Combien de 15-Six Cabriolet ont réellement été produits ? Le dossier Aguttes (châssis 1846075)
Nuance et enrichit significativement La 15-Six — G, D et H (1938–1957), qui ne retenait jusqu'ici qu'un chiffre unique et plus bas : « Seulement 5 cabriolets d'usine construits ». Ce dossier, présenté à l'occasion d'une vente aux enchères Aguttes (Autoworld, Bruxelles, 5 octobre 2024) et détaillé par l'historien Olivier de Serres, donne un récit sensiblement différent et plus complet.
⚠️ Nouveau chiffrage (à ne pas arbitrer avec le chiffre déjà retenu par le corpus)
Selon le témoignage d'André Louis (responsable des commandes spéciales chez Citroën à l'époque), cité par Aguttes :
- 3 prototypes cabriolet 6 cylindres assemblés par le bureau d'études en 1939 pour essais sur le circuit de Montlhéry.
- Puis un total de 7 carrosseries produites à l'initiative de la famille Michelin, dont seulement 3 livrées juste avant-guerre :
- celui de Madame Michelin (exposé au 90ᵉ anniversaire de la Traction, Circuit de Charade, 2024 — voir Le 90e anniversaire de la Traction Avant — Circuit de Charade, mai 2024 (récit complet)) ;
- celui de la Comtesse de Portes — aujourd'hui perdu ;
- celui de l'ambassadeur de France aux États-Unis — également disparu.
- Des problèmes techniques surviennent lors de l'assemblage ; le projet est mis en sommeil avec l'entrée en guerre de la France. Les 4 carrosseries « ferrées » restantes (mises en forme en tôle mais non finies) sont entreposées au sous-sol de l'usine du Quai de Javel, « en attendant des jours meilleurs ».
- Selon Olivier de Serres, seuls 3 exemplaires de 15-Six Cabriolet ont survécu à ce jour parmi cette poignée produite.
✅ Ce chiffre de « 7 » n'est pas isolé : il confirme exactement une donnée déjà présente dans ce corpus via une source totalement indépendante, Acheter-vendre — la valeur des choses (cotes, arnaques, méthode de négociation) (Jérôme Collignon), qui documentait déjà « 3 survivants sur 7 coques assemblées » à propos d'un « roadster 15/6 » vendu aux enchères le 15 mars 2015 pour 612 400 € — très probablement la même voiture et la même vente que celle évoquée ci-dessous (Denys Joannon, 2015, « plus de 600 000 € », terminologie « cabriolet » utilisée ici plutôt que « roadster », mais même rareté 3/7 et même record de prix). Le chiffre de « 5 » retenu par Wikipédia (et jusqu'ici seul figurant dans La 15-Six — G, D et H (1938–1957)) apparaît donc minoritaire face à deux sources indépendantes convergentes (Collignon et Aguttes/de Serres) — sans que ce corpus ne tranche pour autant définitivement, voir Verification croisee.
L'exemplaire mis en vente : châssis n° 1846075
Un des 4 carrosseries « ferrées » restées à Javel, retrouvée à la Libération (1945), assemblée et immatriculée par le Service des Mines en 1946 (plaque toujours visible). Un tampon sur la traverse de pare-brise suggère un assemblage initial datable du 18 mai 1939 — cohérent avec la date de livraison du cabriolet de Madame Michelin, le 20 mai 1939.
Provenance retracée
- Sans trace connue jusqu'en 1964, date à laquelle elle arrive chez Raoul Wander, patron de la chocolaterie Ovaltine, qui affirmait l'avoir achetée à un membre de la famille Michelin. Immatriculée « 8400 KD 75 » (~août 1960), plaque conservée jusqu'en 2015.
- Février 1966 : achetée par Denys Joannon, célèbre marchand et collectionneur Citroën (propriétaire par ailleurs de l'une des cinq SM Chapron Mylord, d'un DS Cabriolet, etc.) — qui fait monter un moteur 15 Six D des années 1950 et repeint la voiture en rouge, teinte encore actuelle.
