Avant FSO — la première « Polski Fiat » de l'entre-deux-guerres (1920-1939)
Le nom « Polski Fiat », repris après-guerre pour la 125p, n'est pas une invention de l'ère communiste : il désigne d'abord une société commerciale bien antérieure à FSO elle-même.
Une société de représentation dès 1920
En février 1920, en pleine guerre polono-bolchevique, l'entrepreneur Jerzy Meyer — déjà en affaires avec Fiat depuis le début du siècle — fonde à Varsovie avec un représentant du groupe turinois une société baptisée « Polski Fiat », chargée de la vente officielle des automobiles italiennes en Pologne. Fin 1920, à peine quelques mois plus tard, Fiat reprend le contrôle de cette société tout en conservant son nom.
La licence de 1931
Le krach de 1929 pousse le gouvernement polonais à consolider son industrie automobile naissante : fin 1931, un accord de licence est signé avec Fiat pour une production confiée aux Państwowe Zakłady Inżynierii (Ateliers d'ingénierie de l'État), la commercialisation restant assurée par la société Polski Fiat. Le contrat, conclu pour dix ans (jusqu'au 1ᵉʳ janvier 1942), stipule explicitement en son article 14 que tous les véhicules ainsi produits porteront la marque Polski Fiat — la même règle de nommage, avec la même ambiguïté marque/société commerciale, que l'on retrouvera telle quelle sur la 125p trente-cinq ans plus tard.
Fin brutale et tentative avortée de relance (1939-1949)
L'invasion allemande de l'automne 1939 met fin à cette production : l'usine polonaise d'assemblage est entièrement détruite pendant le conflit. Dès la fin de la guerre, le nouveau gouvernement polonais engage des pourparlers avec Fiat pour reprendre la fabrication sous licence de modèles contemporains de la gamme turinoise, et fait même construire dans cette perspective une nouvelle usine d'assemblage aux environs de Varsovie — le futur site de Żerań. Selon le récit le plus détaillé disponible, un accord est bel et bien signé le 31 juillet 1948 pour la construction de l'usine et l'achat d'une licence portant sur la Fiat 1100 (paiement prévu en charbon polonais, objectif de 20 000 véhicules/an sous trois ans). Mais dès 1949, la Guerre froide qui s'durcit fait capoter le projet : selon certaines sources, c'est le camp italien lui-même qui se retire, la mise en œuvre du plan Marshall lui garantissant du charbon américain bon marché — alors que la Pologne avait déjà réglé en charbon les véhicules déjà livrés. D'autres sources insistent sur la pression directe de Moscou, hostile à toute coopération industrielle avec « l'ennemi capitaliste » dans le contexte de la Guerre froide naissante. Voir La fondation de FSO et la Warszawa (1948-1973) — un constructeur d'État né d'un projet Fiat avorté pour la suite : c'est ce même site de Żerań, la coopération avec Fiat une fois rompue, qui accueillera finalement une production sous licence soviétique.
Voir aussi
- Site source
- polityka.pl
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- La fondation de FSO et la Warszawa (1948-1973) — un constructeur d'État né d'un projet Fiat avortéFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Histoire et modèles
- L'absence de marque nationale — un handicap industriel documenté par la presse polonaiseFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Histoire et modèles
- La licence Fiat 125p (1965-1967) — une hybridation entre deux générations FiatFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011) · Histoire et modèles
- La licence Fiat 125p (1965-1967) — une hybridation entre deux générations FiatFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011)
- La fondation de FSO et la Warszawa (1948-1973) — un constructeur d'État né d'un projet Fiat avortéFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011)
- L'absence de marque nationale — un handicap industriel documenté par la presse polonaiseFSO / Polonez (Pologne, 1948-2011)