Aller au contenu
§ 01 · Histoire et modèles

Genèse du Prelude (1978) : lancer un coupé sportif pour ouvrir le réseau Honda Verno

Honda Prelude / Honda-Acura Integra · 1978–2001 · 3 min de lecture · extraite le 13 sept. 2026

Un coupé pensé pour inaugurer un nouveau réseau de vente

Le Honda Prelude est dévoilé au Japon le 24 novembre 1978, puis présenté au monde deux mois plus tard lors du salon AutoRAI d'Amsterdam, en janvier 1979. Sa mission dépasse le simple lancement d'un modèle : il sert de vitrine à l'ouverture d'un tout nouveau canal de distribution japonais, Honda Verno, dédié aux véhicules à vocation sportive et distinct du réseau généraliste. Ce réseau accueillera par la suite d'autres modèles à l'identité affirmée comme la Honda Quint, la Honda Ballade ou la grande berline/hayon Honda Vigor — et, dès 1985, l'Integra elle-même (voir Genèse de l'Integra (1985) : une Civic surélevée, lancée comme Honda Quint Integra), positionnée en entrée de gamme du réseau, sous le Prelude et le Vigor.

Une mécanique d'Accord, un châssis propre

Le Prelude reprend les trains roulants à quatre roues indépendantes, les freins et le moteur de la première génération Accord, mais reçoit un châssis entièrement nouveau, spécifiquement dessiné pour ce coupé par l'ingénieur en chef Hiroshi Kizawa, avec un dessin extérieur confié à Kizawa lui-même et à Shinya Iwakura — un nom que l'on retrouve, des décennies plus tôt, au cœur d'une anecdote de style sur le capot du roadster Honda S800, puis encore une fois au centre du projet Civic. L'empattement, 2 320 mm, est raccourci de 60 mm par rapport à celui de l'Accord dont il dérive, pour une silhouette nettement plus basse et large (1 290 mm de hauteur pour 1 635 mm de largeur) : Honda reproduit ici, consciemment, la recette déjà éprouvée par la Toyota Celica — un petit gabarit généraliste, un moteur plus affirmé, un capot allongé et un coffre raccourci.

Un nom emprunté à Toyota et une identité « musicale »

Le nom « Prelude » avait en réalité été déposé au départ par Toyota, qui en cède l'usage à Honda à l'amiable. Il s'inscrit dans une nomenclature interne à consonance musicale déjà entamée par Honda avec l'Accord, puis poursuivie par la Quint, la Concerto, la Jazz (voir Genèse 2001 — le remplacement de la Honda Logo et le lancement de la première génération (GD), dossier honda-jazz/) et la Ballade. Le Prelude hérite aussi, dans l'esprit, de l'expérience acquise par Honda sur ses premières voitures de sport, le roadster S800 et le coupé 1300, sans qu'aucun de ces deux modèles n'ait de filiation mécanique directe avec lui.

Un « + 2 » au confort tout relatif, mais une génération d'innovations

Commercialisé comme un « 2+2 », le Prelude n'offre en pratique une place arrière exploitable que pour de très jeunes enfants. En contrepartie, il inaugure deux « premières » qui deviendront des signatures de la lignée jusqu'à sa fin de production en 2001 : le tout premier toit ouvrant électrique (« power moonroof ») jamais proposé sur une Honda — un équipement qui restera de série sur la totalité de la production du Prelude — et, avec l'Accord de la même période, la direction assistée de série sur un modèle de moins de deux litres, une rareté pour la fin des années 1970. Les premiers essais de la presse américaine sont très favorables : dans Motor Trend, le journaliste Brock Yates place la qualité de fabrication Honda tout juste derrière celle de Mercedes-Benz parmi l'ensemble des constructeurs qu'il connaît, un compliment rare pour une marque encore jeune dans l'automobile.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
13 sept. 2026
Voir aussi · fiches citées par celle-ci
Fiches qui citent celle-ci