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§ 01 · Histoire et modèles

Le rachat de Ford France et la Vedette Versailles (1954)

Simca Aronde · 1951–1963 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un rachat qui transforme Simca

En juillet 1954 intervient un événement décisif dans l'histoire de la marque : Simca rachète Ford SAF (Société Anonyme Française), la filiale française du géant de Détroit, alors en déficit chronique, et met la main sur son usine ultramoderne de Poissy. Ce site va considérablement renforcer le potentiel industriel de Simca ; il en deviendra même le site de production majeur, l'usine historique de Nanterre étant cédée à Citroën en 1961 (voir Histoire générale de Simca (1934-1980)). Dans la corbeille du rachat se trouve également la Vedette V8, jusque-là commercialisée sous le seul nom Ford et qui devient, dès lors, la Simca Vedette.

Une américaine francisée

Lancée au Salon de Paris 1954, la nouvelle Vedette Versailles — conçue et dessinée entièrement à Dearborn (Ford USA) en un temps record d'un an et demi — constitue un événement dans le paysage automobile français : c'est une voiture d'inspiration fortement américaine, comparable dans son esprit à une Opel ou une Ford Cologne hexagonale, en plein milieu des années 1950 où ce style « choque plus d'un » Français.

Pour adoucir cette identité très « yankee », Simca choisit des noms qui flattent le bon goût et évoquent, avec le Roi-Soleil, une grande époque du classicisme français :

  • Versailles : le modèle intermédiaire.
  • Trianon : la version économique et déchromée.
  • Régence : le modèle de luxe, reconnaissable à ses roues à rayons, ses baguettes chromées et sa peinture bicolore particulière.

Motorisation et faiblesses

Pour motoriser la Versailles, Simca donne un coup de fouet au vieux V8 Ford Aquilon à soupapes latérales, dérivé du célèbre « Flat head » de 3,6 litres datant de 1932 — un bloc américain plutôt paresseux qui développait 66 ch SAE sur la Vedette 1949. Poussé à 80 ch pour la Versailles et ses acolytes, il permet une croisière confortable à 110 km/h, avec un confort et un silence peu courants à l'époque sur un modèle de cette catégorie. La grande faiblesse du modèle reste son freinage, handicapé par de petites roues de 13 pouces qui ne permettent pas de monter des tambours suffisamment généreux : au-delà de 120 km/h, la voiture est réellement mise en difficulté.

La Marly, premier break français « à l'américaine »

En 1956, Simca lance la Marly, premier break français non utilitaire — une voiture de loisirs confortable et à la présentation luxueuse (elle bénéficie de la peinture bicolore), conçue sur le modèle des « station-wagons » américains, et destinée à une clientèle aisée compte tenu de son tarif.

Une voiture sans concurrente directe... jusqu'à la DS

Dans les années 1950, la France manque de modèles vraiment haut de gamme, après le retrait progressif des grandes marques de prestige alors à l'agonie (Talbot, Delahaye, Hotchkiss, Salmson). Les voitures étrangères, en particulier américaines, restent hors de portée de la classe moyenne. À l'image de ces dernières dont elle possède le look, la Versailles offre une habitabilité généreuse et un confort de qualité qui séduisent une clientèle de gens « arrivés », sinon fortunés. Elle a alors peu à redouter des modèles français équivalents — la décevante Renault Frégate ou la Citroën Traction 15 CV en fin de carrière (voir, côté Traction, La 15-Six — G, D et H (1938–1957) dans le corpus citroen-traction-avant/). C'est pourtant du Quai de Javel que viendra le danger, un an plus tard, quand Citroën révèle la DS au Salon de Paris 1955.

La suite : Chambord, Ariane, Présidence

La Versailles cède la place, en 1957, à la génération Chambord, toujours motorisée par le V8 Ford latéral (jusqu'en 1961), qui donne elle-même naissance au haut de gamme prestige Présidence — voir Vedette Chambord et Présidence, le haut de gamme Simca (1957-1963). La même année 1957 naît l'Ariane, croisement entre la caisse déchromée de la Versailles et le 4 cylindres de l'Aronde — voir La Simca Ariane, croisement Vedette-Aronde (1957-1963).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
motorlegend.com
Auteur du site
Gilles Bonnafous (motorlegend.com)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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