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§ 01 · Histoire et modèles

Murena kit 142, Murena S et la carrière en rallycross de Jean-Pierre Beltoise

Matra Bagheera · 1973–1980 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le kit 142, une solution bâtarde imposée par les réticences de PSA

Consciente que la Murena manque de caractère sportif affirmé malgré ses qualités routières (voir La Murena (1980), remplaçante de la Bagheera et premier châssis galvanisé de série), Matra souhaite muscler sa version 2,2 litres. Les réticences de PSA, alors actionnaire du réseau de distribution Talbot, empêchent toutefois le développement d'une version de série pleinement aboutie : la solution de compromis retenue est un kit de préparation, commercialisé à partir de juillet 1982 sous le nom de « kit 142 » (en référence à sa puissance obtenue, 142 ch contre 118 ch de série, soit un gain de 24 ch). Installé par les concessionnaires Talbot pour un coût de 19 500 francs, ce kit comprend un arbre à cames plus pointu, un allumeur différent, un nouveau collecteur d'admission à quatre conduits et deux carburateurs Solex double-corps horizontaux en lieu et place de l'alimentation d'origine. Ainsi équipée, la 2,2 litres franchit le cap symbolique des 200 km/h. Le succès commercial de cette formule reste toutefois limité : une centaine de kits seulement seront montés.

La Murena S, la version d'usine tant attendue

Face aux amateurs déplorant l'absence d'une version de série équivalente, Matra lance, environ un an plus tard, la Murena S : une 2,2 litres kitée directement en usine, sans passer par l'installation après-vente. Avec cette version, Matra dispose enfin d'un coupé sportif français performant, dont les chiffres de performance sont jugés comparables à ceux de la Porsche 944 (163 ch) — aux côtés de l'Alpine A310 V6, plus pointue, la Murena S représente alors l'un des seuls vrais coupés sportifs français du début des années 1980. Las, la voiture arrive tardivement dans la carrière commerciale du modèle : seuls 480 exemplaires seront construits entre avril et juillet 1983, quelques semaines avant l'arrêt total de la production.

Des projets plus ambitieux restés à l'état de maquette

Plusieurs pistes de développement plus radicales sont explorées sans jamais aboutir. Un prototype baptisé « Murena 4S » aurait permis de porter la puissance du 2,2 litres à 180 ch pour une vitesse de pointe visée de 225 km/h, mais se heurte au veto de PSA. Un autre projet, plus audacieux encore, envisage de loger dans la Murena une version détunée du prestigieux V12 de compétition Matra — le même bloc qui avait valu au constructeur ses titres mondiaux de Formule 1 et ses trois victoires aux 24 Heures du Mans (voir Matra-Sports en Formule 1 (1968-1972) — Jackie Stewart, le titre 1969 et le V12 et Matra-Sports aux 24 Heures du Mans — trois victoires consécutives (1972-1974)) — mais cette idée ne dépassera jamais le stade de la maquette. Le désaccord croissant entre PSA et Matra sur l'avenir du modèle précipite l'arrêt définitif de la Murena en juillet 1983.

Une carrière méconnue en rallycross

Moins connue que son itinéraire routier, la Murena a également connu une carrière sportive en rallycross. Dès 1981, un prototype profondément remanié à quatre roues motrices, piloté par l'ancien champion du monde de Formule 1 Matra Jean-Pierre Beltoise, participe à plusieurs épreuves. La voiture obtient d'abord le titre de vice-championne de France de la discipline en 1981, avant de décrocher trois titres de championne de France consécutifs de 1982 à 1984. Elle est alors propulsée par un moteur « ROC », préparation compétition du deux litres Chrysler développant de 285 à 310 ch, porté à 2,4 litres et 360 ch en 1982 — un contraste saisissant avec les 92 à 142 ch des versions routières.

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Provenance de cette fiche
Site source
motorlegend.com (Saga Matra, Gilles Bonnafous)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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