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§ 01 · Histoire et modèles

Auto Union pendant la Seconde Guerre mondiale — production militaire et travail forcé

DKW / Auto Union · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

À partir de 1940, Auto Union cesse toute production civile pour se consacrer exclusivement à l'effort de guerre allemand — une réalité industrielle qui s'accompagne, comme pour une large part de l'industrie allemande de cette période, du recours au travail forcé.

L'arrêt de la production civile

La montée des tensions internationales à la fin des années 1930 pousse Auto Union, comme l'ensemble de l'industrie automobile allemande, à développer des véhicules militaires spécialisés. La production destinée aux particuliers est interrompue en mai 1940 ; à partir de cette date, l'entreprise ne fabrique plus que pour les besoins de la Wehrmacht.

Les véhicules militaires produits par le groupe

Auto Union devient un fournisseur important de véhicules pour l'armée allemande. L'usine Horch de Zwickau fournit le châssis de l'automitrailleuse blindée Sd.Kfz. 222, propulsée par un moteur Horch V8 de 90 ch et capable d'atteindre 80 km/h sur route. Le véhicule tout-terrain à quatre roues motrices Kfz. 11 — également appelé Horch/Wanderer Typ 901 — sert de véhicule de transport moyen pour les officiers de l'armée allemande. Les usines Horch produisent également le véhicule de transport lourd Typ 801. Par ailleurs, Auto Union fonde dès 1935 une filiale, la « Mitteldeutsche Motorenwerke », implantée à Taucha au nord-est de Leipzig, pour produire sous licence des moteurs d'avion Junkers.

Les bombardements de 1944-1945

À partir du début de l'année 1944, les usines d'Auto Union (les sites Horch et Audi de Zwickau, la Mitteldeutsche Motorenwerke, et le site Wanderer de Siegmar-Schönau) sont lourdement bombardées et subissent des dégâts sévères — un facteur qui explique en partie l'état de dévastation dans lequel l'entreprise se trouve à la fin du conflit (voir 1945-1948 — l'occupation, le démantèlement soviétique et la dissolution juridique d'Auto Union AG).

Le travail forcé au camp de Leitmeritz

Selon un rapport commandé par l'entreprise elle-même et publié en 2014, Auto Union porte une « responsabilité morale » (moral responsibility) dans les 4 500 décès survenus au camp de concentration de Leitmeritz (aujourd'hui Litoměřice, en République tchèque), où l'entreprise a eu recours au travail forcé pendant la guerre. Ce constat, établi a posteriori par l'entreprise successeure elle-même plutôt que dissimulé, s'inscrit dans une démarche plus large de plusieurs grands groupes industriels allemands de reconnaissance de leur rôle durant la période nazie — une démarche comparable, dans son principe, à celle déjà documentée ailleurs dans ce corpus pour d'autres constructeurs allemands de la même période.

Une mise en perspective nécessaire

Cette page de l'histoire d'Auto Union ne doit être ni minimisée ni isolée de son contexte plus large : le recours au travail forcé et l'exploitation de camps de concentration à des fins de production industrielle ont concerné, à des degrés divers, une très large part de l'industrie lourde et automobile allemande entre 1940 et 1945. Le programme de course automobile du groupe, développé dans les années immédiatement antérieures et financé en partie par l'État national-socialiste dans une logique de prestige national, s'inscrit dans ce même contexte historique plus large (voir Le financement étatique du programme de course (1933-1939) — un fait documenté, présenté sans commentaire ajouté) — un sujet que ce corpus documente factuellement, sans reprendre à son compte le discours de propagande de l'époque ni en atténuer la portée.

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Provenance de cette fiche
Site source
Wikipédia (anglais)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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