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§ 01 · Histoire et modèles

Giovanni Michelotti — le styliste turinois qui a dessiné (presque) toute la gamme Triumph

Triumph Spitfire & Triumph TR6 · 1962–1980 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Peu de constructeurs automobiles doivent autant à un seul carrossier extérieur que Triumph à Giovanni Michelotti (1921-1980). De la Herald à la Dolomite en passant par la Spitfire, le TR4 et la GT6, la quasi-totalité des nouveaux modèles Standard-Triumph des années 1959-1977 sort de son crayon.

Un formé de l'école turinoise, indépendant dès 1959

Né à Turin, Michelotti fait ses classes chez plusieurs grands carrossiers italiens — Stabilimenti Farina, Vignale, Carrozzeria Allemano — avant d'ouvrir son propre atelier de design en 1959. Selon un décompte souvent cité par ses admirateurs, il aurait dessiné plus de 1 200 automobiles effectivement produites au cours de sa carrière, une production considérable qui inclut des travaux pour Ferrari, Maserati et BMW (la paternité exacte de son apport sur la BMW 2002 reste toutefois discutée : le site qui rapporte ce chiffre reconnaît lui-même, en réponse à une question de lecteur, que « c'est un point disputé », tout en confirmant sa participation à des modèles BMW antérieurs).

L'entrée chez Standard : la Vanguard, puis toute la gamme

Sa collaboration avec la maison de Coventry commence par une proposition non sollicitée : il dessine de sa propre initiative un projet de restylage pour la Standard Vanguard de 1956, une berline qui rompt radicalement avec le style jusque-là conservateur de la marque. Convaincu, Standard-Triumph en fait dès lors son styliste attitré pour la quasi-totalité de ses nouveaux modèles : Herald, Spitfire, GT6, TR4 et TR4A, 2000, 1300, puis plus tard Stag et Dolomite. Michelotti travaille aussi ponctuellement pour Leyland Motors sur des projets de poids lourds, et pour British Leyland après 1968 (dont l'autobus Leyland National).

Une méthode de travail réputée pour sa rapidité

Le directeur technique de Standard-Triumph, Harry Webster, a raconté qu'il n'aurait fallu à Michelotti que moins de 24 heures pour concevoir intégralement le style de la future Triumph Herald (son premier projet de série pour la marque, lancé en 1959) et en livrer un jeu complet d'illustrations à l'échelle — une rapidité d'exécution qui deviendra sa marque de fabrique aux yeux de ses clients britanniques, alliée à des tarifs jugés très raisonnables pour la qualité livrée.

De la Herald à la Spitfire : une filiation directe

C'est précisément cette Herald de 1959 — la première commande de série de Michelotti pour la marque — qui fournit le châssis raccourci sur lequel sera bâtie la Spitfire trois ans plus tard (voir La genèse de la Triumph Spitfire — le projet « Bomb » retrouvé sous une bâche) : Michelotti habille alors le même châssis d'une carrosserie de roadster entièrement nouvelle, tout en conservant une lecture stylistique cohérente avec la berline dont elle dérive. Il signera également, plus tard, le restylage de l'arrière de la Spitfire Mark IV (1970), inspiré de ses propres dessins pour la Triumph Stag et la 2000, ainsi que le dessin original du coupé GT6 dérivé de la Spitfire (voir La Triumph GT6 — le coupé six-cylindres dérivé de la Spitfire, « E-Type du pauvre »).

Absent du restylage de la TR6 — un choix de disponibilité, pas de rupture

Fait révélateur de sa charge de travail à la fin des années 1960 : lorsque vient le moment de moderniser la carrosserie vieillissante de la TR5 PI/TR250 pour créer la TR6, Standard-Triumph et son nouveau propriétaire Leyland auraient normalement fait appel à Michelotti — mais celui-ci est alors mobilisé sur d'autres priorités du groupe, notamment le restylage des berlines 2000 et 2.5 PI. C'est ce contexte de surcharge, et non une rupture de collaboration, qui conduit Triumph à confier exceptionnellement ce chantier au carrossier allemand Karmann (voir La genèse de la TR6 — pourquoi Triumph a confié son restylage à l'Allemand Karmann) — un épisode qui montre à quel point Michelotti restait, jusqu'à la fin des années 1960, le point de passage obligé de tout nouveau projet Triumph.

Une fin de carrière associée au dernier acte du roadster Triumph

Michelotti meurt en janvier 1980, la même année que s'achève la production de la Spitfire qu'il avait dessinée dix-huit ans plus tôt. Il aura eu le temps de signer une ultime contribution notable à la lignée : le dessin de la version cabriolet de la Triumph TR7 (1979), unanimement jugée plus réussie que le coupé d'origine signé par l'équipe interne de Longbridge — un dernier clin d'œil de sa carrière à la famille des roadsters Triumph qu'il avait façonnée depuis 1959. Interrogé peu avant sa mort sur d'éventuels travaux hors de l'automobile, il aurait reconnu n'avoir dessiné, dans toute sa carrière, qu'un seul objet non automobile : une cafetière, au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

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Provenance de cette fiche
Site source
justbritish.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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