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§ 01 · Histoire et modèles

Histoire générale de Simca (1934-1980)

Simca Aronde · 1951–1963 · 6 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Simca (Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile) est un constructeur automobile français né sous licence Fiat en 1934, devenu marque généraliste à part entière avec l'Aronde (1951), puis absorbé progressivement par l'américain Chrysler (1958-1963) avant de disparaître au profit de Talbot en 1980, sous pavillon PSA. Entre ces deux dates, la marque à l'hirondelle fut, pendant les Trente Glorieuses, l'un des quatre grands constructeurs généralistes français aux côtés de Renault, Peugeot et Citroën.

Le fondateur : Henri Théodore Pigozzi

Enrico Teodoro Pigozzi à Turin en 1898, cet Italien d'abord ferrailleur arrive en France dans les années 1920. En 1926, il s'associe à Giovanni Agnelli (fondateur de Fiat) pour réorganiser l'implantation commerciale de la marque turinoise en France : c'est la création de la SAFAF (Société Anonyme Française des Automobiles Fiat), officiellement présidée par Ernest Loste (l'ancien importateur Fiat) mais dirigée dans les faits par Pigozzi, nommé directeur général. Voir le détail de cette étape fondatrice et de la naissance de Simca proprement dite dans La fondation de Simca — de la SAFAF à l'usine de Nanterre (1926-1938).

Henri Pigozzi dirige Simca sans interruption de 1935 à 1963, date à laquelle Chrysler, devenu actionnaire majoritaire, le limoge. Il meurt quelques mois plus tard, en 1964, sans avoir vu la marque qu'il avait bâtie lui survivre bien longtemps sous son nom d'origine.

Chronologie synthétique

PériodeÉtapes clés
1926Création de la SAFAF (import/assemblage Fiat en France) par Agnelli et Pigozzi
Novembre 1934Fondation de la SIMCA par Pigozzi ; rachat des usines Donnet-Zedel de Nanterre
1935-1938Production des « Simca-Fiat » sous licence (6 CV, 11 CV) ; le suffixe « Fiat » disparaît en 1938
1936Lancement de la Simca 5 (clone français de la Fiat 500 Topolino)
1937Lancement de la Simca 8 (réplique de la Fiat Ballila 1100) ; premiers succès sportifs signés Amédée Gordini
1939-1945Guerre : usine de Nanterre réquisitionnée par l'armée allemande, puis remise en état de marche pour les Alliés à la Libération
1947-1950Reprise d'après-guerre avec la Simca 6 (évolution de la 5) puis la Huit 1200 (modèle de transition)
31 mai 1951Lancement de la Simca 9 Aronde, première Simca conçue de façon autonome
Juillet 1954Rachat de l'usine Ford française de Poissy : Simca hérite de la Vedette et en devient le deuxième grand site de production
1957Lancement de l'Ariane (croisement caisse Vedette / mécanique Aronde)
1958Chrysler prend une première participation au capital de Simca ; lancement de l'Aronde P60
1961L'usine de Nanterre est cédée à Citroën ; lancement de la Simca 1000
1963Chrysler devient actionnaire majoritaire ; Pigozzi est limogé ; lancement des 1300/1500
1967-1968Lancement de la Simca 1100, première traction avant de la marque
1970Simca devient Chrysler France ; lancement de la Chrysler 160
1978Chrysler se retire d'Europe et revend ses usines françaises, espagnoles et anglaises à PSA (Peugeot)
1979-1980Transition Chrysler-Simca vers Talbot-Simca puis Automobiles Talbot ; le nom Simca disparaît le 1er juillet 1980
1986Disparition définitive de la marque Talbot

Sous licence Fiat (1934-1938)

Voir La fondation de Simca — de la SAFAF à l'usine de Nanterre (1926-1938) pour le détail complet de la création de l'entreprise et des tout premiers modèles (6 CV et 11 CV, dérivés des Fiat 508 Balilla et 518 Ardita). Retenons ici que l'émancipation vis-à-vis de Fiat est progressive : disparition du suffixe « Fiat » sur les autos en 1938, disparition du logo Fiat de l'écusson au profit d'une hirondelle (« Simca » = appétit d'oiseau, allusion à la faible consommation des modèles de la marque), et surtout lancement en 1937 du coupé Huit, premier modèle de Nanterre dont la carrosserie ne dérive pas d'une Fiat.

