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§ 01 · Histoire et modèles

Le Paris-Dakar 1981 — l'année usine, Jacky Ickx et la seule CX rescapée

Citroën CX · 1974–1991 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

L'édition 1981 du Paris-Dakar est de loin la plus riche de l'histoire de la CX dans ce rallye-raid : cinq CX prennent le départ, dont plusieurs engagées directement par l'usine Citroën, portant les dossards consécutifs 124 à 128. C'est l'édition où la CX se rapproche le plus près d'un résultat d'ensemble marquant, entre l'aventure très médiatisée de Jacky Ickx et la discrète mais bien réelle victoire de catégorie de Jean-Paul Luc.

N°125 — Jacky Ickx et Claude Brasseur : la vedette du peloton

L'engagement le plus médiatisé est celui de la CX 2400 GTI n°125, alignée par Citroën Belgique et confiée à Jacky Ickx — pilote belge déjà quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans — associé à l'acteur français Claude Brasseur. Selon le récit qu'en fait citroenvie.com, l'équipage impressionne par son rythme, glane des places d'honneur et remporte même plusieurs spéciales, au point de pointer provisoirement à la troisième place du classement général à Gao malgré deux pénalités de dix heures — une performance remarquable pour une simple traction avant face aux 4×4 bien plus puissants. C'est finalement une série de tonneaux lors de l'avant-dernière étape qui contraint l'équipage à l'abandon, confirmé par la base de données dakardantan.com. Ickx reviendra disputer le Dakar chaque année jusqu'en 1985, mais jamais plus sur CX : Mercedes en 1982 et 1983 (année de sa victoire absolue avec Claude Brasseur), puis Porsche 911 en 1984 et Porsche 959 en 1985 — la parenthèse CX de 1981 restera un épisode unique dans sa carrière au Dakar.

⚠️ Divergence entre deux articles de citroenvie.com sur la cause de l'abandon : un article plus ancien du même site (« CXLiving in the Past? – No this is Living the Dream! », 2021, consacré au couple Kamp — voir Le Paris-Dakar 1983-1984 — les derniers engagements privés, et l'écho du Dakar Classic 2022) attribue au contraire l'abandon d'Ickx à une casse moteur (« the engine blew up »), sans mentionner de tonneaux. Les deux versions ne peuvent être simultanément exactes dans leur intégralité ; faute de troisième source pour trancher, les deux sont consignées ici telles quelles, sans arbitrage artificiel, conformément à la méthode de ce corpus (voir sources/verification-croisee.md).

N°126 — Jean-Paul Luc et Philippe Alessandrini : l'unique rescapée

Dans l'ombre de la CX médiatique d'Ickx, une autre CX 2400 GTI engagée par l'usine accomplit un exploit plus discret mais tout aussi réel : celle de Jean-Paul Luc et Philippe Alessandrini termine l'épreuve à la 16ᵉ place du classement général, se classant en tête des voitures à deux roues motrices et remportant sa catégorie (3-1, voitures de production spéciale à essence, deux roues motrices, largement modifiées par rapport à la série). Dakardantan.com la décrit explicitement comme « la seule rescapée des CX officielles directement engagées par l'usine Citroën » cette année-là — un résultat qui, sans faire la une comme celui d'Ickx, constitue la meilleure performance jamais obtenue par une CX au Paris-Dakar.

N°124 — Patrick Lapie et Pierre Olhagaray : le piston, le sable et la voiture retrouvée 28 ans plus tard

L'un des équipages CX les plus riches en anecdotes est celui de Patrick Lapie et Pierre Olhagaray. Leur course s'arrête net après avoir fait le plein à la seule pompe à essence de Tombouctou, au carburant visiblement frelaté : un piston perce durant l'étape suivante, vers Niono, sans que l'équipage parvienne à en identifier la cause exacte sur place (cliquetis, surchauffe moteur). Lapie note lui-même que, cette année-là, seul Jean-Paul Luc est allé au bout avec une CX.

L'histoire ne s'arrête pas là. Fin 2006, lors d'une visite au domaine familial des frères Wambergue (une famille d'habitués du Dakar, voir Les protos extrêmes du Dakar 1983 — la CX 4x4 à moteur central et l'hybride CX-Lotus), Patrick Lapie découvre, dans une grange, sa propre CX du Dakar 1981 : Dominique Wambergue venait d'acquérir un lot de véhicules promis à la casse, parmi lesquels se trouvait la voiture de Lapie — reconnaissable malgré une particularité troublante, puisqu'elle porte sur ses portières les numéros de course de Jean-Paul Luc, la carrosserie de ce dernier ayant été jugée en trop mauvais état pour être conservée et exposée à l'époque. Un an ou deux avant cette découverte, Dominique Wambergue avait fait remplacer le moteur de l'épave : vingt-huit ans après son abandon dans le Sahara, la CX n°124 roulait de nouveau.

N°127 et N°128 — deux abandons sans histoire

Les deux dernières CX de l'édition 1981 n'ont laissé aucune anecdote particulière dans les archives de dakardantan.com au-delà de leur classement : la n°127 de Jean Deschaseaux et Jean Plassard, et la n°128 de Gérard Boin et Daniel Mathurin (dont la fiche relève une curiosité mineure : certaines listes d'époque mentionnent à tort un troisième équipier nommé « Masie », que les recherches du site n'ont pas confirmé — l'équipage ne comptait bien que deux hommes). Toutes deux terminent classées Abandon.

Une édition impitoyable pour tous les concurrents

Le taux d'abandon global de cette édition 1981 relativise la contre-performance apparente des CX : sur 166 équipages auto au départ, 114 ont abandonné et seulement 52 ont rallié Dakar, soit un taux d'échec de 68,67 % toutes marques confondues. Dans ce contexte, le seul podium de catégorie décroché par Jean-Paul Luc, et le rythme démontré par Ickx et Brasseur jusqu'à leurs tonneaux, restent des résultats honorables pour une berline routière de série engagée face à des 4×4 spécialement conçus pour l'épreuve.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
dakardantan.com (crawl direct, fiches équipages + classement 1981) + citroenvie.com (recoupement du récit Ickx)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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