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§ 01 · Histoire et modèles

Le Lightweight E-Type (1963-1964) — l'héritier revendiqué du D-Type, seulement 12 exemplaires

Jaguar E-Type · 1961–1975 · 3 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un département compétition dépassé par son propre succès commercial

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, Jaguar domine son secteur, caractérisé par des productions artisanales en petites séries typiques des voitures de sport de l'époque. Le C-Type et le D-Type ont rapporté à eux deux cinq victoires au Mans (voir La genèse compétition — du XK120 au D-Type, les racines de l'E-Type), mais après le lancement réussi de l'E-Type de série en 1961, la marque, submergée par la demande et par l'expansion de sa gamme de berlines, laisse son département compétition — pourtant pionnier — prendre du retard sur ses concurrents. Faute de temps et de moyens pour concevoir une nouvelle voiture de course en partant de zéro, naît l'idée du Lightweight E-Type.

Le concept : panneaux d'aluminium et bloc en aluminium

Le principe retenu consiste à utiliser des panneaux de carrosserie en aluminium et une version allégée du moteur XK 3,8 litres, dotée d'un bloc en aluminium en lieu et place du bloc en fonte de série, pour obtenir une voiture nettement plus légère et donc mieux placée pour renouer avec le succès sportif de la marque. Jaguar approuve en 1963 une série limitée de Lightweight, utilisant davantage d'aluminium en carrosserie, rivetée et collée à la monocoque pour améliorer la rigidité de caisse — une idée directement inspirée du Low Drag Coupé de 1962 (voir Le Low Drag Coupé (1962) — le banc d'essai aérodynamique qui inspirera le Lightweight), dont Malcolm Sayer avait déjà exploré la formule.

Selon Wikipédia anglophone, les Lightweight utilisaient une version poussée du moteur 3,8 litres de série (bloc aluminium), développant 300 ch (220 kW) contre 265 ch (198 kW) pour la version routière. Les exemplaires construits par l'usine étaient homologués avec trois carburateurs Weber double corps 45DCOE, en complément d'un système d'injection mécanique Lucas. Les premiers exemplaires recevaient une version à rapports rapprochés de la boîte quatre vitesses de l'E-Type, certains exemplaires plus tardifs recevant une boîte cinq rapports ZF — voir Boîte automatique Borg-Warner et boîte compétition ZF cinq rapports.

Douze construits sur dix-huit prévus

Sur les 18 exemplaires initialement prévus (plus deux caisses de rechange), seuls 12 ont réellement été construits par Jaguar entre 1963 et 1964. Contrairement au Low Drag Coupé, le Lightweight reste, à une exception près, une voiture ouverte, dans l'esprit du D-Type dont il est un héritier plus direct que ne l'est l'E-Type de série — cette dernière se rapprochant davantage d'un grand tourisme que d'une pure voiture de sport. Les Lightweight ont été engagées dans diverses courses mais, contrairement au C-Type et au D-Type, n'ont jamais remporté ni Le Mans ni Sebring — leurs succès se sont plutôt concentrés sur des épreuves privées de moindre envergure. Le détail de leur carrière sportive (Cunningham au Mans 1963, Lindner/Nöcker, Bob Jane en Australie) est traité dans La carrière en compétition — du Mans 1963 aux titres SCCA des années 1970-1980.

Un dessin qui a longtemps dormi dans les registres de l'usine

Les six exemplaires jamais construits sont restés, pendant plus de cinquante ans, une simple mention dans les registres de production de Jaguar — jusqu'à ce que l'usine décide, en 2014, de les construire enfin. Voir Les six Lightweight manquants — comment Jaguar Classic a fini le travail 51 ans plus tard pour le récit complet de ce projet de continuation.

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Provenance de cette fiche
Site source
etypeuk.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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