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§ 01 · Histoire et modèles

La Simca 1000 et ses coupés Bertone (1961-1971)

Simca Aronde · 1951–1963 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Une petite populaire à moteur arrière

Lancée en 1961, la Simca 1000 est une petite berline populaire, économique et accessible, conçue en partie comme une réponse aux difficultés du marché consécutives à la crise du canal de Suez. Son quatre cylindres à cinq paliers est disposé en porte-à-faux arrière — un choix d'architecture qui la place en concurrence directe avec la Renault 8, elle aussi à moteur arrière. Sur un marché difficile, elle parvient à se faire une place de choix : plus d'un million d'exemplaires seront diffusés en une dizaine d'années. C'est le dernier grand succès populaire lancé sous l'ère Pigozzi avant le rachat complet par Chrysler en 1963 (voir Le rachat progressif de Simca par Chrysler (1958-1970)).

Bertone contre Facel : le choix du style italien

Simca a toujours proposé des variantes coupé de ses modèles populaires (Simca 9 Sport, Aronde Coupé — voir La gamme Aronde — carrosseries et finitions (1951-1958)), et le segment n'est pas vierge en France, où la Renault Floride ainsi que les créations d'artisans comme Alpine ou René Bonnet occupent déjà une partie du terrain. Fort du succès de la 1000, Henri Pigozzi met en concurrence, sur la base mécanique de la nouvelle berline, deux carrossiers pour dessiner un coupé : le français Facel (déjà auteur des coupés et cabriolets Aronde, voir Océane et Plein Ciel, les coupés-cabriolets Facel de l'Aronde (1956-1962)) et l'italien Bertone. Bertone l'emporte largement, porté par le talent de son jeune designer Giorgetto Giugiaro. Dévoilé au Salon de Genève 1962, le Simca 1000 Coupé est commercialisé dans la foulée.

Un coupé élégant mais jugé « féminin »

La ligne, fine et équilibrée, rend la voiture très élégante — mais cette finesse manque de virilité aux yeux de la presse et du public de l'époque, d'autant que la fiche technique laisse à désirer : le moteur manque de chevaux. La Simca 1000 Coupé est rapidement cataloguée comme une voiture « féminine », au même titre que sa rivale la Renault Caravelle, dans un marché français des coupés sportifs alors bousculé par le lancement, cette même année 1962, de l'Alpine A110 et de la René Bonnet Djet. Face à ces nouvelles venues, la puissance du coupé Simca (le bloc de la berline, gonflé de quelques chevaux) paraît bien modeste ; le 944 cm³ reste alimenté par un simple carburateur Solex, la transmission s'effectue via une boîte 4 rapports synchronisés, et le freinage par quatre disques — mais le comportement routier n'a finalement rien d'une sportive. ⚠️ Divergence sur la puissance exacte : selon lautomobileancienne.com, le coupé ne gagnerait que 6 ch sur les 40 ch de la berline ; selon newsdanciennes.com, la puissance grimpe de 39 à 52 ch, pour une vitesse de pointe annoncée à 140 km/h dans les deux cas (poids réduit à 720 kg).

Autre handicap commercial : le coupé s'affiche au double du prix de la berline — une déception pour un public qui l'espérait plus accessible.

⚠️ Où était vraiment construit le coupé ? Une correction de lecteur

Le prix élevé du coupé est généralement expliqué par son mode de fabrication : les caisses auraient été construites et assemblées chez Bertone, en Italie, avant expédition vers la France pour finition — version reprise par plusieurs sources généralistes. Un commentaire déposé sous l'article de lautomobileancienne.com (Daniel Vichard, 2018) apporte cependant une correction précise et argumentée : « la 1000 Coupé était fabriquée et assemblée à Poissy, exception faite d'une série de 95 modèles spécifiques assemblés à Turin et réservés à une vente locale ». Cette précision, si elle est exacte, nuancerait sensiblement le récit habituel — elle est consignée ici comme un désaccord non tranché entre la source principale et un lecteur bien informé, faute d'une troisième source permettant de départager les deux versions.

Un succès commercial modeste, sauvé par la 1100

Entre 1962 et 1967, seuls 10 124 exemplaires du coupé sont écoulés — un succès resté timide. Sa carrière aurait même pu s'arrêter plus tôt : en 1963, Chrysler prend le contrôle de Simca (voir Le rachat progressif de Simca par Chrysler (1958-1970)) et aurait pu abandonner le projet. C'est le développement de la Simca 1100 (voir La Simca 1100, première traction avant de la marque (1967-1981)) qui fournit une mécanique neuve et plus puissante, permettant à Simca de « viriliser » son coupé en 1967 sous un nouveau nom : le 1200 S.

Le 1200 S, la revanche sportive

Lorsque Chrysler prend possession de Simca, le nouveau constructeur souhaite donner une image plus sportive à sa gamme. Bertone est à nouveau missionné pour retoucher le coupé : nouvelle calandre à l'avant, deux phares supplémentaires, prises d'air sur le capot et surtout un moteur porté à 1204 cm³ et 80 ch. Cette fois, le coupé Simca dispose enfin d'un tempérament sportif à la hauteur de sa ligne.

Les berlines sportives dérivées

Au-delà des coupés Bertone, la base de la Simca 1000 donne naissance à plusieurs berlines sportives : la 1000 Spéciale (moteur porté à 1118 cm³), puis la 1300 Rallye et la Rallye 2, une « bombe » développant 86 ch et capable de 170 km/h — des versions qui annoncent la vocation compétition que Simca puis Chrysler-Simca entretiendront jusqu'à la fin des années 1970.

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Provenance de cette fiche
Site source
lautomobileancienne.com
Auteur du site
alexrenault (lautomobileancienne.com)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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