La Coccinelle en compétition — le palmarès en rallye et l'aventure du team Salzburg
Une philosophie d'usine réticente, des initiatives privées nombreuses
La maison mère Volkswagen n'a jamais activement recherché la compétition automobile pour la Coccinelle. Pourtant, de nombreuses initiatives privées ont mis en scène des Coccinelle « survitaminées » tout au long de sa carrière, avec des résultats significatifs sur la durée : de la classe 1,1 L au Rallye Alger-Le Cap dès 1951 (Mme d'Ieteren) jusqu'au Championnat d'Europe de rallycross de 1975 (Kees Teurlings, sur une 1303S de 3 L à moteur de Porsche Carrera), en passant par des victoires en Rallye Safari (1953-1962), au Tour d'Australie (1955-1958), au Rallye de Suède, au Rallye Arctique (trois victoires finlandaises consécutives 1966-1968) ou encore au Championnat d'Angleterre des rallyes (1960-1961).
Le rallye Monte-Carlo, une carrière en dents de scie
La Coccinelle obtient son meilleur résultat au rallye Monte-Carlo dès sa première apparition, en 1964, avec une victoire de classe 2 (Wallrabenstein et Herborn), tandis que deux équipages finlandais et néerlandais terminent respectivement 10ᵉ et 14ᵉ sur VW 1500S au départ d'Oslo. En 1968 — année du premier film Herbie —, deux Coccinelle reviennent au départ après deux abandons en 1965 : l'une casse, l'autre termine 57ᵉ (Ben Pon et Jooks Klein, VW 1600, engagés sous le numéro 120 — le fameux numéro 53 popularisé par Herbie étant, cette année-là, porté par une Fiat 125 abandonnée). En 1977, lors du tournage de Herbie Goes to Monte Carlo, il n'y a plus la moindre Coccinelle au départ du Monte-Carlo depuis neuf ans, uniquement des Volkswagen Golf.
L'aventure du team Salzburg (1969-1973)
La pièce maîtresse de l'histoire compétition de la Coccinelle reste l'aventure du team Salzburg, montée par Gerhard Strasser, importateur autrichien Volkswagen et Porsche. Dès 1969, il prépare des 1302S (puis 1303S à partir de 1973) et des Porsche 911 pour le rallye, avec un budget modeste mais quelques sponsors. En 1971, faute de soutien de l'usine de Wolfsburg malgré une demande explicite, Strasser monte seul un team de 11 personnes (chef de course, chef d'atelier, sept mécaniciens, un apprenti, une secrétaire) pour engager trois voitures en championnat autrichien des rallyes et dans plusieurs manches du championnat d'Europe.
La fiche technique de la « Salzburger »
Développée par Paul Schwarz, ex-pilote et préparateur d'usine KTM, la Salzburger de groupe 2 repose sur les standards de préparation des années 1970 :
- Moteur : base Type 1 réalésée à 1 599 cm³ (alésage 85,9 mm, course 69 mm), pistons forgés, carter sec à double pompe à huile homologué par l'usine sur demande de l'importateur, radiateur d'huile Mercedes 250 SE, doubles carburateurs Weber 46 IDA réglés en usine à Bologne. Puissance : 126 ch à 6 000 tr/min, couple maximal 13,9 m·kg à 5 200 tr/min.
- Boîte de vitesses : boîte de Porsche 914 homologuée sur demande de l'importateur autrichien, différentiel autobloquant à 80 %.
- Suspension : jambes de force et amortisseurs Bilstein spécifiques à l'avant, carrossage négatif de 0,5°.
- Freins : point faible assumé de la voiture — disques d'origine à l'avant, tambours d'origine à l'arrière (cylindres 19 mm) ; conduire la Salzburger en rallye équivalait, selon les mots des pilotes eux-mêmes, à un exercice « sans freins ».
- Poids à vide : 890 kg, réservoir de 80 litres.
La série « GT » commerciale
Parallèlement aux voitures d'usine (revendues 9 000 à 14 500 marks en fin de saison selon l'état du moteur, ou 25 000 marks à l'état neuf « prêtes à courir »), Strasser commercialise une version routière allégée de la 1303 championne d'Autriche : la GT, moteur 1600 « dégonflé » à 65 ch, vitesse de pointe 145 km/h, moteur disponible seul en échange standard pour 1 100 marks. 210 exemplaires de cette GT sont vendus. L'aventure en rallye du team Salzburg s'achève fin 1973, sous l'effet conjugué de la crise pétrolière et de l'absence persistante de soutien technique et financier de Wolfsburg.
Le palmarès complet par cylindrée (extrait, 1951-1978)
Wikipédia FR recense, en complément, un palmarès détaillé par motorisation : victoires de classe pour la 1100 (Alger-Le Cap 1951), la 1200 (Safari 1953-1962, Tour d'Australie 1955-1958, Suède 1956, Angleterre 1960), la 1300 (Tour d'Amérique du Sud 1978), la 1500(S) (Angleterre 1961, Croix du Sud 1967), la 1600 (Arctique 1966-1968, Grande-Bretagne 1966) et la 1302S (Cristal 1971, Championnat d'Autriche 1972-1973, Jänner 1973 et 1978, dell'Isola d'Elba 1973). Le pilote suédois Björn Waldegård, plus tard multiple vainqueur du championnat du monde des rallyes sur Lancia et Toyota, fit ses débuts sur Coccinelle (1200 puis 1600) entre 1962 et 1966, avant de terminer 6ᵉ du rallye de Suède 1973 sur une 1302S en WRC, remportant sa classe.
Voir aussi
- Site source
- flat4ever.com
- Auteur du site
- Flat4ever (adaptation et traduction Christophe Knopf)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Les dérivés de la mécanique Coccinelle — Porsche, buggys de plage, Karmann Ghia et curiositésVolkswagen Coccinelle · Histoire et modèles
- Herbie / Choupette — la Coccinelle vedette des studios DisneyVolkswagen Coccinelle · Culture documentation
- Les 1302 et 1303 — la rupture technique de la « Super Coccinelle » (1970-1975)Volkswagen Coccinelle · Histoire et modèles