La fin de la marque Triumph — 1981 pour les « vraies » Triumph, 1984 pour le nom lui-même
La documentation grand public résume souvent la fin de Triumph à une seule date, 1981. C'est exact pour les modèles qui ont fait la réputation sportive de la marque — mais le nom « Triumph » lui-même survit sur des voitures de série jusqu'en 1984. Cette fiche détaille cette distinction, déjà amorcée côté chronologie industrielle générale dans Des bicyclettes à Leyland — l'histoire de Standard-Triumph avant la Spitfire et la TR6.
1980 : Spitfire et Dolomite s'arrêtent en silence
La Spitfire cesse d'être produite à Canley en août 1980 (voir La Triumph Spitfire 1500 (1974-1980) — la dernière série, entre couple retrouvé et étranglement américain), en même temps que la berline compacte Dolomite — deux arrêts de production qui ne font l'objet, à l'époque, d'aucune annonce médiatique comparable à celle qui accompagnera la fermeture d'Abingdon quelques semaines plus tard chez MG (voir La fin d'Abingdon — fermeture de l'usine et arrêt de la MGB en 1980, dossier mg-b/).
1981 : la dernière « vraie » Triumph, la TR7/TR8, et la fermeture de Solihull
En mai 1981, British Leyland annonce l'arrêt imminent de la production automobile à Solihull, où la TR7 et sa version V8 la TR8 avaient été transférées après la fermeture de l'usine de Speke n°2 (1978) puis de Canley (1980). La dernière TR7 quitte les chaînes en octobre 1981 (la production de la TR8 s'étant arrêtée un peu plus tôt, à l'été). Sur les 112 000 TR7 et 2 700 TR8 environ produites entre 1975 et 1981, aucune ne verra donc de remplaçante directe (voir La fin de la TR6 et le passage à la TR7 — de « Bullet » au dessin gagnant siglé MG mais produit par Triumph pour le détail des projets de remplacement avortés, « Boxer » et « Broadside », eux aussi abandonnés avant tout stade de production). C'est cet arrêt de la TR7/TR8 qui marque, dans les faits comme dans la mémoire collective des passionnés, la fin de la tradition du roadster sportif Triumph entamée par la TR2 en 1953 (voir La lignée TR avant la TR6 — du TR2 de 1953 au TR4A de 1965) — d'où la formule, déjà présente dans la littérature spécialisée anglophone, selon laquelle la TR7/TR8 fut « la dernière vraie Triumph ».
1981-1984 : le nom Triumph survit sur une Honda japonaise rebadgée
Le nom « Triumph » ne disparaît pourtant pas immédiatement de la gamme British Leyland. Depuis 1979, le groupe s'était rapproché du constructeur japonais Honda pour contourner les quotas européens limitant les importations directes de voitures japonaises — un accord qui donne naissance, en 1981, à la Triumph Acclaim, simple version rebadgée de la Honda Ballade assemblée au Royaume-Uni. Ironie de l'histoire pour une marque bâtie sur des décennies de roadsters à propulsion et moteurs maison : la toute dernière voiture à porter le badge Triumph est une berline compacte à traction avant et moteur japonais, sans aucun lien technique avec l'héritage sportif de la marque. L'Acclaim reste commercialisée jusqu'en juin 1984 ; sa remplaçante directe, développée sur les mêmes bases avec Honda, ne reprend pas le nom Triumph mais devient la première Rover 200.
Une double date à retenir
Deux réponses sont donc légitimes à la question « quand s'arrête Triumph ? », selon ce que l'on entend par « Triumph » :
- 1981 : fin de la dernière Triumph reconnaissable comme héritière directe de la tradition sportive de la marque (TR7/TR8, elle-même seule survivante après l'arrêt de la Spitfire et de la Dolomite en 1980).
- 1984 : fin réelle et complète du badge « Triumph » sur une chaîne de production, avec l'arrêt de l'Acclaim.
Le nom Triumph n'a depuis jamais été relancé sur une automobile de série, bien que la marque de motocyclettes homonyme, restructurée indépendamment de l'activité automobile depuis les années 1980, demeure aujourd'hui active et sans lien de propriété avec les droits sur le nom « Triumph » côté automobile — ces derniers restant, au fil des rachats successifs de Rover Group puis de MG Rover, la propriété du constructeur allemand BMW.
Voir aussi
- La fin de la TR6 et le passage à la TR7 — de « Bullet » au dessin gagnant siglé MG mais produit par Triumph · La Triumph Spitfire 1500 (1974-1980) — la dernière série, entre couple retrouvé et étranglement américain · Des bicyclettes à Leyland — l'histoire de Standard-Triumph avant la Spitfire et la TR6 · Triumph et MG, rivales de toujours puis cousines forcées sous British Leyland · La fin d'Abingdon — fermeture de l'usine et arrêt de la MGB en 1980 (dossier
mg-b/)
- Site source
- ateupwithmotor.com
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
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