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§ 01 · Histoire et modèles

Le choc pétrolier de 1973 et l'effondrement des ventes du rotatif Mazda

Mazda RX-7 · 1978–1985 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Fin 1973, Toyo Kogyo est au sommet de sa forme commerciale : plus de 450 000 véhicules produits sur l'année, des usines de montage ouvertes en Malaisie, en Indonésie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud, des ventes américaines ayant presque doublé en un an. Le rotatif est alors perçu comme la meilleure réponse au futur Clean Air Act américain sur les oxydes d'azote : plus de quatre Mazda vendues sur cinq aux États-Unis embarquent un moteur rotatif, et la marque espère atteindre 100 % dès 1975. Même General Motors verse 50 millions de dollars pour une licence NSU/Curtiss-Wright, tandis que Nissan et Toyota prennent chacun une licence Wankel en 1971 et 1972.

Un moteur déjà fragilisé avant même la crise

Trois problèmes minaient pourtant déjà la position de Toyo Kogyo. D'abord le taux de change : l'abandon du système de Bretton Woods par l'administration Nixon en août 1971 fait grimper le yen d'environ ¥360 à ¥270 pour un dollar dès 1973, renchérissant mécaniquement les prix américains des Mazda. Ensuite, la fiabilité perçue : contrairement à l'expérience de NSU, les joints d'apex et d'angle des moteurs Mazda se révèlent étonnamment robustes à l'usage (des démontages de moteurs à haut kilométrage réalisés par la presse automobile américaine confirment une usure minime à cet endroit précis), mais les joints toriques entre carters de rotor et flasques latéraux, eux, souffrent de la chaleur résiduelle du rotatif — un point que Mazda mettra plusieurs années à corriger complètement (voir NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même invention). Enfin la consommation : passé au nouveau cycle de test de l'agence américaine de l'environnement (EPA), une Mazda RX-2 de 1973 affiche à peine 10,6 mpg (22,2 l/100 km), la classant au niveau des plus grosses berlines américaines à moteur V8.

L'embargo de l'OPEP, un coup d'arrêt brutal

Le 6 octobre 1973, jour de Yom Kippour, une coalition égypto-syrienne attaque les positions israéliennes du Sinaï et du Golan ; le 19 octobre, en représailles à l'aide militaire américaine à Israël, l'OPEP décrète un embargo pétrolier sur les États-Unis. Le baril passe d'environ 3 dollars à près de 12 dollars début 1974, le prix de l'essence américaine grimpe de 36 à 60 cents le gallon, des files d'attente et des rationnements (achat les jours pairs ou impairs selon la plaque d'immatriculation) apparaissent aux stations-service. Partout dans le monde, l'appétit du public se reporte brutalement sur les petites voitures économes — un coup dur pour une marque dont le moteur signature a la réputation, largement méritée, d'être un « gouffre à essence ».

Des chiffres de vente en chute libre

L'ampleur du choc se lit dans les chiffres de production : le birotor Capella/RX-2 tombe de 54 962 unités en 1973 à seulement 7 656 en 1974 ; la Savanna/RX-3 passe de 105 819 à 29 678 sur la même période. Les ventes globales de Mazda chutent d'environ 30 % au Japon et de plus de 40 % aux États-Unis. Fin 1974, Toyo Kogyo se retrouve avec des stocks invendus estimés à 140 000 véhicules au Japon et plus de 50 000 aux États-Unis ; l'entreprise perd un cinquième de sa force de vente domestique en un an, et Dick Brown, l'artisan américain du développement du réseau de concessionnaires Mazda, démissionne en juillet 1974.

Une onde de choc qui emporte les autres tentatives de rotatif

Le choc pétrolier refroidit durablement l'enthousiasme du reste de l'industrie pour le moteur rotatif : General Motors suspend indéfiniment son programme Wankel en septembre 1974, et la coentreprise Comotor, associant Citroën et NSU, s'effondre après l'échec commercial de la Citroën GS Birotor (voir NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même invention et, dans le corpus nsu-ro80/, Comobil et Comotor — les coentreprises NSU-Citroën autour du moteur Wankel). La Ro 80 de NSU survivra tant bien que mal jusqu'en 1977 (voir 19 avril 1977 — la fin de la Ro 80 et l'extinction du nom NSU dans nsu-ro80/), mais après cette date, Toyo Kogyo reste seule à poursuivre le développement du rotatif — un isolement qui manque de peu de lui être fatal (voir 1975-1977 — la quasi-faillite de Toyo Kogyo et le sauvetage par la Sumitomo Bank).

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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