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§ 01 · Histoire et modèles

De Tomaso Mangusta — la répétition générale avant la Pantera (1966-1971)

De Tomaso Pantera · 1971–1992 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Le nom, un clin d'œil assumé à la Shelby Cobra

« Mangusta » signifie mangouste en italien — l'animal réputé pour chasser et tuer sans crainte les cobras. Le nom est un trait d'humour explicite à l'égard de la Shelby Cobra de Carroll Shelby (voir Carroll Shelby — du volant du Mans à la Cobra, avant la rencontre avec la Mustang dans le corpus ford-mustang/), alors la référence des GT à moteur Ford V8. Présentée au Salon de Turin de 1966, la Mangusta marque le passage de De Tomaso des petites cylindrées européennes (le 4 cylindres Ford Cortina de la Vallelunga, voir De Tomaso Vallelunga — la première voiture de route (1963-1967)) à un gros V8 américain — un choix décisif qui préfigure directement la formule de la Pantera cinq ans plus tard.

Un dessin de Giorgetto Giugiaro, alors jeune designer chez Ghia

La carrosserie, en acier et aluminium, est signée Giorgetto Giugiaro, alors directeur du style chez la carrozzeria Ghia — que De Tomaso rachètera l'année suivante, en 1967 (voir Le rachat de Ghia et Vignale — De Tomaso carrossier avant d'être industriel Ford). Une source spécialisée (Australian Motor Heritage Foundation) souligne que Giugiaro n'a alors que 28 ans, et présente la Mangusta comme la première réponse sérieuse des motoristes hors Italie du Nord... à la Lamborghini Miura, révélée à Genève en mars 1966 à peine huit mois plus tôt. Élément de style resté célèbre : les capots moteur en élytres façon « portes papillon » qui se soulèvent pour révéler le V8. Le châssis reste, comme sur la Vallelunga, un châssis-poutre en acier — l'architecture qui sera abandonnée sur la Pantera au profit d'une coque monocoque (voir Une coque monocoque, une première pour De Tomaso — Vignale, puis Maggiora, puis Embo).

Motorisation : un Ford V8 selon les marchés

Le moteur est un V8 Ford de 4,7 litres (289 ci) pour les marchés hors États-Unis, ou 302 ci pour le marché américain, développant environ 306 ch selon une estimation (non officielle) reprise par l'Australian Motor Heritage Foundation, pour une vitesse de pointe revendiquée supérieure à 250 km/h. La répartition des masses, très arrière (32/68 avant/arrière selon Silodrome), la rend délicate à maîtriser à la limite — un défaut de jeunesse que la Pantera corrigera en partie grâce à sa répartition plus équilibrée (44/56).

Le rendez-vous manqué avec Ford — et la raison de l'existence même de la Pantera

C'est bien la Mangusta qui attire l'attention de Ford et de Lee Iacocca, alors en quête d'une GT à moteur central capable de contrer la Chevrolet Corvette. Selon le récit détaillé recueilli par l'historien Gautam Sen auprès de Tom Tjaarda lui-même, Ford dépêche deux ingénieurs, Ray Geddes et Larry Kasanowski, pour évaluer la Mangusta en vue d'un possible partenariat — leur verdict est sans appel : la dynamique et la qualité de finition de l'intérieur sont jugées calamiteuses, et les deux hommes recommandent de développer une voiture entièrement nouvelle plutôt que d'adapter la Mangusta. C'est ce refus qui conduit directement à la naissance du projet Pantera (voir L'accord Ford-De Tomaso du 9 septembre 1969 et la naissance du nom « Pantera ») : sans lui, la Pantera n'aurait probablement jamais existé sous cette forme.

Une production confidentielle aux chiffres, une nouvelle fois, non stabilisés

La production s'achève en 1971, au moment où la Pantera prend le relais. Selon les sources : environ 400 exemplaires (Wikipédia, Silodrome), 401 (fiche modèle Wikipédia dédiée à la Mangusta) ou 402 (décompte final de Pantera International/George Pence). Écart mineur, du même ordre que celui déjà relevé sur la Vallelunga (voir De Tomaso Vallelunga — la première voiture de route (1963-1967)).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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