Fangio, la 250F et le Nürburgring 1957 : le dernier grand exploit de Maserati en F1
Un pilote argentin de retour au Trident
Après être passé par Alfa Romeo (titre 1951), Mercedes (1954-1955) et Ferrari (1956), Juan Manuel Fangio revient chez Maserati pour la saison 1957, au volant de la 250F, monoplace à moteur six-cylindres en ligne de 2,5 litres conçue pour la réglementation de Formule 1 entrée en vigueur en 1954. La saison s'annonce d'autant plus symbolique que l'Argentin avait déjà contribué, en 1954, à un premier titre partiellement crédité à la marque bolonaise (il avait débuté cette saison-là chez Maserati avant de rejoindre Mercedes en cours d'année).
Le Grand Prix d'Allemagne, « le jour de tous les jours »
Le 4 août 1957, sur le circuit du Nürburgring, Fangio livre ce qui est unanimement présenté, par lui-même comme par l'histoire de la discipline, comme la plus grande course de sa carrière. Parti avec une stratégie osée — pneus plus tendres que ceux de ses adversaires et seulement un demi-plein de carburant pour alléger la voiture —, il prend un large avantage avant qu'un arrêt au stand catastrophique (un mécanicien fait tomber puis doit rechercher un écrou de roue) ne le relègue à la troisième place, 48 secondes derrière le second, Peter Collins. Fangio reprend alors son retard en seulement dix tours, battant le record du tour à neuf reprises consécutives (dont sept dans la foulée) et signant un chrono qui ne sera plus battu sur ce tracé pendant 46 ans, avant de doubler ses deux rivaux Ferrari et de s'imposer.
Un cinquième titre mondial, un record qui tient près d'un demi-siècle
Cette victoire offre à Fangio les points nécessaires pour décrocher son cinquième titre de champion du monde de Formule 1 — un record qui restera invaincu pendant 46 ans, jusqu'à ce que Michael Schumacher l'égale en 2003 — et à Maserati un second sacre lié à son nom. Ce sera également la dernière grande victoire de Fangio en catégorie reine : il prendra sa retraite sportive dès l'année suivante, après seulement quelques courses.
Un chant du cygne avant le retrait des circuits
Ironie du calendrier, ce triomphe survient à peine quelques mois avant que Maserati n'annonce son retrait de la compétition automobile officielle en tant qu'écurie usine, pour des raisons largement financières (voir Le retrait des circuits (1957-1958) : crise argentine et tragédie de la Mille Miglia, deux causes documentées). La 250F de Fangio referme ainsi, en apothéose, le premier grand chapitre sportif de la maison du Trident — un chapitre qui rouvrira seulement en 2004 avec le programme MC12 en FIA GT, selon motorwebmuseum.it.
Voir aussi
- Site source
- motorwebmuseum.it ; goodwood.com ; en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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