Innocenti — vue d'ensemble d'une trajectoire industrielle italienne (1933-1996)
Le nom Innocenti désigne, de 1933 à 1996, une entreprise industrielle milanaise installée au quartier de Lambrate, dont l'automobile n'aura finalement occupé qu'une partie de l'existence — et jamais la totalité de l'activité, qui reste jusqu'au bout adossée à la mécanique lourde et à la tuyauterie d'acier. Cette fiche sert de point d'entrée chronologique au dossier ; chaque étape renvoie vers une fiche dédiée pour le détail.
Des tubes d'acier à la Lambretta (1933-1960)
Fondée en 1933 à Lambrate par l'industriel toscan Ferdinando Innocenti (voir Ferdinando Innocenti — du fer forgé toscan à l'industrie automobile milanaise), la société se bâtit d'abord sur l'échafaudage tubulaire breveté et la mécanique lourde. C'est seulement après la Seconde Guerre mondiale, cherchant à reconvertir un outil industriel voué à l'armement, que Ferdinando Innocenti lance un deux-roues à bas coût : la Lambretta, présentée en 1947 (voir La naissance de la Lambretta (1944-1951) et son réseau mondial de licences). Le succès du scooter, diffusé sous licence sur les cinq continents, finance une diversification industrielle allant jusqu'à la construction complète d'une aciérie pour l'État vénézuélien (voir Au-delà de la voiture — la mécanique lourde Innocenti et l'aciérie de l'Orénoque).
L'entrée dans l'automobile (1960-1965)
Poussé par son fils Luigi Innocenti, vice-président dès 1958, Ferdinando Innocenti signe en juillet 1959 un accord de licence avec la British Motor Corporation (BMC) pour produire l'Austin A40 à Lambrate : les premières Innocenti A40 sortent des chaînes fin 1960 (voir L'accord avec BMC (1959-1960) et le lancement de l'Innocenti A40). Suivent un spider dessiné par Ghia sur mécanique Austin-Healey Sprite (voir Le spider Innocenti 950/1100 et le coupé C — une mécanique Austin-Healey Sprite en habit Ghia), une berline moyenne de standing, l'IM3 (voir L'IM3 et ses héritières i4/i5 — la berline de standing d'Innocenti), et un projet resté secret de grand tourisme à moteur Ferrari V6, le 186 GT, interrompu en 1964 (voir L'Innocenti 186 GT — le grand tourisme secret à moteur Ferrari V6).
L'ère de la Mini italienne (1965-1972)
Fin 1965, Innocenti lance sa propre version de la Mini BMC, avec une carrosserie entièrement produite à Lambrate et une finition volontairement supérieure à l'original britannique (voir Le lancement de la Mini Innocenti (1965) et la lignée Cooper jusqu'à l'Export 1300 et Une Mini plus raffinée que l'originale — la réputation de finition supérieure d'Innocenti). Ferdinando Innocenti meurt en juin 1966 ; son fils Luigi lui succède mais l'entreprise entre dans une période d'incertitude croissante, marquée par des renouvellements de contrat au coup par coup avec BMC puis British Leyland (voir 1966-1972 — la mort de Ferdinando Innocenti et les années d'incertitude sous Luigi).
La parenthèse British Leyland (1972-1976)
En mai 1972, la British Leyland Motor Corporation (BLMC) rachète Innocenti, rebaptisée Leyland Innocenti, et lance un ambitieux plan d'expansion incluant une berline italienne dérivée de l'Austin Allegro, la Regent (voir Sous pavillon British Leyland (1972-1975) — Geoffrey Robinson, la Regent et les plans d'expansion déçus). Le choc pétrolier de 1973 puis la faillite de British Leyland précipitent une crise sociale majeure : licenciements annoncés, occupation de l'usine pendant 132 jours fin 1975-début 1976 (voir La crise de 1975 — licenciements annoncés, l'offre Honda et les 132 jours d'occupation de Lambrate).
