La licence Wankel de 1961 — comment Toyo Kogyo a acheté le droit d'exploiter le moteur rotatif en Asie
Après les premiers contacts pris début 1960 (voir La stratégie Matsuda — pourquoi Toyo Kogyo a parié son avenir sur une technologie que personne d'autre ne maîtrisait), Tsuneji Matsuda se rend en personne à Neckarsulm en octobre 1960 avec une délégation d'ingénieurs pour observer les moteurs de développement de NSU et négocier une licence. Toyo Kogyo n'est pas la seule entreprise intéressée : dès octobre 1958, NSU avait déjà cédé les droits exclusifs et sous-licenciables pour les États-Unis à la société aéronautique américaine Curtiss-Wright, pour 2,1 millions de dollars plus 5 % de redevance par moteur, et recevra au total plus de cent demandes de licence dans le monde, des tondeuses à gazon aux moteurs diesel industriels (voir Les licenciés du moteur Wankel dans le monde — NSU au centre d'un réseau industriel mondial dans le corpus nsu-ro80/).
Un contrat signé en janvier 1961
Les négociations aboutissent à un contrat signé en janvier 1961, approuvé par le MITI (ministère japonais du Commerce international et de l'Industrie) à la mi-1961. Le montant de la redevance de licence rapporté est de ¥280 millions, soit environ 780 000 dollars au taux de change de l'époque — une somme considérable pour une entreprise de la taille de Toyo Kogyo. L'accord donne à Toyo Kogyo le droit d'utiliser et de vendre le moteur rotatif au Japon et en Asie ; l'autorisation d'en exporter les véhicules équipés en dehors de cette zone ne sera obtenue que plus tard, ce qui explique que la Cosmo Sport n'ait d'abord été commercialisée qu'au Japon (voir La Cosmo Sport 110S (1967) — la première Mazda à moteur rotatif).
Un pari signé avant même d'avoir un moteur qui fonctionne
Point crucial souvent oublié : au moment où l'accord est approuvé, NSU elle-même n'avait pas encore mis au point un moteur rotatif prêt pour la production en série. Les premiers prototypes monorotor souffraient d'un ralenti très irrégulier et d'une consommation d'huile considérable. Toyo Kogyo achète donc moins un produit fini qu'un pari technologique — et découvre très vite, en tentant de faire fonctionner ses propres moteurs, l'ampleur des problèmes à résoudre (voir Kenichi Yamamoto et les « 47 Ronin » — comment Mazda a résolu le problème des joints d'apex là où NSU avait échoué).
Une clause d'échange technique décisive
Les contrats de licence signés par NSU comportaient une clause importante : en échange de la cession de son brevet, NSU obtenait un droit de regard sur les avancées techniques développées par chacun de ses licenciés. Cette clause permettra aux deux entreprises de rester informées, tout au long des années 1960 et 1970, des solutions techniques mises au point de part et d'autre — sans empêcher chacune de suivre sa propre voie sur des points clés comme l'étanchéité des joints d'apex, où les choix de Toyo Kogyo se révéleront finalement plus robustes que ceux de NSU (voir NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même invention).
Voir aussi
- La stratégie Matsuda — pourquoi Toyo Kogyo a parié son avenir sur une technologie que personne d'autre ne maîtrisait
- Kenichi Yamamoto et les « 47 Ronin » — comment Mazda a résolu le problème des joints d'apex là où NSU avait échoué
- La Cosmo Sport 110S (1967) — la première Mazda à moteur rotatif
- NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même invention
- Site source
- ateupwithmotor.com (+ recoupements Wikipédia)
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La Cosmo Sport 110S (1967) — la première Mazda à moteur rotatifMazda RX-7 · Histoire et modèles
- Les licenciés du moteur Wankel dans le monde — NSU au centre d'un réseau industriel mondialNSU Ro 80 · Moteur
- Kenichi Yamamoto et les « 47 Ronin » — comment Mazda a résolu le problème des joints d'apex là où NSU avait échouéMazda RX-7 · Moteur
- NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même inventionMazda RX-7 · Moteur
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- Kenichi Yamamoto et les « 47 Ronin » — comment Mazda a résolu le problème des joints d'apex là où NSU avait échouéMazda RX-7
- La Cosmo Sport 110S (1967) — la première Mazda à moteur rotatifMazda RX-7
- Genèse du projet Cosmo — des prototypes de 1963 aux essais d'endurance de MiyoshiMazda Cosmo Sport / Familia Rotary-R100
- NSU contre Mazda — deux trajectoires industrielles opposées pour la même inventionMazda RX-7
- Toyo Kogyo avant la voiture — du liège aux machines-outils, la naissance de MazdaMazda RX-7