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§ 01 · Histoire et modèles

Les 100S et 100M — quand la compétition rejaillit sur la série

Austin-Healey 100/3000 (« Big Healey ») · 1953–1967 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Deux déclinaisons de l'Austin-Healey 100 ont directement puisé dans l'expérience de la compétition (voir Sebring, Mille Miglia et Le Mans — le palmarès d'endurance et le drame de 1955 et Bonneville, 1953-1956 — quatre étés à la chasse aux records de vitesse) : la 100S, sportive pure destinée aux courses, et la 100M, sa version routière atténuée.

La 100S, « S » pour Sebring

Quatre nouvelles « Special Test Cars » sont construites en 1954, dotées d'une culasse à quatre lumières conçue par Harry Weslake et d'un radiateur d'huile. L'une d'elles, pilotée par Lance Macklin et George Huntoon, termine première de sa catégorie et troisième au général aux 12 Heures de Sebring en mars 1954, malgré une soupape culbutée cassée — un résultat suffisamment remarqué pour inspirer, à l'automne 1954, le baptême de la version de série qui en découle : la 100S, pour « Sebring ». Ironie du sort, ce succès sportif se retourne temporairement contre la marque : au Mille Miglia de mai 1954, les organisateurs reclassent les Hundred dans la catégorie des plus de 2 litres, les opposant à des Ferrari et des Maserati, et à Le Mans la même année, les Hundred à freins à disque sont reléguées en catégorie prototype — Healey choisit alors de se retirer de l'épreuve, dénonçant publiquement l'écart croissant entre voitures de course et voitures de série.

Techniquement, la 100S se distingue par une carrosserie tout aluminium sans pare-chocs, un pare-brise en Perspex monobloc, un réservoir agrandi de 12 à 20 gallons impériaux, une culasse aluminium haute compression dérivée du bloc quatre lumières (132 ch, 168 lb-ft) et des freins à disque Dunlop aux quatre roues — une première mondiale sur une voiture de série selon Wikipédia. Le poids est allégé d'environ 90 kg par rapport à la Hundred standard. La teinte la plus répandue est un bicolore blanc « Old English White » sur bleu foncé « Lobelia ». Seuls 50 exemplaires de série (préfixe de châssis « AHS ») sont construits par la Donald Healey Motor Company à Warwick entre février et novembre 1955, auxquels s'ajoutent 5 voitures d'essai/compétition « SPL », soit 55 au total selon Wikipedia — un chiffre confirmé par ateupwithmotor.com. La 100S remporte sa catégorie à Sebring et au Mille Miglia en 1955.

L'ombre du drame des 24 Heures du Mans 1955

L'une des « Special Test Cars » 100S, immatriculée NOJ 393 et pilotée par Lance Macklin, est directement impliquée dans l'accident des 24 Heures du Mans de juin 1955, la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire du sport automobile : au 35ᵉ tour, la Mercedes 300SLR de Pierre Levegh percute l'arrière de la Healey de Macklin, décolle, s'écrase contre un talus et se désintègre, projetant des débris et un incendie dans la foule des spectateurs. Levegh et environ 80 spectateurs trouvent la mort, des dizaines d'autres sont blessés. Macklin lui-même n'est pas blessé, mais sa voiture est mise sous séquestre pendant plus d'un an. La production de la 100S s'arrête environ quatre mois plus tard, en novembre 1955. Un exemplaire non restauré de cette voiture précisément — celle impliquée dans l'accident — s'est vendu à un prix record de 843 000 £ (1 323 915 $) lors d'une vente Bonhams le 1er décembre 2011.

La 100M, la Sebring adoucie pour la route

Présentée au Earls Court Show d'octobre 1955, la 100M reprend le kit moteur « Le Mans » (carburateurs SU H6 plus gros, arbre à cames modifié, boîtier d'air froid, culasse à taux de compression relevé, 110 ch) sous un capot caractéristique à lanières de cuir et prises d'air. Vendue 10 % plus cher que le modèle standard, elle représente, selon ateupwithmotor.com, 1 159 exemplaires sur la période BN2 (soit environ un quart de cette production) — un chiffre que Wikipédia et le guide d'achat Hagerty ramènent, eux, à 640 voitures construites en usine, ce qui suggère une différence de méthode de comptage entre les 100M authentiquement sorties d'usine et l'ensemble des voitures ayant reçu, à un moment ou un autre, le kit moteur « Le Mans » proposé également en pièce détachée aux particuliers — une divergence non tranchée, consignée dans sources/verification-croisee.md.

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Provenance de cette fiche
Site source
ateupwithmotor.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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