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§ 01 · Histoire et modèles

La rupture entre Renzo Rivolta et Giotto Bizzarrini (1965)

Iso Rivolta / Grifo · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Deux visions inconciliables

Derrière la façade d'une collaboration technique fructueuse, la relation entre Renzo Rivolta et Giotto Bizzarrini se dégrade rapidement à partir de 1964. Le nœud du désaccord tient à une divergence de priorités : Bizzarrini, obsédé par la compétition automobile et par l'idée de prouver la supériorité de sa conception face à ses anciens employeurs (Ferrari en tête), pousse pour développer et engager en course la version A3/C, quitte à y consacrer un temps et des ressources disproportionnés. Rivolta, de son côté, a besoin que l'entreprise vende des voitures de route en volume suffisant pour atteindre l'équilibre financier — un objectif que la version routière du Grifo (GL) sert bien mieux que son avatar de compétition. Le nom même du modèle devient un point de friction explicite entre les deux hommes.

Une séparation officialisée en 1965

La rupture définitive intervient en 1965 selon la majorité des sources consultées (l'article Wikipédia consacré à la société Bizzarrini indique pour sa part 1964, une date que ne corrobore aucune des autres sources croisées pour ce corpus, y compris l'article Wikipédia dédié au Grifo lui-même). Un accord de séparation autorise Bizzarrini à continuer de produire sa version compétition, mais lui interdit l'usage du nom « Grifo » : la voiture est rebaptisée Bizzarrini 5300 GT (Strada pour la version route, America sur certains marchés d'exportation), tandis qu'Iso poursuit seule la production du Grifo GL à Bresso. Sur les 22 exemplaires d'A3/C construits sous la supervision directe de Bizzarrini avant la rupture (chiffre le plus communément cité, une source évoquant un total plus large d'environ 29 unités selon un décompte incluant des variantes ultérieures), cinq auraient reçu une carrosserie en matériau composite plutôt qu'en aluminium rivé, réalisée par Piero Drogo.

La naissance de la marque Bizzarrini

Sa structure d'ingénierie, jusque-là appelée Società Autostar puis Società Prototipi Bizzarrini, est rebaptisée Bizzarrini S.p.A. en 1966, installée à Livourne. La suite de cette histoire — la production de la 5300 GT Strada, du spyder 5300 S.I., du petit coupé 1900 GT Europa à moteur Opel et du prototype P538 à moteur Chevrolet puis Lamborghini V12, jusqu'à la faillite de l'entreprise en 1969 après une grosse centaine d'exemplaires construits — sort du périmètre de ce corpus consacré à Iso Rivolta, mais mérite un dossier dédié à part entière dans une extension future du corpus (voir la note correspondante dans le README de ce dossier). Elle est brièvement retracée dans De l'A3/C à la Bizzarrini 5300 GT — l'héritage sportif direct du Grifo de compétition pour ce qui concerne directement l'héritage technique et sportif issu du Grifo A3/C.

Conséquences pour Iso

Débarrassé de la branche compétition directement gérée par Bizzarrini, Iso continue de développer le Grifo GL en interne, sans toutefois renoncer totalement à l'ambition sportive du modèle : l'usine elle-même engagera plus tard des Grifo aux 24 Heures du Mans sous son propre nom (voir L'A3/C aux 24 Heures du Mans (1964-1965) — 14ᵉ puis victoire de classe, qui documente les deux saisons où le nom Iso/Bizzarrini apparaît encore conjointement au palmarès). Bizzarrini, de son côté, continuera à travailler ponctuellement comme consultant pour Iso après la rupture, notamment sur les moteurs spéciaux des Lele « Marlboro » destinées à l'écurie de Formule 1 Iso-Marlboro au début des années 1970 (voir L'aventure Iso-Marlboro en Formule 1 (1973-1974)) — signe que la rupture, pour définitive qu'elle fût sur le plan commercial, n'a pas totalement éteint la collaboration technique entre les deux hommes.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org
Date d'extraction
12 sept. 2026
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