La 500 Giardiniera — le break à moteur couché (1960-1977)
Le problème du coffre
Dès le lancement de la Nuova 500, le marché regrette l'absence d'équivalent au break « Topolino Giardiniera Belvedere » — ce que l'on appellerait aujourd'hui une familiale. Le problème est purement mécanique : l'encombrement vertical du bicylindre monté debout interdit tout volume de chargement allongé à l'arrière. Dante Giacosa imagine alors une solution technique ingénieuse : coucher le moteur sur le flanc — configuration dite « a sogliola » (à la sole, comme le poisson plat) — pour le loger entièrement sous le plancher de charge.
Naissance en mai 1960
Les versions Giardiniera et Commerciale (cette dernière sans vitrage arrière, aussi appelée « Furgoncino ») naissent en mai 1960. Sur le plan mécanique, les cylindres sont basculés à l'horizontale, le carter de ventilation est redessiné pour envelopper le nouveau propulseur et la ventilation centrifuge cède la place à une ventilation radiale ; la prise d'air est déplacée sur deux colonnes intégrées aux montants arrière. La cylindrée reprend celle de la 500 Sport (499,5 cm³) mais la puissance est adoucie pour l'usage utilitaire visé : 17,5 ch, pour une vitesse de pointe de 95 km/h. Ce même moteur couché équipe également l'Autobianchi Bianchina Panoramica, break plus cossu visant une clientèle différente.
Une carrosserie largement redessinée
La Giardiniera reprend la caisse de la berline jusqu'à l'arrière des portières avant (elles aussi « suicide », à ouverture contrevent), puis s'allonge vers l'arrière avec une silhouette plus carrée : empattement allongé de 10 cm, custode entièrement nouvelle, hayon arrière articulé latéralement (et non plus capot moteur classique), vitres arrière rectangulaires coulissantes, toit partiellement rigide prolongé d'une capote très allongée. Les dimensions gagnent 21,5 cm en longueur (3,185 m) et 2 cm en hauteur (1,354 m) par rapport à la berline. Suspensions et freins, mâchoires et tambours dérivés de ceux de la 600, sont renforcés pour tenir compte du poids et de la charge utile supplémentaires. Le dossier de la banquette arrière, rabattable pour allonger le plan de charge, n'est d'abord pas parfaitement plat (angle résiduel), défaut corrigé ultérieurement par un garnissage de dossier aminci.
Une évolution qui suit — avec retard — la berline
La Giardiniera épouse les grandes évolutions mécaniques et esthétiques de la berline avec un léger décalage calendaire : mécanique de la Tetto Apribile de mars à octobre 1960, puis de la 500 D d'octobre 1960 à mars 1965 (réservoir « à cipolla »), puis de la 500 F de mars 1965 à janvier 1967 (réservoir cylindrique de 22 litres, forme allongée, suppression de chromes). Contrairement à la berline, elle conserve ses portières « suicide » jusqu'au bout de sa carrière : le Code de la route italien de 1965, qui impose l'inversion du sens d'ouverture sur tous les véhicules, prévoit en effet une dérogation pour les véhicules à vocation utilitaire — voir La 500 F (1965-1972) — la révolution des portières et la version la plus produite.
Le passage à l'Autobianchi (1968)
En février 1968, Autobianchi entre officiellement dans le giron Fiat et la production de la Giardiniera est transférée à l'usine de Desio, près de Milan. Pour le marché italien, le nom devient « Autobianchi Giardiniera 500 » (également « Autobianchi Bianchina Giardiniera » selon les sources) — confirmé de façon indépendante par Wikipédia anglais, qui situe cette production à Desio de 1968 à 1977 avec un moteur inchangé de 499 cm³ et 17,5 ch. La face avant reprend alors le dessin de la Bianchina (auparavant celui des 500 D et F) ; volant et tableau de bord adoptent le noir des futures 500 R. À partir de 1972, les vitres arrière coulissantes cèdent la place à une ouverture en compas ; à partir de 1974, nouvelle face avant à écusson Autobianchi et vitres arrière à compas ou fixes. Une variante Furgoncino 500 (deux places avant seulement, dossier arrière supprimé pour un volume de charge accru, vitres et capote remplacées par des panneaux de tôle rigides) complète la gamme en toute fin de carrière.
La plus longue carrière du modèle
Produite jusqu'en 1977, soit deux ans de plus que la berline (arrêtée en 1975), la Giardiniera totalise environ 327 000 exemplaires, marque FIAT et Autobianchi confondues, uniquement assemblés en Italie.
Identification
- Code de caisse usine : Fiat 120 (dénominations successives : Nuova Fiat 500 Giardiniera, Autobianchi Bianchina Giardiniera, Autobianchi Giardiniera).
- Code moteur : 120.000.
- Prix de lancement : 565 000 lires.
Voir aussi
- La 500 D (1960-1965) — l'unification de la gamme · La 500 F (1965-1972) — la révolution des portières et la version la plus produite · L'évolution du bicylindre — de 479 à 594 cm³ (1957-1975) · Dante Giacosa — biographie et carrière chez Fiat · Des portières « suicide » aux portières normales — synthèse de l'évolution de caisse
- Site source
- it.wikipedia.org
- Auteur du site
- Wikipédia (versions italienne et anglaise)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://it.wikipedia.org/wiki/Fiat_Nuova_500 ↗
- La 500 D (1960-1965) — l'unification de la gammeFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975) · Histoire et modèles
- La 500 F (1965-1972) — la révolution des portières et la version la plus produiteFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975) · Histoire et modèles
- Dante Giacosa — biographie et carrière chez FiatFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975) · Histoire et modèles
- Des portières « suicide » aux portières normales — synthèse de l'évolution de caisseFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975) · Carrosserie
- L'évolution du bicylindre — de 479 à 594 cm³ (1957-1975)Fiat 500 (Nuova 500, 1957-1975) · Moteur
- L'évolution du bicylindre — de 479 à 594 cm³ (1957-1975)Fiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- La Ghia 500 Jolly — la « Spiaggina » de la Dolce VitaFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- La 500 D (1960-1965) — l'unification de la gammeFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- Des portières « suicide » aux portières normales — synthèse de l'évolution de caisseFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- Freins à tambour et suspensions à roues indépendantesFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- La 500 F (1965-1972) — la révolution des portières et la version la plus produiteFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)
- Dante Giacosa — biographie et carrière chez FiatFiat 500 (Nuova 500, 1957-1975)