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§ 01 · Histoire et modèles

La 15-Six — G, D et H (1938–1957)

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 7 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Présentation

Carrosseries

Berline, « conduite intérieure » rallongée, familiale. Seulement 5 cabriolets d'usine construits selon Wikipédia. (Deux des trois cabriolets 15-6 de 1939-40 partis aux USA ont regagné l'Europe — à l'origine d'une fausse rumeur de « 22 survivante », cf. La 22 V8 — le mythe (1934).) ⚠️ Chiffre à nuancer, et probablement à corriger : un dossier de recherche historique bien plus détaillé (maison de vente Aguttes / historien Olivier de Serres, 2024) parle plutôt de 7 carrosseries produites (3 livrées avant-guerre + 4 restées inachevées à Javel, retrouvées à la Libération), dont seulement 3 survivantes identifiées à ce jour — chiffre confirmé indépendamment par Acheter-vendre — la valeur des choses (cotes, arnaques, méthode de négociation), déjà présent dans ce corpus (« 3 survivants sur 7 coques assemblées »). Voir le détail complet, y compris une mise en garde sur l'authenticité d'un exemplaire précis, dans Combien de 15-Six Cabriolet ont réellement été produits ? Le dossier Aguttes (châssis 1846075).

Chronologie

DateÉvolution
1938Lancement (15-Six « G » rétroactivement : vilebrequin tournant « à l'envers » des 4 cyl.)
1946Remise en production
1947Moteur modifié tournant à droite comme les 4 cylindres → 15-6 D ; les précédentes deviennent « 15-6 G » (analyse technique du pourquoi : Comprendre le 6 cylindres de la 15-Six)
Juin 1950Petits volets d'aération de part et d'autre de la calandre ; dans le mois, pare-chocs cintrés → épais pare-chocs droits
Automne 1950 (mod. 1951)Nouveau motif de calandre
Automne 1952 (mod. 1953)Malle bombée (volume de coffre doublé)
Mai 195415-6 H : suspension hydropneumatique sur les roues arrière — un an avant la DS 19 qui l'aura sur les 4 roues

Anecdote présidentielle

1955-1956 : le président René Coty commande trois 15-Six H — sa propre conduite intérieure personnelle, et deux voitures d'apparat (limousine Franay, dessin Charbonneaux, 1955 ; cabriolet 4 portes Chapron, 1956, utilisé lors de la visite d'État de la reine Elizabeth II). Détail complet, sourcé sur des images d'archives INA : Les 15-Six H présidentielles de René Coty (Franay et Chapron, 1955-1956).

Contexte de la naissance (Michelin et Boulanger)

La 15-Six est la conséquence directe de l'abandon de la 22 CV (voir La 22 V8 — le mythe (1934) et Pourquoi la Citroën 22 n'a-t-elle jamais été produite en série ? (l'enquête complète)) : présentée au Salon 1934, la 22 est abandonnée par les nouveaux dirigeants de Citroën, repris en main par son principal créancier, le manufacturier de pneumatiques Michelin, après la liquidation judiciaire de fin 1934. Les nouveaux dirigeants, Pierre Michelin et Pierre Boulanger, jugent la 22 CV trop chère à produire et insuffisamment fiable, mais estiment indispensable d'occuper malgré tout le haut de gamme délaissé — d'autant que les précédents haut de gamme Citroën, l'AC6 et la Rosalie 15 CV, n'avaient rencontré qu'un succès mitigé. Le choix est fait d'attendre la pleine fiabilisation commerciale des 7 et 11 CV avant de lancer l'étude d'une nouvelle Traction haut de gamme, pour ne pas répéter les précipitations reprochées à André Citroën. Sources : citroenvie.com (Thomas Urban), à recouper avec Histoire générale de la Traction Avant (1934–1957).

  • Nom commercial « 15 CV » maintenu par filiation avec l'AC6 et la Rosalie 15 CV, malgré le classement fiscal réel en 16 CV (déjà noté ci-dessus).
  • Premières préséries sorties fin juin 1938 de l'usine du Quai de Javel ; présentation publique au Salon d'octobre 1938.
  • Au lancement : seulement en berline ; les versions Familiale et Conduite Intérieure (empattement allongé) n'arrivent qu'au printemps 1939.

