La Firenza HP « Droopsnoot » (1973-1975) — l'aérodynamique change le style Vauxhall
Une carrosserie qui devient signature de marque
Dévoilée au Earls Court Motor Show de 1973, la Firenza High Performance (HP) — rapidement surnommée « Droopsnoot » (« museau tombant ») en référence à son nez aérodynamique caractéristique — est une restylisation radicale du coupé Firenza (voir Le coupé Vauxhall Firenza (1971-1975) — face au Ford Capri), menée par le styliste américain Wayne Cherry. Arrivé chez General Motors en 1962, Cherry est envoyé de Detroit vers le siège Vauxhall de Luton en 1965 où il reste jusqu'en 1983, devenant directeur du style en 1975 : c'est lui qui imprime à l'ensemble de la gamme Vauxhall des années 1970 — Chevette, Cavalier, Carlton — cette même signature aérodynamique inaugurée sur la Firenza HP (voir L'« Opelisation » de Vauxhall — chronologie du déclin de l'identité technique propre de la marque).
Le nez, moulé en plastique renforcé de fibre de verre (GRP), intègre deux paires de phares Cibié dissimulés sous des vitres en verre trempé, dans une silhouette générale rappelant, selon Wikipédia, la Renault Alpine A310 — au point de réutiliser les mêmes blocs optiques. Plusieurs prototypes de traitement de face avant furent envisagés avant ce dessin définitif, dont deux surnommés « Black Knight » et « Daytona » (ce dernier en clin d'œil à la Ferrari Daytona, une des voitures favorites de Wayne Cherry).
Une mécanique et un châssis à la hauteur de l'ambition
Motorisée par le « slant-four » 2,3 litres poussé à 131 ch grâce à des pièces développées par Blydenstein Racing (double carburateur Stromberg 175, arbre à cames à haute levée, collecteur d'échappement tubulaire à écoulement libre — voir Dealer Team Vauxhall — Bill Blydenstein, Gerry Marshall et la compétition « sans en avoir l'air »), la HP reçoit une suspension abaissée et raffermie, des freins renforcés, et surtout une boîte cinq rapports ZF « dog-leg » bien plus robuste que celle de série (au prix d'une sonorité plus bruyante). Autre première mondiale en série : les jantes en alliage Avon Safety Wheels, conçues pour retenir le pneu en cas de crevaison. Toutes les HP de série sont peintes dans l'unique teinte Silver Starfire, avec sellerie en tissu gris sur fond largement noir — et un détail d'ergonomie discutable : une poignée de maintien passager greffée sur la planche de bord à l'emplacement habituel de la boîte à gants.
Un lancement en fanfare, un échec commercial cuisant
Le lancement s'accompagne d'une course exhibition organisée sur le circuit de Thruxton (Hampshire), réunissant des pilotes de renom dont Gerry Marshall et Barry « Whizzo » Williams (vainqueur du jour). Mais le choc pétrolier de 1973, survenu quasiment au moment du lancement commercial, change radicalement la donne pour ce type de voiture gourmande en carburant — alors même que son profil aérodynamique lui permettait en réalité de réduire d'environ 30 ch la puissance nécessaire pour atteindre sa vitesse de pointe par rapport à une Firenza classique. Combinée à des difficultés de production en usine, cette conjoncture ne permet la vente que de 204 exemplaires, très loin des 30 000 unités par an initialement projetées (le marché britannique des coupés sportifs représentant alors environ 20 000 ventes annuelles tous modèles confondus) — un échec commercial resté dans les mémoires, mais qui a fait de la Droopsnoot un classique aujourd'hui très recherché. Les 200 nez et jantes excédentaires sont réemployés sur une série limitée de break Magnum Sportshatch (voir La Vauxhall Magnum (1973-1978) — la Viva en habit du dimanche), tandis que 1 000 coques de coupé sont écoulées comme Viva E Coupé.
Un héritage visuel qui dépasse largement son propre échec
Malgré son insuccès commercial, l'esthétique Droopsnoot irrigue directement, avec une mise en production bien plus aboutie, l'essentiel des nouveautés Vauxhall des années 1970 restantes — Chevette, Cavalier, Carlton (voir La Vauxhall Chevette (1975-1984) — la remplaçante de la Viva, cousine britannique de la Kadett C et L'« Opelisation » de Vauxhall — chronologie du déclin de l'identité technique propre de la marque). Selon Wikipédia, son influence stylistique se retrouve même chez Ford, qui adopte un traitement de face avant très similaire sur l'Escort RS2000 Mk2 puis sur la Sierra de 1982 — elle-même abondamment copiée dans les années 1980, au point que, avec le recul, la Droopsnoot paraît aujourd'hui bien moins datée que nombre de ses contemporaines.
Voir aussi
- Le coupé Vauxhall Firenza (1971-1975) — face au Ford Capri
- La Vauxhall Magnum (1973-1978) — la Viva en habit du dimanche
- La Vauxhall Chevette (1975-1984) — la remplaçante de la Viva, cousine britannique de la Kadett C
- L'« Opelisation » de Vauxhall — chronologie du déclin de l'identité technique propre de la marque
- Dealer Team Vauxhall — Bill Blydenstein, Gerry Marshall et la compétition « sans en avoir l'air »
- Le moteur Vauxhall « Slant-4 » — l'arbre à cames à courroie crantée avant tout le monde
- Site source
- en.wikipedia.org, classicsworld.co.uk
- Date d'extraction
- 12 sept. 2026
- Le coupé Vauxhall Firenza (1971-1975) — face au Ford CapriVauxhall Viva · Histoire et modèles
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- Décoder le numéro de châssis d'une Viva HC — et la date-clé du 1er janvier 1974Vauxhall Viva