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§ 01 · Histoire et modèles

Détails historiques — datation, teintes et calandres (d'après Jérôme Collignon)

Citroën Traction Avant · 1934–1957 · 4 min de lecture · extraite le 11 sept. 2026

Fil ouvert par l'historien Jérôme Collignon pour « compléter ou rectifier » les informations circulant sur la Traction. Auteur reconnu (voir sa bibliographie citée dans Un peu de lecture — bibliothèque commentée du tractionniste et dans la fiche Wikipédia La 22 V8 — le mythe (1934)), il y publie des points précis issus de ses recherches en archives.

Chronologie des calandres/grilles d'avertisseurs (précision datée)

  • Avril 1934 : avertisseurs à grilles chromées sur 7A, B, S, C — sauf s'ils sont déjà intégrés aux ailes.
  • 15 septembre 1934 (et non novembre) : grille peinte pour la 7C, chromée pour la 11AL et la 11A, chromée ET peinte pour la 22 — source citée : « Conférence de fin septembre 1934 » (document d'usine).
  • Avril 1935 : les grilles des 7 et 11AL semblent devenir peintes.
  • (Ce niveau de détail mensuel affine ce que donne Les Traction 7 — 7A, 7B, 7C, 7S (1934–1941) et Les Traction 11 — 11AL, 11AM, 11A, 11BL, 11B (1934–1957).)

Les teintes irisées

Plusieurs tons d'irisé ont existé (pas une seule teinte) : vert, marron, beige, bordeaux (lie de vin). Sur les 11, plus cossues, l'irisé était la teinte de série ; il était possible d'obtenir en commande spéciale une teinte de 7 sur une 11 (extrait des commandes spéciales acceptées cité par Collignon).

Les carburateurs Solex étaient peints en noir à l'usine

Contrairement à une idée reçue, les carburateurs Solex sortaient peints en noir d'origine — attesté par des brochures Solex de 1932 et 1939 montrant des carburateurs noirs en contexte d'usine (et non « mis en scène » avec un carburateur maquillé en pièce usagée).

Datation d'une voiture : le piège du délai usine → immatriculation

  • Il peut s'écouler jusqu'à 1 mois et demi entre la sortie d'usine et la première immatriculation (commande passée 2-3 mois avant, livraison dans les finitions du jour de la commande, puis transport/immatriculation).
  • Exemple concret : une voiture immatriculée le 08/06/1937 avait probablement été construite en mai 1937.
  • Numéros d'immatriculation de la Seine, avec dates de bascule de série (utile pour dater une voiture parisienne par sa plaque) — série partielle relevée : 1 RB (01/10/28), 1 RB8 (01/04/29), 1 RD1 (01/06/29), 1 RD7 (01/01/30), 1 RE2 (01/06/30), 1 RE7 (01/01/31), 1 RF2 (01/06/31), 1 RF4 (01/10/31), 1 RF6 (01/01/32), 1 RF9 (01/06/32), 1 RG2 (01/01/33), 1 RG5 (01/05/33), 1 RG9 (01/01/34), 1 RJ2 (05/07/34), 1 RJ5 (30/01/35), 1 RJ8 (06/06/35), puis (22/01/36) suite non donnée.

Débat culturel : authenticité vs réplique/modification

Fil ponctué d'un débat récurrent et passionné (avec ONZAMALLE, auteur du blog Rouler en traction avant, et Christoph Baker) sur la transformation de carrosseries d'origine (ex. découper une berline authentique pour en faire un « roadster »). Position dominante du forum : défendre systématiquement l'origine, avec une pointe d'ironie assumée (« Je dois arrêter de défendre l'origine », répété en boucle par Collignon lui-même, mi-sérieux mi-amusé). Recoupe directement l'esprit du blog Les pièces neuves à jeter — pièges de la refabrication et du débat Boîte de vitesses — diagnostics et débats du forum TU.

Un exemple concret de forensique d'authenticité (fil dédié « Roadsters : vrais et faux »)

Sur un fil spécifiquement consacré aux faux roadsters (carrosseries découpées à partir de berlines pour imiter un cabriolet d'origine, dont le prix peut valoir plusieurs fois celui d'une berline), Collignon illustre en direct sa méthode sur une annonce d'enchère réelle, à partir de détails d'époque précis : compteurs blancs (signe d'une production postérieure au salon de présentation du modèle), avance à l'allumage décalée, couleur attendue de la barre de direction visible sous le capot (noire, pas verte, sur l'exemplaire en question). Point confirmé par plusieurs intervenants : l'authenticité d'une tôle reste détectable même après re-frappe du numéro de châssis, par relevé des frappes d'origine sous le métal (technique utilisée notamment pour les voitures volées/ré-immatriculées).

Éléments de marché (non normatifs, juste indicatifs de l'ampleur du phénomène) cités par des membres directement concernés par des achats : un cabriolet léger valait environ 200 000 F (~30 000 €) en 2002, soit plus du double d'une berline 15H achetée la même année ; certains exemplaires restaurés valent aujourd'hui plusieurs fois leur prix d'achat des années 2000-2010. Collignon et d'autres notent que la rareté ne fait pas chuter la cote malgré la multiplication des reproductions — contrairement à l'intuition initiale de certains membres.

Ressources et personnages cités

  • Gustave Baehr : carrossier, dossier compilé par Collignon sur 3 ans, article sur son blog (jeromecollignon.blog4ever.com).
  • Sensaud de Lavaud (la transmission automatique/turbine) : photos d'époque parues dans Citroscopie Spécial 75 ans n°17 (août-septembre 2009), article de Collignon lui-même à l'époque. ✅ Approfondi depuis : Collignon a répondu directement, sur son propre blog, à la remise en cause du récit standard par le chercheur Alain Cerf — voir l'enquête détaillée dans La Turbine Sensaud de Lavaud — enquête technique (au-delà de la légende) et le statut retenu dans Verification croisee.
  • « Le Guide de la Traction 1945-1957 », tome 2 : coquilles connues, nouvelle édition espérée par les membres (non confirmée).
  • Un film amateur de 1937 (vacances des Sables-d'Olonne, mémoire.ciclic.fr) montre une Traction au milieu de « caisses carrées » d'avant — preuve visuelle de la rupture stylistique de 1934 évoquée dans L'esthétique de la Traction — les principes du dessin de Bertoni.

Voir aussi

Provenance de cette fiche
Site source
forum.la-traction-universelle.org
Date d'extraction
11 sept. 2026
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