Saab Sonett (1955-1957, 1966-1974) — le spin-off sportif né du trois-cylindres
Sonett I : un roadster de course construit dans une grange, pour 75 000 couronnes
Au milieu des années 1950, l'ingénieur et passionné de course Rolf Mellde, avec Lars Olov Olsson, Olle Lindkvist et Gotta Svensson, dessine dans une grange d'Åsaka (près de Trollhättan) un roadster biplace léger — projet à budget dérisoire (75 000 couronnes suédoises), d'abord appelé « Saab 94 ». Sixten Sason le rebaptise Sonett, contraction de l'expression suédoise Så nätt den är (« comme elle est mignonne/nette ») ; la direction rejette d'abord ce nom avant de l'accepter en octobre 1955, à l'achèvement du premier prototype.
Le châssis, une coque autoporteuse en aluminium rivetée façon aéronautique pesant moins de 70 kg, évite délibérément le cadre tubulaire alors classique chez les petits constructeurs de sport ; la carrosserie, en matière plastique renforcée de fibre de verre (encore une nouveauté pour l'automobile de l'époque), est réalisée par un sous-traitant plasturgiste de Göteborg. Le moteur et la boîte, empruntés à la Saab 93, sont tournés à 180° et montés derrière l'essieu avant — un renversement du sens de rotation rendu trivial par la nature même du deux-temps. Présentée le 16 mars 1956 au Salon de Stockholm, la Sonett I développe 57,5 ch pour 600 kg, avec une vitesse de pointe projetée de 190 km/h. Un lot de 2 000 exemplaires est un temps envisagé pour l'homologation en compétition, mais un changement de règlement sportif — désormais plus favorable aux voitures de série modifiées qu'aux voitures spécifiquement conçues pour la course — ruine la viabilité économique du projet : seuls six exemplaires sont construits entre 1955 et 1957.
Sonett II, V4 et III : le retour du nom pour le marché américain
Le nom Sonett réapparaît dix ans plus tard, entre 1966 et 1974, pour une gamme de coupés fermés destinée avant tout au lucratif marché américain (le modèle n'est proposé sur le marché suédois que pour les millésimes 1968 et 1972). La Sonett II reprend la mécanique déjà éprouvée sur les 93/95/96, d'abord en deux-temps puis, très vite, en V4 Ford Taunus (Sonett V4) — voir Le V4 Ford Taunus sur la Saab 96 — pourquoi ce moteur et pas un autre. La Sonett III, dernière évolution, conserve l'architecture mécanique mais reçoit une carrosserie entièrement redessinée.
Un lien direct avec l'épopée rallye de la marque
La Sonett n'est pas restée cantonnée à un usage strictement routier : en 1966, Erik Carlsson l'engage au Coupe des Alpes avec un deux-temps réalésé à 940 cm³ (contre 841 cm³ de série), développant jusqu'à 93 ch et capable de tenir la cadence d'une Porsche 904 — jusqu'à un abandon sur encrassement de bougies dont l'analyse révélera, une fois le carburant expertisé par Saab, une contamination délibérée par un corps étranger. Le détail de cet épisode et du reste de la carrière de Carlsson fait l'objet de Erik Carlsson, « Mr Saab » — biographie et anecdotes de légende.
Voir aussi
- Site source
- en.wikipedia.org
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- URL d'origine
- https://en.wikipedia.org/wiki/Saab_Sonett ↗
- Le moteur deux-temps trois-cylindres Saab — architecture et évolution 1955-1968Saab 96 & Saab 99 · Moteur
- Gunnar Ljungström — l'ingénieur en chef de l'Ursaab à la Saab 99Saab 96 & Saab 99 · Histoire et modèles
- Le V4 Ford Taunus sur la Saab 96 — pourquoi ce moteur et pas un autreSaab 96 & Saab 99 · Moteur
- Erik Carlsson, « Mr Saab » — biographie et anecdotes de légendeSaab 96 & Saab 99 · Culture documentation
- Erik Carlsson, « Mr Saab » — biographie et anecdotes de légendeSaab 96 & Saab 99
- L'entretien courant du deux-temps Saab — mélange, dosage, bougiesSaab 96 & Saab 99
- Le V4 Ford Taunus sur la Saab 96 — pourquoi ce moteur et pas un autreSaab 96 & Saab 99
- Opération Kajsa : le secret industriel derrière le passage au V4Saab 96 & Saab 99