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§ 01 · Histoire et modèles

Du marché gris confidentiel à l'exportation mondiale (1997-2003)

Mitsubishi Lancer Evolution · 1992–2016 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Pendant plus de dix ans, la Lancer Evolution est restée un modèle presque exclusivement japonais — une situation qui a nourri, avant l'ouverture officielle du marché américain en 2003, toute une culture de l'importation parallèle et du fantasme automobile à distance.

Une diffusion strictement domestique jusqu'au milieu des années 1990

Conçue pour répondre à une exigence d'homologation sportive plutôt que pour une carrière commerciale internationale (voir La genèse de l'Evolution — un règlement Groupe A et un débat interne tranché de justesse), la Lancer Evolution n'est initialement vendue qu'au Japon. Les Evolution I à III restent ainsi, pour l'écrasante majorité des marchés occidentaux, des véhicules connus uniquement par la presse spécialisée important quelques exemplaires d'essai ou par les résultats du championnat du monde des rallyes.

L'Europe s'ouvre timidement à partir de l'Evolution IV

La demande du marché dit « gris » — des particuliers ou des négociants spécialisés importateurs de véhicules japonais non homologués officiellement — pousse Mitsubishi à ouvrir une diffusion restreinte en Europe à partir d'environ 1997-1998, avec l'Evolution IV, via le réseau de concessionnaires Ralliart au Royaume-Uni puis sur plusieurs marchés européens. Une singularité commerciale marque cette période : sur le continent, les Evolution IV, V, VI et VII sont commercialisées sous l'appellation « Carisma GT » plutôt que sous le nom Lancer, la berline Lancer classique n'y étant pas distribuée à l'époque — un choix qui vise également à redorer l'image de la Carisma, modèle européen de Mitsubishi alors en délicatesse commerciale. Initialement réservée à la seule finition RS destinée à la compétition, cette offre s'élargit ensuite aux finitions RS2 puis GSR.

Le déclic américain : l'exemple de Subaru et l'effet Gran Turismo

Le basculement décisif intervient avec l'Evolution VIII, exportée officiellement aux États-Unis à partir de 2003. La décision de Mitsubishi fait explicitement suite au succès rencontré l'année précédente par la Subaru Impreza WRX sur ce marché — sa rivale directe en championnat du monde des rallyes (voir Le duel Evolution contre Impreza WRX STI — la rivalité emblématique du rallye des années 1990-2000). Un second facteur, moins attendu, est mis en avant par Takashi Kiuchi, alors dirigeant de Mitsubishi Motors, dans un entretien accordé à l'agence Reuters en 2002 : la popularité acquise par la Lancer Evolution auprès du public américain grâce à sa présence, depuis plusieurs années déjà, dans la série de jeux vidéo Gran Turismo — voir Gran Turismo — comment un jeu vidéo a directement provoqué l'exportation de l'Evolution. Ce succès d'estime numérique, conjugué à l'exposition croissante offerte par le cinéma (voir Fast and Furious — l'Evolution VII et l'Evolution IX, deux rôles marquants au cinéma), a créé une demande commerciale bien réelle pour un modèle que la grande majorité des acheteurs potentiels n'avait jamais pu conduire.

Des versions d'exportation techniquement allégées

Les Evolution VIII et IX vendues hors du Japon, notamment aux États-Unis, ne reçoivent ni l'Active Yaw Control (AYC) ni, pour les tout premiers millésimes, l'Active Center Differential (ACD) — des technologies pourtant devenues centrales sur les versions japonaises équivalentes (voir Super AYC — le perfectionnement de l'Active Yaw Control sur les Evolution VIII et IX). Ce n'est qu'à partir de l'Evolution X que les marchés d'exportation reçoivent une transmission intégrale pilotée aussi sophistiquée que celle vendue au Japon, avec le système S-AWC — voir S-AWC — quand l'AYC et l'ACD deviennent un système de contrôle dynamique global.

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Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, hotcars.com, gamedeveloper.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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