Aller au contenu
§ 07 · Carrosserie

Les phares encastrés de la 22 — mécanisme, datation, et correctif au « Guide des 22 »

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 3 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

⭐ Correction de vocabulaire : ce n'est pas une « porte de phare »

Terme utilisé depuis 1975 mais erroné selon l'auteur : le phare est indépendant dans l'aile, pas derrière une trappe articulée à proprement parler. Terminologie plus juste proposée : « grille de klaxon », « support du verre » ou « enjoliveur de phare ».

Pourquoi des phares encastrés ? Raison technique, pas seulement esthétique

La 22 visait 140 km/h — à ces vitesses, les phares obus classiques (à glace plate, comme sur la 11) créent une résistance à l'air mesurable (l'auteur rapporte une vibration dès 100 km/h sur sa propre Traction). Solution : encastrer les phares dans les ailes, dessinée par Flaminio Bertoni, inspirée par la mode aérodynamique américaine (Hupmobile Aerodynamic 1933, partenaire industriel Chrysler et son Airflow 1934) et française (Chenard et Walcker Mistral, sensation oubliée du salon 1933 — V8, roues avant indépendantes, boîte 8 vitesses).

Différenciation stylistique délibérée entre 7, 11 et 22 (Salon d'octobre 1934)

71122
Calandre24 barres, pointue haut/bas26 barres, pointue en bas, galbée en haut28 barres, arrondie haut/bas (aérodynamique)
Jonc d'aileabsentboulonnésoudé
Phares200mm220mm220mm encastrés
Klaxondans les ailesdans les ailesintégré à l'enjoliveur de phare

⭐ Découverte de datation : le renfort d'aile imposé par les Mines

Fait manqué par l'ouvrage de référence sur la 22 (Laronde & Sabatès, 1994) selon l'auteur : lors du premier passage aux Mines, l'inspecteur relève une fixation insuffisante de l'aile et du phare, provoquant des vibrations du faisceau (risque d'éblouissement) — la voiture est convoquée pour une seconde visite. Citroën ajoute alors un renfort entre l'aile et le support de pare-chocs, documenté par un bleu d'usine daté du 13 octobre 1934. Conséquence pratique : on peut dater une photo de 22 comme antérieure ou postérieure au 13 octobre 1934 selon la présence de ce renfort (absent sur le roadster exposé au Salon début octobre, présent sur la limousine photographiée dans la cour de l'usine mi-octobre).

Découverte croisée sur la 15/6 : l'auteur a personnellement vérifié en 2015 (Rétromobile) que le roadster 15/6 rouge porte ce même renfort — absent en revanche sur les deux autres roadsters 15/6 survivants (vert et beige), confirmé par le carrossier qui les a restaurés.

Autres phares encastrés chez la concurrence (contexte design, utile si le corpus s'étend à d'autres marques)

Panhard Dynamic 1936 (grille zamak fragile), Skoda Popular Sport 1937, Renault Viva Grand Sport 1938 — la 22 de 1934 précède ces réalisations.

Curiosité non résolue : un autocar Citroën « Mignal » avec le mécanisme complet de phare de 22

Un autocar retrouvé réemploie l'intégralité du mécanisme de phare 220mm de la 22 (verre + enjoliveur amovibles) — origine exacte non déterminée (stock réutilisé, voiture reconditionnée démontée ?), question posée sans réponse ferme, conforme à la discipline d'incertitude assumée déjà repérée sur ce site.

Anecdote de provenance

Le seul exemplaire authentique connu d'enjoliveur de phare de 22 (détenu 25 ans par le collectionneur lyonnais Lucien Loreille) a été vendu aux enchères le 10 novembre 2019 (Osenat) pour 4 500 € hors frais.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
jeromecollignon.blog4ever.com
Auteur du site
Jérôme Collignon
Date d'extraction
11 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci