La fusion Maserati (1985), le rachat par Fiat (1989-1990) et la fin de la marque (1996)
Le mariage avec Maserati
D'importantes pertes financières contraignent la Nuova Innocenti à une recapitalisation en août 1984, qui rend à la GEPI la majorité du capital tout en laissant à Alejandro De Tomaso la gestion opérationnelle. En juin 1985, après plusieurs mois de négociations menées sous la pression de la GEPI, la Nuova Innocenti fusionne juridiquement avec Maserati — elle-même propriété De Tomaso —, dans le but d'unifier formellement deux entreprises déjà intégrées de fait dans leur fonctionnement industriel. L'entité Officine Alfieri Maserati absorbe ainsi la Nuova Innocenti, dont le nom ne subsiste plus que comme marque commerciale ; la GEPI conserve la majorité du nouvel ensemble, De Tomaso et Chrysler (entré au capital de Maserati en vue d'un projet de voiture assemblée à Lambrate) restant actionnaires minoritaires. Dans les mêmes années, l'usine de Lambrate assure aussi la production de carrosseries et l'assemblage final de la Maserati Biturbo, de la Quattroporte, et de la Chrysler TC by Maserati.
Fiat prend pied dans l'ensemble Innocenti-Maserati
Entre fin 1989 et début 1990, Alejandro De Tomaso solde la participation de la GEPI ; une nouvelle structure, « MASERATI spa », prend le contrôle des installations de Lambrate, détenue à 51 % par De Tomaso et à 49 % par Fiat, qui dispose en outre d'un droit de préemption sur la part majoritaire. Cet accord de collaboration prévoit notamment l'assemblage à Lambrate de la Fiat Panda. Simultanément, Fiat rachète 51 % de la société commerciale « Innocenti Milano spa », chargée de la distribution des voitures Innocenti.
Le badge Innocenti apposé sur des Fiat étrangères
En 1992, une nouvelle voiture rejoint la gamme Innocenti aux côtés de la Mini rebaptisée « small 500 » et « small 990 » : la Koral, dérivée de la Fiat 127 et fabriquée dans les usines yougoslaves de Zastava. Entre 1989 et 1993, les effectifs de Lambrate se réduisent progressivement jusqu'à la fermeture définitive du site historique : à 17h30 le 31 mars 1993, environ 1 000 salariés quittent pour la dernière fois les ateliers de la viale Rubattino — le terrain devant accueillir, selon le projet de reconversion retenu, un centre commercial. Quelques mois plus tard, Fiat rachète à De Tomaso le solde de sa participation dans Maserati.
Un nom de façade pour des Fiat brésiliennes et polonaises
Dans les années qui suivent la fermeture de Lambrate, la marque Innocenti continue d'exister comme simple étiquette commerciale apposée, sur le marché italien uniquement, sur des modèles Fiat fabriqués à l'étranger : l'Elba (version familiale de la Fiat Duna, alias Fiat Uno Weekend brésilienne), la Mille (Fiat Uno brésilienne) et la Mille Clip (Fiat Uno seconde série, fabriquée en Pologne) ; le nom Innocenti orne aussi la calandre du minivan six places Porter6, fabriqué par Piaggio. Cette commercialisation résiduelle s'arrête en 1996 (annonce faite en février de cette année-là) selon le Registro Storico Innocenti et Wikipédia anglophone (citant Automotive News), même si certaines sources situent la disparition effective des dernières Elba en concession jusqu'en 1997.
Ce qui reste du site de Lambrate
Des installations de la Nuova Innocenti-Maserati, il ne subsiste aujourd'hui presque rien : le site a été rasé pour laisser place à un quartier résidentiel et commercial. Seuls survivent la palazzina de bureaux de la via Pitteri, reconvertie en résidence pour personnes âgées, le Centro Studi, aujourd'hui utilisé comme entrepôt, et le « Palazzo di Cristallo », premier bâtiment parallèle au viaduc du périphérique, qui abritait dès 1960 les lignes de production de l'A40 (voir L'accord avec BMC (1959-1960) et le lancement de l'Innocenti A40). La marque Innocenti, non réutilisée depuis, demeure la propriété de Fiat Auto Spa.
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- Site source
- registroinnocenti.org (Registro Storico Innocenti)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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