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§ 01 · Histoire et modèles

Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975)

Maserati Ghibli · 1967–1973 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Des turbines à vapeur à l'automobile

Né à Parme le 10 juillet 1924 et diplômé du Politecnico di Milano, Giulio Alfieri ne débute pas sa carrière dans l'automobile : il travaille d'abord sur des turbines à vapeur pour la marine marchande, au sein des Cantieri Navali del Tirreno de Gênes, avant de rejoindre le constructeur Innocenti en 1949. C'est en septembre 1953 qu'Adolfo Orsi (voir Adolfo Orsi rachète Maserati et installe la marque à Modène (1937-1940)) l'embauche au sein du bureau d'études de Maserati, aux côtés de Gioacchino Colombo et Vittorio Bellentani — le début d'une collaboration de vingt-deux ans qui fera de lui la mémoire technique de la marque.

L'auteur des tournants décisifs de l'histoire du Trident

La carrière d'Alfieri chez Maserati couvre pratiquement tous les grands jalons techniques traités dans ce corpus : les moteurs 6 et 8 cylindres de l'A6 (1955) et de la 250F (1957) qui portent Fangio au titre mondial (voir Fangio, la 250F et le Nürburgring 1957 : le dernier grand exploit de Maserati en F1) ; la conception du 3500 GT (1957) et de la Birdcage Tipo 61 (1961), tous deux à structure superleggera, qui comptent parmi ses réalisations les plus célèbres (voir Le virage vers la GT routière : de l'A6 au 3500 GT et au 5000 GT (1947-1964)) ; puis, après le rachat par Citroën (voir 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De Tomaso), le développement du V6 destiné à la Citroën SM à partir de moteurs V8 de compétition — dont un prototype V8 « SM » de 4 litres et 260 ch, testé sur 12 000 km, dont le moteur a été conservé après la destruction du reste de la voiture sur ordre d'Alejandro De Tomaso, et dont une réplique a depuis été reconstituée par le SM Club de France pour le Rétromobile 2010. Il travaille également sur un prototype de V12 pour l'éphémère Cooper-Maserati de Formule 1 (1966) et dessine le châssis de la Momo Mirage.

L'homme qui a bloqué De Tomaso... avant de tomber sous sa hache

Un épisode méconnu, documenté par Wikipédia, mérite d'être souligné : dès 1968, Alejandro De Tomaso avait déjà tenté de racheter Maserati à la famille Orsi — sept ans avant d'y parvenir réellement. Cette première tentative échoue, selon la même source, « principalement en raison de la résistance de Giulio Alfieri » lui-même. L'ironie de l'histoire veut que ce soit précisément ce même De Tomaso qui, une fois enfin propriétaire de Maserati en août 1975 (voir Mai-août 1975 : de la liquidation annoncée par Citroën au sauvetage De Tomaso-GEPI), congédie Alfieri dès le jour de la prise de contrôle effective de l'entreprise — mettant fin à vingt-deux ans de service. Il est remplacé par Aurelio Bertocchi, fils du légendaire mécanicien-essayeur maison Guerrino Bertocchi (voir Le Ghibli vu par la presse d'époque : de 150 mph sur autoroute au verdict mitigé de Road & Track).

Une seconde carrière chez le rival de toujours

Après son départ de Modène, Alfieri rejoint... Lamborghini, où il travaille de 1975 à 1987 aux côtés d'Ubaldo Sgarzi sur les moteurs V8 et V12 de la marque au taureau. Il meurt à Modène en 2002, à 77 ans.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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