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§ 01 · Histoire et modèles

1934 — l'éviction de Rasmussen et son retour final au Danemark

DKW / Auto Union · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'homme à l'origine de la fusion qui forme Auto Union n'en profite finalement que deux ans : dès 1934, Jørgen Skafte Rasmussen est écarté de l'entreprise qu'il a lui-même largement contribué à créer.

Le désaccord sur la reprivatisation

Selon Wikipédia (allemand), Rasmussen — sur l'initiative duquel repose très largement le rapprochement des quatre marques (voir L'été 1932 — la fusion qui forme Auto Union et les quatre anneaux entrelacés) — siège d'abord au directoire (Vorstand) de la nouvelle Auto Union AG. Mais des désaccords apparaissent rapidement avec les autres dirigeants, portant en particulier sur un projet cher à Rasmussen : une reprivatisation ultérieure des différentes usines du groupe, dès que la conjoncture économique le permettrait — un projet manifestement en délicatesse avec la vision de ses partenaires, au premier rang desquels Richard Bruhn, l'homme installé par la banque de Saxe (voir 1929-1932 — le krach, la banque de Saxe et l'homme qui allait organiser la fusion). Ces tensions conduisent Rasmussen à se faire mettre en congé du conseil de surveillance (Aufsichtsrat) en 1934 ; son contrat de service est résilié avec effet au 31 décembre 1934. Wikipédia (anglais), de son côté, évoque plus vaguement des « différences » avec les autres membres du conseil — une formulation moins précise mais non contradictoire avec le récit détaillé de la source allemande. Après son départ, c'est William Werner qui devient directeur technique d'Auto Union AG.

Un exil intérieur à Sacrow

Après avoir quitté Zschopau, Rasmussen achète un domaine à Sacrow — aujourd'hui un quartier de Potsdam — où il vit avec sa famille jusqu'en 1945. Cette retraite forcée, loin du cœur industriel saxon qu'il a lui-même façonné pendant plus de trente ans, marque la fin de sa carrière d'industriel automobile allemand de premier plan : il n'occupera plus aucune fonction dirigeante dans l'industrie qu'il a contribué à fonder.

La fuite de 1945 et le retour au Danemark

En 1945, Rasmussen prend part à l'exode de population fuyant l'avancée de l'Armée rouge, se réfugiant à Flensbourg, à la frontière danoise. En 1947, il retourne définitivement dans son pays natal, le Danemark. Il s'installe à Hareskovby, où, dans les années 1950, il construit encore des motocyclettes sous la marque « DISA » — un ultime prolongement, de faible envergure, de la passion motocycliste qui avait fait sa fortune trois décennies plus tôt en Saxe. Après son 75ᵉ anniversaire, il s'installe avec son épouse à Copenhague, où il meurt le 12 août 1964, à l'âge de 86 ans.

Une trajectoire en miroir de celle de l'entreprise qu'il a fondée

Le parcours de Rasmussen après 1934 dessine un contraste frappant avec le destin de l'entreprise qu'il laisse derrière lui : tandis qu'Auto Union traverse la guerre, le démantèlement soviétique, puis renaît à l'Ouest sous un nom qui deviendra mondialement célèbre — Audi (voir 1964-1965 — le rachat par Volkswagen, l'abandon du deux-temps et la résurrection du nom Audi) —, son fondateur termine sa vie loin de toute lumière industrielle, dans l'anonymat relatif d'une petite production de motos danoises. Son nom, contrairement à celui d'August Horch, n'a pas été gravé dans la raison sociale de la marque qui lui doit pourtant son origine.

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Provenance de cette fiche
Site source
Wikipédia (allemand et anglais)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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