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§ 01 · Histoire et modèles

La Continental de 1961 — lancement de la quatrième génération, un contre-pied stylistique assumé

Lincoln Continental · 1956–1957 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Toute la gamme Lincoln réduite à un seul nom

Pour l'année modèle 1961, Lincoln prend une décision radicale : abandonner les séries Capri et Premiere héritées des années 1950 et vendre l'intégralité de sa gamme sous le seul nom Continental — sans le suffixe « Mark », disparu depuis 1960. La nouvelle génération n'est proposée qu'en deux carrosseries : une berline quatre portes et un cabriolet quatre portes (voir Le cabriolet quatre portes Continental (1961-1967) — une configuration unique dans l'automobile américaine d'après-guerre) — l'absence de coupé deux portes, alors le style de carrosserie le plus vendu chez Cadillac (environ 20 % des ventes de la marque), est un choix assumé pour ne pas alourdir les coûts d'outillage et risquer de compromettre le soutien de McNamara au projet.

Une cure d'amaigrissement chiffrée

Par rapport à la Lincoln 1960 qu'elle remplace — un véhicule que McNamara comme le directeur général Lincoln-Mercury Ben Mills jugeaient excessif — la nouvelle Continental de 1961 perd près de 38 cm de longueur hors tout (de 5,77 m à 5,40 m) et environ 20 cm d'empattement (de 3,33 m à 3,12 m), tout en restant plus lourde que ses rivales directes Cadillac et Imperial. La hauteur diminue également, de 1,44 m à 1,36 m, ce qui impose l'adoption d'un tunnel de transmission plus bas rendu possible par un joint de cardan double inédit à l'avant de l'arbre de transmission, afin de préserver la garde au toit. Malgré cette réduction, le poids à vide ne baisse que de 148 kg, et une Continental équipée de la climatisation dépasse toujours les 2,3 tonnes.

Une architecture partagée avec la Thunderbird

La nouvelle génération reprend, en la rallongeant, la plateforme monocoque développée pour la Thunderbird 1961 — les deux modèles étant assemblés sur la même chaîne de l'usine de Wixom, Michigan, seule usine Ford alors équipée pour construire de grandes carrosseries autoporteuses. Le moteur reste, pour l'essentiel, le V8 MEL de 430 pouces cubes hérité du Mark V — voir La famille de V8 MEL — du 430 pouces cubes de 1958 au 460 « 385-series » de 1968 pour le détail de cette famille de moteurs.

Fiabilité et prix : les deux obsessions de McNamara

Conformément à l'exigence posée par McNamara (voir Robert McNamara et Ford — le vice-président qui a sauvé Lincoln avant de partir pour Washington), chaque exemplaire subit un rodage complet au banc dynamométrique puis un essai routier d'environ 19 km avant expédition chez le concessionnaire — la voiture arrive donc déjà quasiment rodée chez son premier propriétaire. Une garantie de 2 ans/38 600 km, la plus longue du marché américain à l'époque, accompagne ce lancement. Côté tarif, la berline démarre à 6 067 $ — soit 569 $ de plus qu'une Cadillac Sedan de Ville et 423 $ de plus qu'une Imperial Crown Southampton quatre portes — un positionnement délibérément haut de gamme, encore renforcé une fois les options ajoutées (la climatisation notamment fait grimper la facture à environ 7 000 $, soit le prix de deux Ford Galaxie bien équipées).

Un accueil critique triomphal, des ventes seulement correctes

La nouvelle Continental remporte le prix d'excellence en ingénierie 1961 décerné par le magazine Car Life, ainsi qu'une médaille de bronze de l'Industrial Design Institute — une distinction rarissime pour une automobile. Les ventes, en revanche, ne progressent que marginalement par rapport au très mauvais millésime 1960 : 25 160 exemplaires selon Wikipédia (25 164 selon Ate Up With Motor — écart mineur et non significatif), contre 24 820 l'année précédente. L'année 1961 n'est certes pas favorable à l'ensemble de l'industrie automobile américaine, mais la direction de Lincoln espérait manifestement un meilleur résultat pour une voiture saluée aussi unanimement par la critique. McNamara, entre-temps devenu secrétaire à la Défense de John F. Kennedy, n'est plus en poste chez Ford lorsque ce bilan commercial mitigé est dressé.

Une rentabilité retrouvée, un rival toujours dominant

Les ventes des millésimes 1962 et 1963, quasiment identiques sur le plan esthétique, progressent légèrement — voir La Continental 1961-1963 — trois millésimes presque identiques, quelques évolutions discrètes — mais Cadillac continue de vendre environ cinq fois plus de voitures que Lincoln sur cette période. Lincoln redevient néanmoins rentable, fût-ce marginalement, mettant fin aux années de pertes qui menaçaient la survie même de la marque. 1962 marque également le retour de Lincoln sur le segment de la limousine, le carrossier Lehmann-Peterson commençant à proposer des Continental rallongées en petites séries.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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