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§ 01 · Histoire et modèles

Le virage vers la GT routière : de l'A6 au 3500 GT et au 5000 GT (1947-1964)

Maserati Ghibli · 1967–1973 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une production artisanale qui ne dépasse pas la douzaine par an

Les premières tentatives de Maserati sur le marché de la voiture de route datent de l'immédiat après-guerre, avec la lignée A6 — A6 1500 (1947), A6G 2000 (1951) puis A6G/54 (1954) — dont le six-cylindres deux litres dérive directement de l'expérience acquise en compétition (A6GCM). Ces GT de faible diffusion, produites à raison d'une douzaine d'exemplaires par an à peine, prouvent que le marché existe, mais Maserati reste avant tout un constructeur de monoplaces et de sport-prototypes (200S, 300S, 350S, 450S, puis la Birdcage Tipo 61 en 1961).

Le 3500 GT, premier vrai coup de force commercial (1957)

Le tournant décisif intervient avec le 3500 GT (Tipo 101), confié à l'ingénieur en chef Giulio Alfieri (voir Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975)), qui reprend et adapte à la route le six-cylindres double arbre du sport-prototype 350S. Faute de fournisseurs italiens capables d'équiper une petite série dans des délais et à des coûts raisonnables — la fiscalité et la structure industrielle italiennes poussaient plutôt chaque constructeur à tout concevoir en interne —, Alfieri multiplie les déplacements au Royaume-Uni et fait le choix, inhabituel pour une GT transalpine, de composants britanniques : pont arrière Salisbury, freins Girling, éléments de suspension Alford & Alder. La carrosserie, elle, revient à la Carrozzeria Touring de Milan (structure superleggera), mise en relation avec Maserati par l'intermédiaire d'un concessionnaire Ferrari, Franco Cornacchia ; le premier prototype, blanc, est surnommé « Dama Bianca ». Deux exemplaires sont présentés au Salon de Genève de mars 1957, la production démarrant dès la fin de cette même année (18 voitures sorties avant Noël 1957).

Un succès qui sauve la maison après l'arrêt de la course usine

Le succès commercial est immédiat et durable : 2 226 3500 GT (coupés Touring et cabriolets Vignale/Michelotti confondus) sont produits entre 1957 et 1964, avec un pic à 500 exemplaires en 1961. Cette réussite intervient au moment précis où Maserati se retire de la compétition officielle (voir Le retrait des circuits (1957-1958) : crise argentine et tragédie de la Mille Miglia, deux causes documentées) : le 3500 GT devient alors le pilier qui permet à l'entreprise de survivre à cette rupture stratégique, la production passant d'une douzaine de voitures par an à plusieurs centaines. En 1960-61, le 3500 GTi innove même en devenant la première voiture de série italienne équipée d'une injection mécanique (Lucas), développant 235 ch.

Le 5000 GT, caprice princier et première GT à moteur V8

En 1959, le Shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi commande directement à Giulio Alfieri l'installation du gros V8 5 litres du sport-prototype 450S dans un châssis de 3500 GT, habillé par la Carrozzeria Touring : naît ainsi le 5000 GT, premier moteur V8 purement routier jamais conçu par Maserati — la lignée qui aboutira, huit ans plus tard, au V8 du Ghibli (voir La lignée du V8 Maserati : du sport-prototype 450S aux dernières Quattroporte (1957-1990)). Seuls 34 exemplaires sont construits, ce qui n'empêche pas le modèle de compter parmi les voitures les plus chères et les plus rapides de son temps ; ses propriétaires illustrent le prestige acquis par la marque à cette période : le prince Karim Aga Khan, Gianni Agnelli (patron de Fiat), l'industriel Ferdinando Innocenti, l'acteur Stewart Granger et le président mexicain Adolfo López Mateos.

La suite de la gamme GT avant la Quattroporte et le Ghibli

Le 3500 GT sert également de base au Sebring (1962, carrosserie Vignale sur empattement court) puis au Mistral (coupé 1963, spider 1964), tous deux dessinés par Pietro Frua et toujours propulsés par le six-cylindres — Frua qui signera l'année suivante la carrosserie de la toute première Quattroporte (voir La première Quattroporte (1963) : le pari d'une berline quatre portes à hautes performances), avant que le Ghibli ne vienne, en 1967, couronner cette décennie de transformation de Maserati en authentique constructeur de grand tourisme (voir Genèse et lancement du Ghibli (1966-1967) : un vent du désert signé Giugiaro).

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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