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§ 01 · Histoire et modèles

Le Paris-Dakar 1983-1984 — les derniers engagements privés, et l'écho du Dakar Classic 2022

Citroën CX · 1974–1991 · 6 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Après l'année faste de 1981 (voir Le Paris-Dakar 1981 — l'année usine, Jacky Ickx et la seule CX rescapée), la CX ne réapparaît pas au départ du Paris-Dakar 1982, mais deux concurrents privés isolés l'engagent encore en 1983 et 1984, aux côtés des prototypes extrêmes bâtis sur base CX cette même année 1983 (voir Les protos extrêmes du Dakar 1983 — la CX 4x4 à moteur central et l'hybride CX-Lotus). Ces deux derniers engagements « ordinaires » closent le chapitre CX du Dakar historique (1979-1985) — un chapitre auquel un équipage néerlandais offrira, près de quarante ans plus tard, un épilogue inattendu.

1983 — N°138 : Jean-Claude Morsillo et Pascal Marinelli

Seule CX « classique » engagée en 1983 (hors les deux prototypes extrêmes traités séparément), la n°138 est pilotée par Jean-Claude Morsillo et Pascal Marinelli. Dakardantan.com ne conserve d'elle qu'une photographie, transmise par Carole Morsillo, la fille du pilote — signe que le souvenir de cet engagement se transmet aujourd'hui par la mémoire familiale plutôt que par la presse d'époque. Morsillo reviendra au Dakar les deux éditions suivantes, mais sur Mercedes 280 SE en 1984 puis Volkswagen Coccinelle en 1985. Classement de la CX n°138 : Abandon.

1984 — N°169 : Alain Tissier et Christian Marsault, la dernière CX du Dakar historique

La dernière CX à prendre le départ du Paris-Dakar « historique » tel que le documente dakardantan.com (l'édition 1985 n'en comptant aucune) porte le dossard 169, confiée à Alain Tissier et Christian Marsault. Tissier n'est pas un perdrix sur l'épreuve : il l'avait déjà disputée en 1981, à moto, sur un Can-Am Qualifier 240 (31ᵉ au classement). Reconverti à quatre roues sur CX en 1984, l'équipage est contraint à l'abandon ; l'année suivante, en 1985, Tissier et Marsault se retrouveront encore au départ, mais sur Range Rover V8 et avec les rôles pilote/copilote inversés entre eux.

2018-2019 — Kees et Jacobine Kamp recréent une CX de rallye et traversent l'Afrique de l'Ouest

Le Paris-Dakar historique s'arrête en 1985 dans le périmètre couvert par dakardantan.com, mais l'aventure de la CX sur les pistes africaines ne s'arrête pas là. Le Néerlandais Kees Kamp, ingénieur électricien, n'est pas un inconnu du continent : dans les années 1990, il consacrait déjà ses vacances à convoyer des Peugeot 504 depuis l'Europe jusqu'à Togo, via le Sahara, pour les y revendre — un trajet de 4 000 km entrepris pour le seul plaisir de l'aventure. En 2010, il hérite d'une CX 20 Pallas de 1985, immobilisée plusieurs années dans une grange, qu'il utilise d'abord localement aux Pays-Bas (jusqu'à en faire la voiture de mariage de son beau-frère) avant qu'une idée ne germe, à la croisée de son amour de l'Afrique et de la découverte de l'histoire du modèle au Paris-Dakar : recréer une CX de rallye dans l'esprit de celles de 1981.

Avec sa femme Jacobine, il choisit pour cette réplique la livrée tricolore noir-rouge-blanc — celle-là même dessinée en 1977, à seulement 22 ans, par Philippe Donati dans le cadre d'un concours de style organisé par Citroën pour habiller ses CX du Tour du Sénégal (voir La CX en compétition — Tour du Sénégal, raids africains et Paris-Dakar). Leur première expédition les mène au Rallye Budapest-Bamako 2018 (qui s'achève en réalité en Gambie plutôt qu'à Bamako) ; six mois plus tard, ils récupèrent leur CX sur place et traversent le Mali et la Côte d'Ivoire jusqu'à Accra, au Ghana, où leur fille effectue alors une mission d'enseignement dans une école primaire, avant de regagner la Gambie par la côte, via le Liberia et la Sierra Leone. Après une nouvelle pause de six mois aux Pays-Bas, le couple repart chercher la voiture pour la ramener par la route jusqu'en Europe. La suspension hydropneumatique d'origine et le moteur Douvrin (voir Le moteur Douvrin — Reflex et Athena, la rationalisation PSA-Renault) traversent cette aventure de plusieurs milliers de kilomètres sans difficulté majeure — un argument de poids lorsque le couple décide, ensuite, de tenter le Dakar Classic lui-même.

