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§ 12 · Culture documentation

Une rivalité française et allemande — R5 Alpine, GT Turbo, Golf GTI et 205 GTI

Renault 5 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

L'histoire de la Renault 5 sportive ne peut se comprendre isolément : de 1976 à la fin des années 1980, elle se joue en miroir d'une concurrence directe avec la Volkswagen Golf GTI, puis avec la Peugeot 205 GTI — un triangle de rivalités qui a largement façonné le segment naissant de la « voiture chaude » (hot hatch) en Europe. Cette fiche rassemble, en les recoupant, les éléments déjà documentés séparément dans les corpus renault-5/, volkswagen-golf-1/ et peugeot-205/ de ce même projet encyclopédique.

1976 : deux lancements presque simultanés

La coïncidence calendaire est frappante. La Golf GTI est dévoilée au Salon de Francfort en septembre 1975 et commercialisée en Allemagne dès juin 1976 : moteur 1 588 cm³ à injection mécanique Bosch K-Jetronic, 110 ch DIN à 6 100 tr/min, 182 km/h, poids à vide d'environ 810-846 kg selon les sources (voir La genèse de la Golf GTI — un projet clandestin devenu segment à part entière dans le corpus volkswagen-golf-1/). La Renault 5 Alpine est commercialisée, elle, dès mai 1976 : moteur 1 397 cm³ atmosphérique, 93 ch DIN à 6 400 tr/min, 175 km/h, 850 kg à vide (voir Renault 5 Alpine et Alpine Turbo — la rivale française de la Golf GTI).

Le match tourne rapidement à l'avantage de l'Allemande : cylindrée supérieure, injection mécanique plutôt que carburateur, et surtout un rapport poids/puissance plus favorable — un verdict assumé tel quel par la documentation consultée côté R5 (« la confrontation donne rapidement raison à l'allemande qui domine les débats grâce à sa polyvalence et ses performances supérieures »). Le nom même de la version anglaise de l'Alpine, commercialisée sous l'appellation Gordini au Royaume-Uni pour des raisons de droits commerciaux sur le nom « Alpine » (voir Renault 5 Alpine et Alpine Turbo — la rivale française de la Golf GTI), illustre à quel point Renault dispute ce terrain directement sur le marché britannique, fief historique de la Golf GTI.

1982 : la riposte par le turbo

Ne pouvant loger dans le petit gabarit de la R5 le moteur 1,6 L de la Renault 16, Renault choisit une voie technique alternative pour tenter de refermer l'écart : le turbocompresseur, déjà expérimenté en compétition sur la R5 Turbo (voir Renault 5 Turbo — genèse et versions routières (Turbo 1 et Turbo 2)). L'Alpine Turbo (1982, 110 ch DIN, 186 km/h) permet cette fois d'égaler les prestations de la Golf GTI passée entre-temps à la cylindrée 1 800 cm³ — même si, selon la documentation disponible, le châssis de la R5, conçu à l'origine pour une auto plus modeste, montre déjà ses limites face à la puissance désormais disponible.

1984-1987 : la surenchère à trois, avec l'arrivée de la 205 GTI

L'irruption de la Peugeot 205 GTI en mars 1984 (1 580 cm³, 105 ch DIN, moteur XU5J à injection électronique Bosch LE-Jetronic — voir la fiche dédiée La 205 GTI — 1.6 et 1.9 (1984–1994) dans le corpus peugeot-205/) transforme le duel initial en une rivalité à trois. La Supercinq GT Turbo, lancée en février 1985 (115 ch DIN, 1 397 cm³ turbocompressé, voir Supercinq GT Turbo — l'héritière sportive (1985-1992)), surclasse d'emblée la 205 GTI 105 ch d'origine — au point que la documentation du corpus peugeot-205/ reconnaît explicitement que Peugeot « doit rapidement réagir » à cette sortie.

La réplique de Peugeot ne se fait pas attendre : dès mars 1986, le moteur de la 205 GTI évolue vers le bloc XU5JA (115 ch DIN à 6 250 tr/min), une culasse directement héritée du kit de compétition PTS, avec un objectif assumé et documenté comme tel côté Peugeot : « contrer la Super 5 GT Turbo ». Quelques mois plus tard (fin 1986), la 205 passe à la cylindrée 1 905 cm³ (moteur XU9JA, 130 ch DIN, 880 kg) — reprenant l'avantage sur la GT Turbo phase 1. Renault réplique à son tour à l'automne 1987 avec la GT Turbo phase 2 (120 ch DIN, 830 kg, voir Supercinq GT Turbo — l'héritière sportive (1985-1992)) : sur le papier, la GT Turbo phase 2 reste en retrait de 10 ch face à la 205 GTI 1.9, mais compense par un poids inférieur d'environ 50 kg et un couple turbo disponible dès 3 750 tr/min (contre 4 750 tr/min pour l'atmosphérique de la 205) — deux philosophies mécaniques opposées (turbo léger contre atmosphérique cubique) pour un niveau de performances au final assez proche.

Un triangle fondateur du segment des « hot hatch » populaires

Ce triple jeu de références croisées — Golf GTI comme pionnière du genre, R5 Alpine puis Alpine Turbo comme première réplique française, GT Turbo et 205 GTI comme duel fratricide made in France — a durablement structuré l'image de la petite sportive européenne des années 1980. Il illustre aussi, à l'échelle de ce corpus encyclopédique multi-marques, l'intérêt de recouper les dossiers consacrés à des véhicules a priori distincts lorsque leurs trajectoires commerciales et techniques s'entrecroisent aussi étroitement.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
renault-5.net (+ recoupement direct avec les corpus volkswagen-golf-1/ et peugeot-205/ de ce même projet)
Date d'extraction
11 sept. 2026
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