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§ 01 · Histoire et modèles

Sous pavillon British Leyland (1972-1975) — Geoffrey Robinson, la Regent et les plans d'expansion déçus

Innocenti (Mini italienne) · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un plan industriel ambitieux

Le rachat officialisé le 6 mai 1972 (voir 1966-1972 — la mort de Ferdinando Innocenti et les années d'incertitude sous Luigi) place à la tête de l'entreprise renommée Innocenti Leyland un jeune cadre britannique de 32 ans, Geoffrey Robinson, remarqué pour son habileté dans la conduite des négociations de rachat. Dès la fin de l'année 1972, Robinson présente un plan d'expansion ambitieux : porter la production annuelle de Mini de 56 452 unités (1971) à 100 000, exporter la Mini Innocenti vers la France, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas, et lancer à Lambrate une nouvelle berline, la Regent — version italienne de l'Austin Allegro britannique. Selon ce plan, l'ensemble industriel de Lambrate devait atteindre une capacité de 110 000 véhicules par an ; une nouvelle citadine, reprenant la mécanique Mini mais avec un style repris des prototypes Bertone déjà commandés en interne à la fin des années 1960 (voir le projet Bertone à moteur 750 cm³ évoqué dans 1966-1972 — la mort de Ferdinando Innocenti et les années d'incertitude sous Luigi), était également à l'étude — elle deviendra la Mini 90/120 (voir De Tomaso reprend Innocenti (1976) et relance la Mini 90/120 dessinée par Bertone).

Une modernisation industrielle insuffisante

Ce plan suscite rapidement des réserves internes : il ne prévoit pas de véritable modernisation des installations, déjà dépassées dès leur construction en 1960 (voir L'accord avec BMC (1959-1960) et le lancement de l'Innocenti A40), mais seulement leur extension. Les limites de cette approche apparaissent dès la montée en cadence de la Mini, en particulier sur les ateliers de peinture, dont l'agrandissement dégrade les conditions de travail des ouvriers tout en augmentant sensiblement le taux de rebut. Ces difficultés atteignent un seuil critique fin 1973, au moment où démarre justement la production de la Regent.

Le choc pétrolier de 1973

À l'automne 1973, la crise pétrolière frappe durement les ventes Innocenti : le marché n'absorbe plus l'intégralité des voitures sortant des chaînes de Lambrate. Pour limiter les dégâts, la production est réduite et les exportations intensifiées via le réseau commercial de la maison mère britannique. Dans ce climat déjà tendu, Innocenti accélère malgré tout le calendrier de lancement de ses nouveaux modèles Mini 90 et Mini 120, dont la nouvelle carrosserie impose une réoutillage complet de l'atelier d'emboutissage (voir De Tomaso reprend Innocenti (1976) et relance la Mini 90/120 dessinée par Bertone). Lancées en novembre 1974, elles rencontrent un succès stylistique certain, mais la conjoncture empêche la réussite commerciale que le modèle aurait mérité : les invendus s'accumulent, alourdissant dangereusement la situation financière d'Innocenti Leyland, contrainte de recourir au chômage partiel (la « cassa integrazione » italienne).

Des Mini italiennes préférées à l'export, mais bridées par la maison mère

Paradoxe de la période : au moment même où la maison mère britannique, elle-même en grave difficulté financière et bientôt nationalisée, réduit les capacités d'exportation allouées à sa filiale italienne pour préserver ses propres ventes sur le marché européen, les Mini construites à Milan sont pourtant préférées par la clientèle française, allemande et suisse aux versions anglaises, jugées plus raffinées et plus soignées dans le détail (voir Une Mini plus raffinée que l'originale — la réputation de finition supérieure d'Innocenti) — un potentiel commercial largement contrarié par les arbitrages capitalistiques du groupe.

La lignée Regent, un succès modeste

Contrairement à la Mini, la Regent (version Innocenti de l'Austin Allegro, produite entre 1973 et 1975/1976 selon les sources) ne rencontre qu'un succès limité, avec environ 3 000 exemplaires assemblés selon le tableau de production du Registro Storico Innocenti — un volume sans commune mesure avec celui de la Mini, et le seul modèle Innocenti de l'ère British Leyland à ne pas reposer sur la mécanique Mini.

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Provenance de cette fiche
Site source
registroinnocenti.org (Registro Storico Innocenti)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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