2022 — Le Dakar Classic : une CX termine enfin l'épreuve, quarante ans plus tard

En janvier 2022, Kees et Jacobine Kamp bouclent intégralement les douze étapes du Dakar Classic — la catégorie historique du Dakar moderne, courue depuis 2021 en Arabie saoudite pour les véhicules d'époque — au volant de leur CX Pallas de 1985, sans aucune assistance sur place : plus de 7 200 km parcourus en autonomie complète, outils, pièces détachées et matériel de couchage embarqués à bord. L'équipage termine 125ᵉ sur 128 partants de la catégorie « classique ». La préparation reste volontairement limitée : la suspension hydropneumatique d'origine est conservée telle quelle, seule la calandre avant (jugée trop basse) est modifiée, l'habitacle recevant en plus ventilateurs, équipement de navigation et de sécurité, et un arceau de sécurité.

Au-delà du sport, l'engagement du couple sert une cause : ils lient leur participation à une collecte de fonds au profit d'un projet scolaire communautaire dans la région de Casamance, au Sénégal — une école ayant besoin de nouvelles salles de classe pour élargir son enseignement à des filières professionnelles (mécanique, électronique, petite entreprise) en complément du cursus académique, menée via l'association Bright Future for Children.

Avant le départ, le couple rend visite aux frères Emmanuel et Dominique Wambergue, près de Paris, dépositaires de l'unique CX de rallye survivante de l'époque du Dakar historique (voir Les protos extrêmes du Dakar 1983 — la CX 4x4 à moteur central et l'hybride CX-Lotus pour un autre pan de l'histoire de cette famille avec la CX au Dakar) ; au moment d'embarquer leur voiture à Marseille pour l'Arabie saoudite, ils prévoient également de retrouver Patrick Lapie, l'un des cinq pilotes CX de l'édition 1981 (voir Le Paris-Dakar 1981 — l'année usine, Jacky Ickx et la seule CX rescapée) — bouclant ainsi, avant même le départ de leur propre course, la boucle entre les deux générations de la CX au Dakar.

Le parcours n'est pas exempt de difficultés : à la 10ᵉ étape, un embrayage à demi hors d'usage immobilise la voiture dans le sable à la tombée de la nuit, réservoir presque vide, et le couple envisage un temps d'abandonner. Faute de pouvoir réparer sur place, les Kamp actionnent le système de suivi d'urgence Iritrack imposé par l'organisation, qui permet aux organisateurs de les localiser et de les remorquer jusqu'à une route goudronnée pour terminer l'étape. Chaque soir, l'équipage est accueilli par les acclamations des concurrents professionnels et des équipes d'assistance en arrivant au bivouac, souvent parmi les derniers.

Point d'orgue symbolique de cette aventure : Kees et Jacobine Kamp y croisent Jacky Ickx en personne — le même pilote qui, quarante et un ans plus tôt, avait disputé le Dakar 1981 sur CX sans parvenir à le terminer (voir Le Paris-Dakar 1981 — l'année usine, Jacky Ickx et la seule CX rescapée). Ickx signe le capot de leur voiture, bouclant symboliquement une boucle ouverte en 1981 : une CX finit enfin, en 2022, ce que la CX d'Ickx n'avait pu achever. Le récit complet de leur préparation et de leur course est documenté sur leur blog, cxafrica.weebly.com.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
dakardantan.com (crawl direct, engagés 1983-1984) + citroenvie.com (Dakar Classic 2022 et son préquel 2018-2019)
Date d'extraction
12 sept. 2026
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