) · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un style entièrement nouveau, sans Virgil Exner

La 300J inaugure une carrosserie entièrement redessinée sur une architecture (« Chrysler C platform ») aux lignes plus formelles et anguleuses, dessinée par Cliff Voss sous la direction du nouveau responsable du style de Chrysler, Elwood Engel, qui a remplacé Virgil Exner à l'automne 1961 — voir Elwood Engel — biographie du successeur d'Exner, du Lincoln Continental 1961 aux 300J/K/L. C'est, selon les mots de l'ingénieur Burton Bouwkamp qui participa à son développement, un « NAP » (new car above platform, une carrosserie entièrement nouvelle sur une plateforme techniquement reconduite) plutôt qu'un simple restylage de tôlerie. Bouwkamp regrettera plus tard publiquement de ne pas avoir obtenu, faute de budget, l'élargissement des voies arrière qui aurait selon lui fait de cette génération « une devancière automobile de tous les temps » — de même que le remplacement d'une calandre en aluminium embouti par une calandre moulée plus qualitative, jugée hors de portée budgétaire. Les larges piliers C, les baguettes chromées réduites au minimum et un volant de forme carrée inédite (partagé avec le reste de la gamme Chrysler de l'année) caractérisent cette 300J.

Pourquoi la lettre « I » a été sautée

C'est avec ce neuvième millésime de la lignée que se pose concrètement, pour la première fois, la question de la lettre à utiliser : après le « H » de 1962 vient normalement le « I » — mais Chrysler saute directement à la lettre suivante et nomme la voiture 300J. La raison couramment avancée, reprise aussi bien par Wikipédia EN que par le Chrysler 300 Club International et par Allpar, est le risque de confusion visuelle entre la lettre majuscule « I » et le chiffre « 1 » sur les badges, publicités et documents commerciaux. Aucune des sources consultées ne cite cependant de mémo ou de document interne Chrysler établissant explicitement cette motivation au moment des faits : il s'agit d'une explication devenue consensuelle chez les historiens et les clubs de la marque, jamais démentie, mais présentée par le Chrysler 300 Club International lui-même avec une prudence de formulation (« probablement », « perhaps ») qui trahit l'absence de source primaire directe. Le sujet fait l'objet d'un traitement dédié dans Pourquoi « 300 » puis une lettre par an — et pourquoi le « I » a disparu.

Le retour du moteur le plus puissant en série, la disparition du cabriolet

Fait notable, la 300J réétablit pour la première fois depuis plusieurs années la pratique consistant à proposer en série, sans supplément, le moteur le plus performant du catalogue : un V8 413 ci « Cross-Ram » à carburation double quadruple-corps, arbre à cames et poussoirs mécaniques, taux de compression abaissé à 9,6:1, développant 390 ch — la puissance la plus élevée jamais offerte de série sur un modèle à lettre. Motor Trend chronomètre un quart de mile en 15,8 secondes à 89 mph. En contrepartie de ce retour à la performance pure, le cabriolet disparaît totalement du catalogue pour cette seule année — la 300J n'existe qu'en coupé deux portes — et migre vers la seule Sport Series sans lettre, où une version décapotable est même choisie comme voiture officielle des 500 Miles d'Indianapolis 1963, rhabillée en édition commerciale « 300 Pacesetter ». La même année, Chrysler introduit une garantie de 5 ans/50 000 miles, une première dans l'industrie américaine, bien qu'elle ne soit pas spécifique à la 300.

Le creux de vague absolu de la lignée

Les ventes s'effondrent à un niveau jamais atteint ni avant ni après : 400 exemplaires seulement, un chiffre sur lequel les trois sources consultées (Wikipédia EN, Allpar, Chrysler 300 Club International) convergent exactement, ce qui en fait l'un des faits les mieux établis de toute la chronologie de la lignée. Le tarif de 5 184 $, pourtant en retrait sensible par rapport aux 300H et 300G, ne suffit pas à enrayer la chute. Ce plancher commercial pousse Chrysler à revoir sa stratégie tarifaire dès l'année suivante, avec des conséquences contrastées sur le volume de ventes — voir 1964 — la 300K, record absolu de ventes obtenu au prix du prestige.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci