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§ 10 · Restauration

Plaidoyer pour l'Origine — les modifications courantes passées au crible

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Essai de Jérôme Collignon (25 ans d'écoute de la communauté tractionniste) qui démonte, arguments chiffrés à l'appui, plusieurs modifications courantes. Important : ceci reste une position assumée par un auteur, pas un arbitrage neutre — à traiter comme un apport supplémentaire aux débats déjà documentés dans Boîte de vitesses — diagnostics et débats du forum TU (boîte 3/4) et 6/12 Volts — pourquoi le 6 V n'est pas une tare (6V/12V), pas comme leur clôture.

⭐ Fait légal, non débattu : la re-certification obligatoire (article R321-16 du Code de la Route)

Point factuel important pour Carte grise, CT et papiers d'une Traction (forum TU) : toute « transformation notable » impose de repasser devant un organisme certificateur (type DREAL), avec mise à jour de la carte grise. Sont explicitement concernés : montage d'un moteur d'un autre modèle (ex. DS), passage boîte 3 → boîte 4, modification d'empattement/voie/type de carrosserie, jantes/pneus plus larges, freins à disques. Beaucoup de tractionnistes et de professionnels ignoreraient cette obligation légale d'après l'auteur.

Sur la conversion boîte 4 (apport chiffré au débat déjà documenté)

Chiffrage de l'auteur (à prendre comme un argument, pas un fait tranché — voir le sondage 9 voix contre 4 déjà documenté dans Boîte de vitesses — diagnostics et débats du forum TU) : gain carburant réel estimé à environ 2L/100km seulement sur autoroute à vitesse stabilisée (soit ~3€/100km au prix de l'essence retenu), quasi nul en usage urbain/mixte où la conduite (maniement de boîte) pèse plus que le régime moteur. Coût d'installation ~3000€ chez un professionnel / ~1500€ en DIY. Pour un usage tractionniste typique (1500-3500 km/an), amortissement estimé à 28 ans (pro) ou 14 ans (DIY) avant même de commencer à « gagner » de l'argent.

Sur le passage en 12 volts (apport au débat 6V/12V)

Argument physique de l'auteur : à puissance égale (P=UI), un circuit 6V mal entretenu (masses corrodées, résistances) chauffera et sous-performera — mais ce n'est pas un défaut intrinsèque du 6V. La main-d'œuvre de réfection d'un circuit électrique est identique en 6V ou 12V ; repartir en 12V impose en plus de racheter tous les périphériques (essuie-glace, centrale clignotants).

Diagnostics techniques réutilisables (faits, pas opinion)

  • Température de marche d'époque : la littérature technique donne 70-80°C comme plage normale — pas 90°C (norme moderne appliquée à tort par certains restaurateurs).
  • Surchauffe : avant de modifier le radiateur, vérifier détartrage, état de la pompe à eau, correspondance du type de pompe au moteur (dimension de la turbine), et alignement des poulies — repris directement dans Refroidissement — retours d'expérience du forum TU.
  • Ventilateur électrique : n'aide que s'il tourne en permanence (pas piloté par sonde, sinon il obstrue le flux naturel) — nuance utile par rapport à l'idée reçue.
  • Vapor-lock : c'est un problème de chaleur autour de la pompe à essence (typiquement le bocal en verre de la pompe SEV), pas du circuit d'eau — un chiffon mouillé autour de la cuve est un dépannage rapide efficace. Recoupe Évolution des pompes à essence — trois marques concurrentes (1934-1948) sur les écrans anti-vapor-lock d'origine.
  • Embrayage à diaphragme (Valéo/Sachs) en remplacement du système à linguets d'origine : pression mesurée à 30 kg contre 13 kg d'origine — le surplus est encaissé par le palier de vilebrequin. Sur les voitures d'avant avril 1952 (pédalier non surélevé), l'effort à la pédale devient très dur.

Chronologie des « modes » et de leurs déconvenues (repère pour un futur acheteur/restaurateur)

1999 additif "Fuel Star" (inutile, disparu) · 2002 boîtes 4 · 2003 triangulations "Speed" (usure anormale des pneus si mal comprises) · 2004 freins à disques · 2008 allumages électroniques non blindés (parasitage) · 2009 passage 12V · 2013 LED (fiabilité en vibrations) · cardans homocinétiques sans amortisseur « Bibax » sur 15-Six (auto-destruction d'embrayage) · 2022 Dynator.

Le rétrofit électrique — chiffrage désillusionnant

Coût de conversion ~20 000€, gain ~0,155€/km face à l'essence → ~130 000 km pour amortir, soit ~86 ans à l'usage typique d'un tractionniste (1500 km/an). Même à 8000€, il faut 34 ans.

Argument historique : que faisait réellement évoluer Citroën en 23 ans ?

Les évolutions réelles (amortisseurs, ouverture de malle, fixation des triangles, direction à crémaillère, verrouillage de boîte, nouvelles roues 1938/1948, puissance accrue 1939/1955) sont non structurelles : monocoque, train avant à triangles, boîte 3 longitudinale, moteur à soupapes en tête, freins hydrauliques restent constants sur toute la carrière. Argument de l'auteur : invoquer « l'esprit Citroën » pour justifier une modernisation méconnaît qu'André Citroën était un organisateur assumant son passé, pas un adepte du remplacement systématique.

(Suite annoncée par l'auteur : Plaidoyer pour l'Origine II — refabrication, copie, et ce qui reste négociable.)

Cas concret de vigilance sur les cabriolets rares (complément citroenvie.com, 2021)

Illustration pratique du risque déjà documenté sur les carrosseries rares : une 7C Cabriolet 1937 vendue aux enchères par Osenat (Fontainebleau, 29 mars 2021) pour 73 139 € (estimation 65-75 000 €), présentée comme authentique, portait une plaque de numéro de série visiblement rapportée récemment (n° 201011) selon l'observation de citroenvie.com — sans que l'authenticité soit tranchée, simple signal d'alerte à connaître pour un futur acheteur de cabriolet. Source : https://citroenvie.com/osenat-sells-1937-traction-7c-cabriolet/.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
jeromecollignon.blog4ever.com
Auteur du site
Jérôme Collignon
Date d'extraction
11 sept. 2026
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