Mai-août 1975 : de la liquidation annoncée par Citroën au sauvetage De Tomaso-GEPI
Note de corpus : la biographie d'Alejandro De Tomaso et le devenir de Maserati sous sa présidence sont déjà traités en détail dans Le rachat de Maserati par Alejandro De Tomaso (1975) (dossier de-tomaso-pantera/). Cette fiche apporte la chronologie précise vue du côté de Maserati elle-même, à partir de la page Wikipédia générale consacrée à la marque, plus détaillée sur ce point que celle consacrée à De Tomaso.
Le choc pétrolier fait vaciller toute l'industrie du grand tourisme italien
Le premier choc pétrolier de 1973 stoppe net l'expansion ambitieuse de Maserati sous propriété Citroën (voir 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De Tomaso) : la demande de voitures de sport et de grand tourisme gourmandes en carburant s'effondre, tandis que des mesures d'austérité contractent le marché intérieur italien de 60 à 70 %. Tous les grands constructeurs de GT italiens sont touchés, mais Maserati encaisse le coup le plus rude : son marché domestique représente alors plus de la moitié de ses ventes totales, contre 20 % seulement pour Ferrari. Seul le Merak, moins gourmand, continue de se vendre en nombre appréciable durant cette période.
1974 : la faillite de Citroën elle-même aggrave tout
En 1974, alors que la récession de 1973-1975 atteint son paroxysme, Citroën fait à son tour faillite et entame son absorption au sein de PSA Peugeot-Citroën. Les ventes domestiques de Maserati chutent de 360 unités en 1973 à seulement 150 en 1974, les pertes dépassant le capital social de l'entreprise.
22 mai 1975 : l'annonce brutale de la liquidation
Le 22 mai 1975, un communiqué de la direction de Citroën annonce sans préavis la mise en liquidation de Maserati. Les ouvriers piquettent immédiatement l'usine de Modène, sans toutefois interrompre la production. Syndicats, maire de Modène et responsables politiques locaux se mobilisent pour sauver les 800 emplois en jeu ; le ministre italien de l'Industrie, Carlo Donat-Cattin, se rend lui-même à Paris pour rencontrer le président de Citroën, François Rollier. Un accord de principe est trouvé en juin, l'État italien garantissant six mois de chômage technique le temps de trouver une solution — c'est au cours de l'une de ces réunions que le nom d'Alejandro De Tomaso est évoqué pour la première fois comme repreneur potentiel.
8 août 1975 : la signature au ministère de l'Industrie à Rome
L'accord définitif est signé le 8 août 1975 : la propriété de Maserati passe de Citroën à une coentreprise associant le holding public italien GEPI (Gestioni e Partecipazioni Industriali) et Alejandro De Tomaso, qui devient président et directeur général. Selon Wikipédia, la part du GEPI atteint 88,75 % en décembre 1979, le solde de 11,25 % restant contrôlé par De Tomaso via un holding regroupant ses intérêts dans Maserati et Innocenti — une répartition sensiblement différente des « 30 % De Tomaso / 70 % GEPI » avancés par la biographie de référence du côté De Tomaso (voir Le rachat de Maserati par Alejandro De Tomaso (1975) dans de-tomaso-pantera/), les deux chiffres pouvant toutefois se rapporter à des moments distincts de la montée au capital plutôt qu'à une contradiction pure.
Le limogeage d'Alfieri, symbole du changement d'ère
Dès le jour de la prise de contrôle effective, De Tomaso congédie l'ingénieur en chef historique Giulio Alfieri (voir Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975)), en poste depuis vingt-deux ans — celui-là même qui avait fait échouer sa première tentative de rachat en 1968 (voir 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De Tomaso). Alfieri est remplacé par Aurelio Bertocchi, fils du mécanicien-essayeur historique de la marque, Guerrino Bertocchi.
Voir aussi
- Le rachat de Maserati par Alejandro De Tomaso (1975) (dossier
de-tomaso-pantera/) · Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975) · 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De Tomaso · 1973 : le Ghibli s'efface devant le Khamsin, premier Maserati signé Bertone
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Maserati ↗
- Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975)Maserati Ghibli · Histoire et modèles
- Le rachat de Maserati par Alejandro De Tomaso (1975)De Tomaso Pantera · Histoire et modèles
- 1973 : le Ghibli s'efface devant le Khamsin, premier Maserati signé BertoneMaserati Ghibli · Histoire et modèles
- 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De TomasoMaserati Ghibli · Histoire et modèles
- 1973 : le Ghibli s'efface devant le Khamsin, premier Maserati signé BertoneMaserati Ghibli
- 1975-1983 : la Bora s'arrête, la Merak continue sous De TomasoMaserati Bora et Merak
- Le Ghibli vu par la presse d'époque : de 150 mph sur autoroute au verdict mitigé de Road & TrackMaserati Ghibli
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- Sous pavillon Citroën (1968-1975) : la fabrique à modèles inédits qui a produit la Bora et la MerakMaserati Bora et Merak
- Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef qui a façonné Maserati pendant vingt-deux ans (1953-1975)Maserati Ghibli
- 1968 : Citroën prend le contrôle de Maserati — et devance de sept ans De TomasoMaserati Ghibli