L'ère De Tomaso (1976-1990)
En février 1976, l'homme d'affaires italo-argentin Alejandro De Tomaso, épaulé par l'organisme public GEPI, reprend l'entreprise sous le nom Nuova Innocenti. Il commercialise la Mini entièrement redessinée par Bertone, déjà lancée en novembre 1974 sous BLMC : les Mini 90 et 120 (voir De Tomaso reprend Innocenti (1976) et relance la Mini 90/120 dessinée par Bertone), puis une version sportive « De Tomaso » et une finition « Mille » (voir La Mini De Tomaso et la Mille — les versions sportive et haut de gamme de l'ère De Tomaso). En 1982, la fin du contrat moteur avec British Leyland pousse De Tomaso vers un accord avec le japonais Daihatsu : la Mini conserve sa carrosserie Bertone mais reçoit une mécanique entièrement nouvelle (voir 1982 — la rupture avec British Leyland et le passage à la mécanique Daihatsu et Le Turbo De Tomaso, l'aventure canadienne et les cousines Daihatsu Charade De Tomaso).
Le crépuscule Fiat et la fin de la marque (1985-1996)
Une fusion juridique avec Maserati (elle aussi propriété De Tomaso) intervient en 1985, avant que Fiat ne prenne le contrôle complet de l'ensemble Innocenti-Maserati entre 1989 et 1993, date de la fermeture définitive de l'usine de Lambrate. Le nom Innocenti survit encore quelques années comme simple étiquette commerciale apposée sur des Fiat brésiliennes et polonaises, avant sa disparition en 1996-1997 (voir La fusion Maserati (1985), le rachat par Fiat (1989-1990) et la fin de la marque (1996)). Au total, l'entreprise aura produit un peu moins d'un million d'automobiles en trente-trois ans (voir l'enquête chiffrée Combien de voitures Innocenti au total ? Enquête chiffrée et divergences de production).
Une histoire aux ramifications multiples
Ce dossier documente également les marges de cette histoire centrale : la licence espagnole parallèle Authi, distincte d'Innocenti mais fondée sur les mêmes accords BMC (voir Authi en Espagne — l'autre Mini continentale, une licence BMC distincte d'Innocenti), et le succès commercial de la Mini italienne qui pousse Fiat lui-même à réagir en lançant l'Autobianchi A112 (projet X1/2), déjà documenté dans le dossier autobianchi-a112/ de ce corpus (voir Genèse de l'Autobianchi A112 — répondre à la Mini construite par Innocenti (projet X1/2)).
Voir aussi
- Ferdinando Innocenti — du fer forgé toscan à l'industrie automobile milanaise · La naissance de la Lambretta (1944-1951) et son réseau mondial de licences · L'accord avec BMC (1959-1960) et le lancement de l'Innocenti A40 · Le lancement de la Mini Innocenti (1965) et la lignée Cooper jusqu'à l'Export 1300 · De Tomaso reprend Innocenti (1976) et relance la Mini 90/120 dessinée par Bertone · 1982 — la rupture avec British Leyland et le passage à la mécanique Daihatsu · La fusion Maserati (1985), le rachat par Fiat (1989-1990) et la fin de la marque (1996) · Combien de voitures Innocenti au total ? Enquête chiffrée et divergences de production · Innocenti — la Mini à l'italienne, de Lambrate à De Tomaso et Fiat
- Site source
- registroinnocenti.org (Registro Storico Innocenti)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Une Mini plus raffinée que l'originale — la réputation de finition supérieure d'InnocentiInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Genèse de l'Autobianchi A112 — répondre à la Mini construite par Innocenti (projet X1/2)Autobianchi A112 · Histoire et modèles
- Le lancement de la Mini Innocenti (1965) et la lignée Cooper jusqu'à l'Export 1300Innocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Combien de voitures Innocenti au total ? Enquête chiffrée et divergences de productionInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Au-delà de la voiture — la mécanique lourde Innocenti et l'aciérie de l'OrénoqueInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Le spider Innocenti 950/1100 et le coupé C — une mécanique Austin-Healey Sprite en habit GhiaInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Sous pavillon British Leyland (1972-1975) — Geoffrey Robinson, la Regent et les plans d'expansion déçusInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- 1966-1972 — la mort de Ferdinando Innocenti et les années d'incertitude sous LuigiInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- L'Innocenti 186 GT — le grand tourisme secret à moteur Ferrari V6Innocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- La naissance de la Lambretta (1944-1951) et son réseau mondial de licencesInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- 1982 — la rupture avec British Leyland et le passage à la mécanique DaihatsuInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- L'IM3 et ses héritières i4/i5 — la berline de standing d'InnocentiInnocenti (Mini italienne) · Histoire et modèles
- Authi en Espagne — l'autre Mini continentale, une licence BMC distincte d'InnocentiInnocenti (Mini italienne)
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