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§ 01 · Histoire et modèles

La Subaru 1000 (1966) — comment le moteur boxer est devenu la signature de la marque

Subaru Leone · 1971–1994 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Deux prototypes avortés avant la bonne formule (1960-1963)

Le choix du moteur à plat chez Subaru ne doit rien au hasard ni à un coup de cœur stylistique : il découle d'un cahier des charges d'ingénieur, posé plusieurs années avant la commercialisation. Dès 1960, Subaru envisage un projet code A-5 : une berline à quatre places, moteur à plat quatre cylindres refroidi par air de 1500 cm³, traction avant. Faute de moyens financiers suffisants, Fuji Heavy Industries ne peut pas mener ce prototype à la production. Un second projet, A-4, plus modeste (923 cm³), est lancé en 1963 ; il aboutit, sous la référence de production A-63, à la Subaru 1000 telle que commercialisée en 1966 — mais avec un changement technique clé : le refroidissement, initialement prévu à air, devient à eau, pour gagner en compacité et en discrétion de fonctionnement.

Le cahier des charges de Shinroku Momose

L'ingénieur en chef du projet, Shinroku Momose — déjà responsable de la conception de toutes les Subaru précédentes, de la 360 au Sambar — fixe quatre critères précis pour le futur groupe motopropulseur, selon le témoignage de son collègue de l'époque Motomitsu Honda :

  1. le différentiel doit être positionné au centre de la caisse, pour minimiser l'angle de travail des arbres de transmission ;
  2. le moteur doit être bas, pour abaisser le centre de gravité et laisser de la liberté au design de caisse ;
  3. le porte-à-faux avant doit être court ;
  4. les vibrations doivent être réduites au maximum pour améliorer le confort.

Momose lui-même se serait montré peu exigeant sur le type de moteur exact, du moment que ces contraintes dimensionnelles étaient respectées.

Trois architectures étudiées, une seule retenue

L'équipe d'ingénieurs, ayant étudié au passage les réalisations de Porsche, Renault, DKW et Chevrolet (Corvair), envisage trois architectures pour equiper une traction avant : un quatre cylindres en ligne monté transversalement, un V4 à faible angle d'ouverture, et un quatre cylindres à plat (« boxer »). Le moteur transversal est écarté pour une raison très concrète : sur une traction avant, il impose des arbres de transmission de longueurs inégales, ce qui aggrave les problèmes de vibrations au niveau des joints homocinétiques — un défaut que Subaru veut justement éviter. Le moteur à plat, lui, autorise une implantation longitudinale avec des demi-arbres de longueur égale de part et d'autre du différentiel central, réglant le problème à la source. C'est cette solution qui est retenue, donnant naissance à la première génération du moteur EA (voir Le moteur EA — vingt-huit ans d'évolution d'une même famille de boxers (1966-1994)).

Le problème des joints homocinétiques n'est definitivement résolu que grâce à une collaboration avec l'équipementier de roulements Toyo Bearing (aujourd'hui NTN), qui met au point pour l'occasion un « double offset joint » innovant.

Un choix technique aux bénéfices inattendus

Le moteur EA-52 (977 cm³, 55 ch, taux de compression 9,0:1, carter en aluminium malgré un coût matière quatorze fois supérieur à la fonte à l'époque) apporte plusieurs avantages non anticipés au départ : le mouvement opposé des pistons s'annule mutuellement et réduit les vibrations, la faible hauteur du bloc abaisse le centre de gravité, et sa forme large favorise le refroidissement. Surtout, la répartition des masses qui en résulte — 58 % du poids sur l'essieu avant — confère à la Subaru 1000 d'excellentes aptitudes en côte sur sol enneigé, une qualité qui n'était pas l'objectif initial du cahier des charges mais qui deviendra, quelques années plus tard, un argument décisif dans l'histoire de la transmission intégrale Subaru — voir Avant la Leone 4WD — les prototypes 1969-1971 qui ont précédé la production de série.

La Subaru 1000 est présentée le 21 octobre 1965 à l'hôtel Hilton de Tokyo, exposée au 12ᵉ salon de Tokyo le 29 octobre suivant, et commercialisée à partir du 14 mai 1966 (diffusion nationale en octobre 1966). Elle inaugure au passage, pour Subaru, la traction avant et les freins à tambour avant montés en position intérieure (« inboard »), une disposition inhabituelle que la marque conservera jusque dans les années 1970.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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