La Simca 5, première mini-voiture populaire construite en série

Lancée en 1936, la Simca 5 est l'équivalent français de la Fiat 500 « Topolino », elle-même conçue par le grand ingénieur turinois Dante Giacosa — considérée comme la première mini-voiture populaire produite en grande série de l'histoire de l'automobile. Détail dans La Simca 5, version française de la Fiat 500 Topolino (1936-1949) et son évolution d'après-guerre dans La Simca 6, évolution indépendante de la Simca 5 (1947-1950).

L'Aronde, l'émancipation réussie

Voir le dossier complet consacré à l'Aronde à partir de La genèse de la Simca Aronde (1948-1954). Présentée le 31 mai 1951, elle est la première Simca dont ni la mécanique ni la carrosserie ne dérivent d'un modèle Fiat existant, et le premier modèle de la marque à caisse autoportante (monocoque). Elle installe durablement Simca dans la cour des grands constructeurs généralistes français, avec une production annuelle dépassant 100 000 exemplaires jusqu'en 1959.

Le rachat de Ford France et la diversification (1954-1957)

En juillet 1954, Simca rachète la filiale française du géant américain Ford, alors en déficit chronique, et met la main sur l'usine ultramoderne de Poissy, qui deviendra le site de production majeur du groupe (l'usine de Nanterre est cédée à Citroën en 1961). Dans la corbeille se trouve la Vedette V8, commercialisée dès lors sous badge Simca. Détail dans Le rachat de Ford France et la Vedette Versailles (1954) et Vedette Chambord et Présidence, le haut de gamme Simca (1957-1963). En 1957 naît l'Ariane, croisement entre la caisse déchromée de la Versailles et le 4 cylindres de l'Aronde — voir La Simca Ariane, croisement Vedette-Aronde (1957-1963).

L'ère Chrysler (1958-1970)

Chrysler acquiert une première participation dans le capital de Poissy en 1958, puis devient actionnaire majoritaire en 1963 — année où Pigozzi est débarqué. Le processus s'achève en juillet 1970 quand Chrysler rachète les dernières parts détenues par Fiat, portant sa participation à 99,3 % du capital. Simca devient alors Chrysler France, le nom « Chrysler France » remplaçant « Simca » sur le fronton central de l'usine de Poissy le 1er juillet 1970. Cette période voit naître la Simca 1000 (1961), les 1300/1500 puis 1301/1501, et surtout la Simca 1100 (1967-1968), première traction avant de la marque. Détail dans Le rachat progressif de Simca par Chrysler (1958-1970), La Simca 1000 et ses coupés Bertone (1961-1971), Les Simca 1300/1500 puis 1301/1501, héritières de l'Aronde et de l'Ariane (1963-1975) et La Simca 1100, première traction avant de la marque (1967-1981).

La fin : PSA et Talbot (1978-1980)

Chrysler se retire d'Europe en 1978 et revend ses usines françaises (ainsi que les usines espagnoles et anglaises de Chrysler Europe) à PSA (Peugeot). Sous la pression du gouvernement français, Peugeot reprend l'ensemble et ressuscite le nom Talbot — marque que Simca avait elle-même rachetée en 1959 sans jamais l'utiliser commercialement. La transition se fait en deux temps : Chrysler-Simca devient Talbot-Simca le 10 juillet 1979, puis Chrysler France devient Automobiles Talbot le 1er janvier 1980. Le nom Simca disparaît définitivement de la production le 1er juillet 1980. La tentative de faire revivre Talbot échouera à son tour : la marque disparaît en 1986. Détail dans PSA, Talbot et la disparition du nom Simca (1978-1986).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
motorlegend.com
Auteur du site
Gilles Bonnafous (motorlegend.com), complété par le blog « Simca 5 fgb »
Date d'extraction
12 sept. 2026
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