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§ 01 · Histoire et modèles

Étymologie de « Vauxhall » et origine du griffon — Falkes de Bréauté, pas « le Breton »

Vauxhall Viva · 1963–1979 · 4 min de lecture · extraite le 12 sept. 2026

Un chevalier anglo-normand, pas un « Breton »

Le nom de la marque remonte à un personnage réel du XIIIe siècle : Falkes de Bréauté (mort en 1226), également transcrit Fulk de Breauté, chevalier et mercenaire d'origine anglo-normande, probablement issu d'une famille de petite noblesse originaire du village normand de Bréauté (aujourd'hui en Seine-Maritime, France). ⚠️ Point de vigilance étymologique : on rencontre parfois, dans des sources de vulgarisation, la graphie « Fulk le Breton » — cette forme est trompeuse, car elle laisse entendre une origine bretonne (Bretagne) alors que Bréauté est un toponyme normand sans rapport avec la Bretagne. Les sources historiques et archéologiques consultées ici (biographie Wikipédia sourcée, article de la société d'archéologie professionnelle Headland Archaeology sur la fouille du château de Luton) convergent sans exception sur « de Bréauté », jamais sur « le Breton » : la confusion vient vraisemblablement d'une similarité de consonance entre les deux mots en anglais moderne. Ce corpus retient donc la forme « de Bréauté », documentée avec précision, plutôt que « le Breton ».

Bien qu'on ait parfois présenté à tort Falkes de Bréauté comme l'un des mercenaires étrangers explicitement visés et condamnés par la Magna Carta de 1215, les sources historiques indiquent au contraire qu'il figure parmi les partisans royalistes ayant prêté serment de respecter la charte. Il sert loyalement le roi Jean sans Terre puis Henri III pendant la Première Guerre des barons, jouant un rôle clé à la bataille de Lincoln Fair (1217) et cumulant jusqu'à sept shérifs (comtés) sous son autorité, dont le Bedfordshire. Sa tentative de rivaliser avec Hubert de Burgh provoque sa chute en 1224.

Luton et Vauxhall : deux fiefs d'un même homme

Le 28 novembre 1215, Falkes de Bréauté s'empare du château de Bedford appartenant à William de Beauchamp et est autorisé à le conserver en récompense de ses services. Le roi Jean lui octroie également le manoir de Luton, qu'il détient de 1216 à 1226 ; des fouilles archéologiques ont mis au jour, sur le site, les vestiges d'un château qu'il y fait construire vers 1221, entouré d'un fossé — un document médiéval consigne même une plainte contre lui pour avoir provoqué des inondations en endiguant la rivière voisine afin d'alimenter ce fossé.

Par son mariage avec Margaret (veuve de Baldwin de Béthune, comte d'Aumale), Falkes de Bréauté acquiert par ailleurs une demeure londonienne au sud de la Tamise, qui prend le nom de « Fawkes Hall » (la demeure de Fawkes/Falkes) — nom progressivement corrompu au fil des siècles en « Foxhall » puis, enfin, en « Vauxhall ». C'est ce même nom de quartier qui sera repris, six siècles plus tard, par l'entreprise fondée par Alexander Wilson en 1857 (voir Fondation de Vauxhall (1857) — des pompes marines à l'automobile) — et, par un hasard géographique que Vauxhall Motors elle-même a toujours souligné, le blason du griffon revient « chez lui » lorsque l'entreprise déménage à Luton en 1905, puisque Luton fut justement l'un des deux fiefs historiques de Falkes de Bréauté.

Le blason au griffon, choisi par Falkes lui-même

Falkes de Bréauté obtient le droit de porter ses propres armoiries et choisit comme emblème héraldique le griffon, créature mythologique au corps de lion et à la tête/aux ailes d'aigle. C'est ce blason personnel, vieux de sept siècles, qui devient le logo de l'entreprise automobile.

Deux temps dans l'adoption du logo par l'entreprise

La chronologie précise de l'adoption du griffon comme emblème de marque comporte deux étapes distinctes, parfois confondues :

  1. 1857 : dès sa fondation, l'entreprise conçoit un premier logo reprenant le griffon des armoiries de Falkes, représenté conduisant un drapeau frappé d'un « V » planté dans le sol — un hommage direct à l'histoire locale du quartier de Vauxhall.
  2. 1915 : le griffon est formellement adopté comme emblème de la marque automobile Vauxhall Motors, à l'issue d'un concours interne organisé par l'ingénieur en chef et concepteur Laurence Pomeroy (voir Fondation de Vauxhall (1857) — des pompes marines à l'automobile), qui offre un prix de deux guinées pour le meilleur dessin.

Le logo évolue ensuite plusieurs fois au fil du XXe siècle : passage d'un contour carré à un contour circulaire (pour s'adapter au même emplacement de calandre que l'emblème rond d'Opel, l'autre filiale automobile européenne de General Motors — voir Le rachat de Vauxhall par General Motors (1925) — quatre ans avant Opel), puis neuf refontes graphiques recensées depuis les années 1920. La dernière refonte majeure avant le rachat par PSA date de 2008 ; en 2019, sous propriété PSA/Stellantis, Vauxhall adopte un nouvel emblème plat, rouge et blanc, circulaire, où le griffon perd ses ailes.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
en.wikipedia.org, headlandarchaeology.com
Date d'extraction
12 sept. 2026
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