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§ 01 · Histoire et modèles

Après la faillite — le devenir des usines et des outillages

Borgward / Isabella · 2 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

La disparition du groupe Borgward en 1961 ne signifie pas la disparition immédiate de ses usines : leurs terrains, leurs bâtiments et une partie de leurs machines-outils trouvent rapidement acquéreur, dans une redistribution industrielle qui a durablement marqué le paysage économique de Brême.

L'usine de Sebaldsbrück : de Hanomag à Mercedes-Benz

Le site historique de production automobile de Bremen-Sebaldsbrück est racheté par le constructeur de véhicules lourds Henschel, basé à Kassel. Henschel fusionne à son tour en 1969 avec l'entreprise hanovrienne Hanomag ; en 1972, c'est finalement la branche poids lourds de l'ensemble Hanomag-Henschel qui passe sous le contrôle de Mercedes-Benz, qui y produit d'abord son fourgon T1 avant d'y installer, à partir de 1978, la fabrication du break de la gamme W123. L'usine où fut construite l'Isabella est ainsi restée, sans discontinuer, un site de production automobile jusqu'à aujourd'hui — propriété actuelle, pour partie, du groupe Mercedes-Benz et de l'entreprise d'électronique de défense Atlas Elektronik.

Le site des Lloyd-Motoren-Werke : la reconversion Siemens

Les bâtiments et une partie du parc de machines des Lloyd-Motoren-Werke, situés rue Richard-Dunkel-Straße à Bremen-Neustadt, sont rachetés dès avant l'ouverture formelle de la procédure de faillite par le groupe Siemens, pour un montant de 29,8 millions de DM. Siemens y installe une fabrication de moteurs électriques, employant à cette occasion, selon plusieurs témoignages recueillis par la presse régionale, un certain nombre d'anciens salariés du groupe Borgward — une forme de continuité industrielle locale au milieu de la casse sociale provoquée par la faillite.

Les outillages vendus à l'export : la seconde vie mexicaine

Une partie significative de l'outillage de production de l'Isabella et du P100 ne reste pas en Allemagne : elle est vendue et expédiée au Mexique, où elle permet la poursuite de la fabrication de ces deux modèles jusqu'au début des années 1970 sous des marques locales (voir Une production internationale précoce — Argentine, Mexique, Indonésie).

Un choc économique dont l'onde longue dépasse Borgward

Pour Brême, la faillite Borgward constitue, selon la presse régionale elle-même, la toute première grande faillite industrielle de l'après-guerre économique allemand — un choc dont l'ampleur (environ 20 % de la population active brêmoise directement concernée, voir La chronologie de la faillite de 1961) a conduit plusieurs commentateurs à la relier, avec le recul, à d'autres grandes crises industrielles ultérieures de la ville : la crise des chantiers navals et la faillite de l'AG Weser en 1982, puis celle du groupe Bremer Vulkan en 1997. Ce rapprochement, avancé notamment par le Weser-Kurier à l'occasion du cinquantième anniversaire de la fermeture de l'usine, relève de l'interprétation historique plus que du fait établi, mais illustre la place durable qu'occupe encore aujourd'hui le souvenir de Borgward dans l'identité industrielle de la ville (voir L'héritage de Borgward dans l'identité brêmoise).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org (+ recoupements veikkos-archiv.com, weser-kurier.de)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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