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§ 01 · Histoire et modèles

Le cabriolet 306 — dessiné et assemblé par Pininfarina (1994-2002)

Peugeot 306 · 1993–2002 · 6 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Genèse et conception

Présenté au salon de Francfort à l'automne 1993 et commercialisé de mars 1994 à 2002, le cabriolet 306 est le dernier cabriolet Peugeot conçu et assemblé en Italie, dans les usines Pininfarina de Cambiano, près de Turin — installations qui jouxtaient à l'époque une chaîne d'assemblage consacrée à Ferrari. Sa conception est confiée au designer Pietro Camardella, auteur chez Pininfarina de plusieurs Ferrari dont la célèbre F40.

Le défi technique posé au designer était le suivant : une conversion directe de la berline 4 portes aurait donné un cabriolet trop long, tandis que la version 3 portes aurait produit un modèle trop court. La solution retenue consiste à allonger l'empattement de 4 cm par rapport à la version 5 portes, pour une longueur totale de 4,18 m. Il s'agit d'un cabriolet traditionnel à toit souple en toile, doté d'un coffre à capote séparé du coffre à bagages — ce qui lui conserve un volume de coffre fixe et relativement généreux pour la catégorie.

Point de clarification important : contrairement à ce que laissent parfois entendre certaines sources secondaires anglophones (qui résument la situation en écrivant simplement que « Pininfarina a dessiné la 306 »), la commande confiée au carrossier italien portait spécifiquement sur le cabriolet — la berline, le break et le coupé 3 portes restent des carrosseries dessinées en interne par Peugeot. Cette distinction est explicite à la fois dans l'article Wikipédia francophone consacré au modèle et dans un guide d'achat de L'Argus (décembre 2024), qui attribue sans ambiguïté « design signé Pininfarina » au seul cabriolet.

Chronologie et production

  • 1994 : lancement commercial (mars), titre de « plus beau cabriolet de l'année ».
  • Fin 1996 : plus de 35 000 exemplaires déjà écoulés.
  • 1997 : restylage phase 2, aligné sur celui du reste de la gamme.
  • 31 août 1998 : assemblage du 50 000ᵉ exemplaire à Turin ; la même année, le cabriolet reçoit le prix du « cabriolet de l'année » au salon de Genève.
  • Mai 1999 : lancement de la phase 3.
  • Octobre 2000 : transfert de l'intégralité de la production — y compris désormais le châssis et la partie mécanique, jusque-là traitée à Poissy — sur les chaînes Pininfarina de Turin.
  • Juillet 2002 : fin de production, dernière carrosserie 306 à quitter les chaînes d'assemblage.
  • Production totale : 77 834 exemplaires (donnée Wikipédia).

Les trois phases

PhasePériodeRepères
Phase 11994-1997Face avant carrée, antibrouillards rectangulaires (en option), bouton de coffre rectangulaire sans logo
Phase 2 (2.1)1997-mai 1999/juin 2000 selon la sourceFormes arrondies alignées sur le reste de la gamme, antibrouillards ronds à glace striée, logo Peugeot sur le bouton de coffre
Phase 3 (2.2)mai/juin 2000-2002Face avant reprise de la S16 (phares et antibrouillards à glace lisse), 4 airbags de série (2 frontaux + 2 latéraux intégrés aux sièges), ABS généralisé, ouverture à distance haute fréquence

Motorisations

Trois cylindrées principales se sont succédé, avec un passage progressif au multisoupapes :

  • 1,6 L (8 soupapes, phases 2 et 3 uniquement) : 90 ch, puis 100 ch en phase 3.
  • 1,8 L : 103 ch en 8 soupapes (phase 1), 112 ch en 16 soupapes (phases 2 et 3) — non disponible avec boîte automatique en version 16 soupapes.
  • 2,0 L : 123 ch en 8 soupapes (phase 1), 135 ch en 16 soupapes (phases 2 et 3).