- Des traces de peinture grise ont été observées sous la couche rouge — cohérent avec des témoignages de la famille Michelin sur l'usage, dans les années 1950, d'un cabriolet 15-6 gris, rapidement repeint en rouge puis vendu (remplacé alors par une Lancia Flaminia).
- Joannon utilise la voiture pendant près de 50 ans, la revend aux enchères en 2015 : après une bataille d'enchères intense, elle change de mains pour plus de 600 000 €, devenant alors la Citroën routière la plus chère au monde. (✅ Recoupement : Acheter-vendre — la valeur des choses (cotes, arnaques, méthode de négociation) chiffre cette même vente à 612 400 €, le 15 mars 2015 — cohérent au euro près avec le « plus de 600 000 € » donné ici.)
- Le propriétaire suivant (actuel au moment de cet article) investit près de 70 000 € (2016-2018 : moteur, train roulant, sellerie, capote, peinture complète), puis encore ~10 000 € en 2024 (garage Tilly & Fils, spécialiste reconnu du modèle) — soit près de 80 000 € de factures depuis 2015. Estimation de vente 2024 : 300 000 à 500 000 €.
- Mise à jour du 6 octobre 2024 : la voiture n'a pas trouvé preneur, vraisemblablement faute d'atteindre la réserve (probablement 300 000 €).
⚠️ Doute d'authenticité soulevé en commentaire (à ne pas passer sous silence)
Un lecteur («Steve») signale que le Conservatoire Citroën n'a jamais officiellement homologué ce véhicule : dans le registre d'usine où toutes les Traction étaient consignées à la production, le numéro de châssis de cet exemplaire apparaît certes, mais d'une encre et d'une écriture différentes de celles des entrées voisines, et hors de la séquence chronologique normale — ce qui pourrait s'interpréter comme un ajout tardif au registre. Le commentateur recommande une prudence réelle quant à l'authenticité totale de la voiture, malgré l'expertise historienne mise en avant par la maison de vente. Cas d'école à rapprocher de la vigilance déjà documentée dans Verification croisee et Plaidoyer pour l'Origine — les modifications courantes passées au crible.
Une troisième piste non confirmée : des cabriolets conduite à droite ?
Un second commentateur (« Ken Strain ») avance, sans source citée, qu'« il y avait neuf [cabriolets 15-Six] en conduite à droite produits à l'usine Citroën de Staines » (⚠️ probable confusion ou variante avec L'usine Citroën de Slough (Angleterre) — 40 ans de production britannique (1926-1965/66), les deux villes anglaises étant proches géographiquement — aucune autre source de ce corpus ne mentionne une usine à Staines à ce stade). Il rapporte qu'une de ces voitures aurait été pilotée en rallye dans le nord de l'Angleterre au début des années 1950 par Régine Passelecq (mère d'un ami du commentateur), avec un moteur 6 cylindres en ligne 3 litres, et se trouverait aujourd'hui en France. Anecdote non recoupée, à traiter comme non confirmée — troisième chiffre distinct pour cette même question (5 / 7 / 9 selon les sources), voir Verification croisee.
Voir aussi
- La 15-Six — G, D et H (1938–1957) · Le 90e anniversaire de la Traction Avant — Circuit de Charade, mai 2024 (récit complet) · Verification croisee · Plaidoyer pour l'Origine — les modifications courantes passées au crible · L'usine Citroën de Slough (Angleterre) — 40 ans de production britannique (1926-1965/66)
- Site source
- citroenvie.com
- Auteur du site
- rédaction Citroënvie!, sur la base du dossier Aguttes / Olivier de Serres
- Date d'extraction
- 11 sept. 2026
- L'usine Citroën de Slough (Angleterre) — 40 ans de production britannique (1926-1965/66)Citroën Traction Avant · Histoire et modèles
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