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§ 01 · Histoire et modèles

Citroën M35 (1969-1971) — le laboratoire roulant à moteur Wankel sur base Ami 8

Citroën Ami (6, 8, Super, M35) · 1961–1978 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un coupé qui n'emprunte que l'apparence de l'Ami 8

Le M35 ressemble à un coupé deux portes dérivé de l'Ami 8, mais Wikipédia précise qu'il n'en reprend en réalité que quelques éléments de carrosserie : portes rallongées pour un meilleur accès aux places arrière, pare-brise à coins plus carrés, lunette arrière agrandie et plate (cette fois non inversée), porte de coffre spécifique, ailes arrière redécoupées au niveau des roues. La caisse est emboutie et l'assemblage complet réalisé par le carrossier Heuliez, déjà auteur d'un break Ami 6 d'étude en 1962 (voir Le break Ami 6 — de l'étude Heuliez au succès qui dépasse la berline). Deux teintes seulement sont proposées : le gris nacré et, plus rare, le bleu delta.

Un moteur Wankel né d'une coentreprise franco-allemande

Le moteur monorotor provient de Comotor, société fondée en 1967 par Citroën et le constructeur allemand NSU (dont l'ingénieur Felix Wankel, inventeur et détenteur du brevet du moteur à piston rotatif, faisait partie des effectifs), avec une usine à Neckarsulm. Cylindrée nominale de 498 cm³, pour 49 ch DIN à 5 500 tr/min et un couple de 7,0 mkg (68 N·m) à 2 750 tr/min, taux de compression 9:1. Le moteur, longitudinal, est associé à la boîte de vitesses de la future GS 1015 (avec une grille de sélection cependant différente) et à une suspension hydropneumatique — élément notable, puisqu'il s'agit de la première apparition de cette technologie DS/SM sur une base mécanique de 2 CV. Le 0 à 100 km/h est abattu en 19 secondes, soit environ 10 secondes de moins qu'un Ami 8 de série, pour une vitesse de pointe proche de 140 km/h — des performances que Citroën compare à celles d'une Morris 1300 dans sa documentation d'époque.

Des détails techniques qui trahissent l'expérimentation

Le réservoir de 43 litres, nettement supérieur à celui de l'Ami 8 (32 L), compense une autonomie jugée insuffisante avec ce nouveau moteur. Le moteur rotatif se révèle si silencieux et si linéaire en accélération que Citroën équipe le M35 d'une alarme sonore se déclenchant à l'approche du régime de coupure (7 000 tr/min), afin d'éviter que les conducteurs ne s'en aperçoivent trop tard — un compte-tours, absent de l'Ami 8, est de toute façon monté sur le tableau de bord.

Un programme d'essai en conditions réelles, pas une commercialisation

Le M35 n'est jamais vendu au grand public au sens strict : Citroën recrute des clients fidèles volontaires, gros rouleurs justifiant plus de 30 000 km annuels, moyennant un tarif de 14 120 francs — équivalent au prix d'une D Spécial, soit environ le double d'une Dyane. L'entretien du moteur est assuré gratuitement par la marque (l'entretien courant — pneus, plaquettes — restant à la charge du client), en échange de retours d'expérience sur la fiabilité en usage réel. Un bandeau apposé au bas de la lunette arrière signalait explicitement qu'il s'agissait d'un prototype à moteur rotatif en essai de longue durée chez un client Citroën. Dans la pratique, selon l'Amiclub de France, le moteur se montre peu fiable et difficile à démarrer, souvent usé dès 60 000 km, et la voiture se révèle gourmande et à la tenue de route « molle » — mais ses performances, très supérieures à celles de l'Ami 8 dont elle empruntait la carrosserie, surprenaient les automobilistes doublés sur la route.

Une production volontairement limitée et détruite

267 exemplaires sont produits entre 1969 et 1971 (6 en 1969, 212 en 1970, 49 en 1971), sur les 500 initialement prévus — Citroën allant jusqu'à sauter volontairement des numéros de série peints sur l'aile avant pour donner l'illusion d'une série complète. Une fois le programme d'essais achevé, Citroën rachète la grande majorité des M35 à leurs propriétaires pour les envoyer à la casse, afin de ne pas avoir à garantir indéfiniment la disponibilité de pièces et la maintenance d'un moteur expérimental sur un parc aussi réduit — sort identique à celui que connaîtra quelques années plus tard la GS Birotor.

Un héritage technique disséminé dans plusieurs modèles

Malgré son échec commercial programmé, le M35 sert de banc d'essai à plusieurs innovations reprises en série : le moteur birotor qui équipera la GS Birotor à partir de 1974, certains éléments de suspension repris sur la GS dès son lancement en 1970, et jusqu'aux sièges à dossier inclinable dès la ceinture, que l'on retrouvera plus tard sur la SM.

Survivants et valorisation actuelle

Seuls quelques dizaines d'exemplaires du M35 subsistent aujourd'hui, chacun identifié et suivi individuellement par un registre de passionnés (voir Les survivants du M35 — un registre de passionnés numéro par numéro). Trois exemplaires en état de marche sont visibles à l'écomusée Citroën de Castellane, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

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Provenance de cette fiche
Site source
amiclubdefrance.net
Date d'extraction
12 sept. 2026
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