Des versions export spécifiques (Allemagne « Platinum », Suisse) proposaient un équipement complet (sièges chauffants en cuir, lave-phares, climatisation) réservé aux motorisations 2,0 L 16v, à de rares exceptions en 1,8 16v.

Séries spéciales notables

La série Roland Garros, proposée sur tout le cabriolet jusqu'en 2002, se distingue par sa sellerie semi-cuir blanche puis beige/vert (phase 3), ses ceintures de sécurité colorées rappelant la terre battue, son toit ouvrant et sa capote électriques. Voir le détail complet, commun à toute la gamme, dans Catalogue des séries spéciales de la 306.

Guide d'achat — points de vigilance (source : L'Argus, décembre 2024)

La 306 cabriolet est devenue véhicule de collection en 2024 pour son 30ᵉ anniversaire. Un guide d'achat détaillé de L'Argus (auteur Vincent Foultier, décembre 2024), construit notamment autour d'un entretien avec le collectionneur Benoît Haustraete, dégage plusieurs points de vigilance :

  • Mécanique : les trois moteurs sont globalement robustes et fiables, mais les versions 8 soupapes restent sujettes à des joints de culasse défectueux. Le meilleur compromis identifié par L'Argus est le 1,8 16S de 112 ch (produit de mars 1997 à fin 1999) — performant, homogène, et ménageant le châssis. Le 1,6 est jugé un peu trop paisible ; le 2,0 16 soupapes est le plus convoité mais ne transforme pas le cabriolet (1 220 à 1 345 kg) en foudre de guerre, la rigidité de caisse étant inférieure à celle de la berline malgré des longerons renforcés.
  • Train arrière : maladie connue commune à toute la gamme 306, touchant bras et roulements de suspension (carrossage négatif, usure pneumatique prématurée, bruits de claquement) — voir le détail dans Train arrière — le défaut de corrosion des roulements, un point faible connu de toute la gamme.
  • Corrosion : seuils de portes et soudures de bas de caisse à surveiller en priorité sur la phase 1 (défaut résorbé en phase 2/3) ; en phase 2/3, la rouille se déplace vers le tablier moteur, les contre-ailes près du réservoir de lave-glace et le coffre.
  • Joints d'étanchéité : les phases 2 et 3 utilisent un joint plus souple et de moindre qualité au niveau des montants, vitres de custode, vitres de portes et capote — ces joints finissent par craquer et pourrir sous l'effet des infiltrations d'eau. Ni L'Aventure Peugeot ni le constructeur ne les refabriquent, le coût du moule (environ 300 000 €) étant jugé prohibitif.
  • Capote : les vérins d'ouverture électrique faiblissent avec l'âge, imposant une manipulation manuelle prudente (voir la procédure détaillée dans Manipulation et entretien de la capote du cabriolet) ; la lunette arrière peut jaunir si l'entretien n'est pas soigné.
  • Mise en garde sur les derniers exemplaires : L'Argus déconseille les cabriolets entièrement produits à l'usine Pininfarina de Turin (2000-2002), le site étant alors surchargé par plusieurs projets simultanés (Alfa Romeo Spider, Alfa Romeo GTV, Peugeot 406 Coupé-Cabriolet, 306 Cabriolet), ce qui aurait affecté la qualité d'assemblage de cette période.
  • Cote : de 2 500 € environ (modèle d'entrée de gamme fort kilométrage) à près de 20 000 € pour un bel exemplaire Roland Garros à faible kilométrage. Teintes recherchées : Orange Newport, Jaune Vermeer, Rouge Lucifer, Prune. Séries recherchées : Roland Garros, Saint-Tropez, Platinum.
  • Club de référence : « Club 306 Cabriolet.fr », animé par David Garnier et Vincent Piquard — ce dernier ancien salarié de l'usine Pininfarina — qui proposent notamment des pièces de rechange indisponibles dans le réseau Peugeot.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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