La 15-Six pendant la guerre

  • Guerre déclarée en septembre 1939 : très peu de commandes honorées.
  • Production maintenue mais restreinte aux berlines et aux versions longues (pas de cabriolet commercialisé, malgré 4 ou 5 exemplaires construits et vendus — cf. les « seulement 5 cabriolets d'usine » déjà notés ci-dessus, désormais recoupé par cette source indépendante).
  • Un peu plus de 2 300 exemplaires (berlines + familiales) produits jusqu'à fin 1939 ; une vingtaine de derniers exemplaires sortis début 1940 avant l'arrêt total de la production 15-Six (la production des 7 et 11 CV berlines s'est poursuivie à rythme réduit jusqu'en 1942, cf. Les chiffres de production et le contexte d'après-guerre (Plan Pons)).

Redémarrage d'après-guerre (chiffres annuels)

Contrairement aux 11 (relancées dès l'été 1945), la 15-Six ne redémarre qu'en février 1946, en berline uniquement, dans une palette de couleurs restreinte (noir ou gris foncé). Les versions longues ne reviennent au catalogue qu'au Salon d'octobre 1953, soit sept ans plus tard. Production annuelle (berlines + familiales, source citroenvie.com/Thomas Urban — chiffres à recouper avec ceux, différents par nature, de Les chiffres de production et le contexte d'après-guerre (Plan Pons), qui documente surtout la répartition G/D/H) :

AnnéeProduction 15-Six
1946257
1947108
1948> 2 700
1949> 6 000
19509 400
1951> 11 700 (pic commercial)

(L'auteur souligne lui-même que « les chiffres de production de ces premières années d'après-guerre varient considérablement selon les sources » — prudence de mise, cf. Verification croisee.)

La 15-Six H en détail (mai 1954 – juillet 1956)

  • Conçue comme laboratoire roulant pour la suspension hydropneumatique qui équipera la DS (à l'arrière seulement, contrairement à la DS qui l'aura aux 4 roues un an plus tard) — invention attribuée à l'ingénieur Paul Magès (correctif apporté par George Dyke, citroenvie.com, en réponse à une confusion répandue attribuant cette invention à André Lefèbvre — voir Trois anecdotes récentes (cinéma, avis de recherche, correctif technique) — citroenvie.com).
  • Uniquement en berline — la Familiale longue (revenue au catalogue en octobre 1953) n'a jamais reçu l'hydropneumatique, à l'exception de 2 exemplaires « Conduite Intérieure » (voir anecdote Coty ci-dessus).
  • Correcteur de hauteur à 3 positions : « route » (position normale), « bas » (à l'arrêt, pour abaisser l'arrière au maximum), « haut » (relève l'arrière par rapport à l'avant — position surtout utilisée pour changer une roue).
  • Signe distinctif visuel face à la version à suspension classique : barres de torsion avant plus longues, visibles en saillie sous le pare-chocs avant (le reste de la carrosserie est identique).
  • Intérieur : nouveaux sièges plus moelleux (assise et dossier), toujours en velours mohair gris ; sol avant et arrière moquetté avec sous-couche Dunlopillo (la même marque de mousse de literie qui équipera plus tard la DS).
  • Puissance moteur portée à 80 ch (contre 76 ch pour la version d'origine 1938-1954 selon cette même source — à comparer aux 77 ch déjà retenus par ce corpus d'après Wikipédia, divergence mineure à noter, voir Verification croisee).
  • Juillet 1954 : suppression de la moquette sous les sièges avant. Fin 1954 : ajout d'une barre antiroulis.
  • Ventes : 1 680 exemplaires H fin 1954 (contre moins de 850 pour la version « classique » la même période) ; 1 350 berlines H en 1955. La présentation de la DS au Salon d'octobre 1955 sonne le glas de la Traction 15 CV : la version « classique » cesse dès février 1955, la Familiale en août 1955. 47 derniers exemplaires H assemblés jusqu'en juillet 1956 pour écouler les stocks de pièces — total : 3 077 exemplaires H (chiffre quasi identique aux 3 079 déjà retenus par ce corpus via Les chiffres de production et le contexte d'après-guerre (Plan Pons) — ✅ confirmation croisée à 2 unités près).
  • Prix de lancement : 940 000 F (15-Six H) contre 869 900 F (berline suspension classique) et 934 900 F (Familiale longue).

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
fr.wikipedia.org
Date d'extraction
11 sept. 2026
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